Sangs Politiques

Cet atelier est dédié à la mémoire de notre collègue Enric Porqueres i Gené décédé le 3 novembre 2018. Enric avait  participé en 2016 à la conférence Sangs Politiques, et pleinement contribué à la qualité des échanges et des débats.

Anthropologue de la parenté et de la procréation, ses ultimes travaux (tels que son ouvrage

 Individu, personne et parenté en Europe paru en 2015, ou le numéro spécial de la revue 

Ethnologie Française consacré au "Corps reproductif" et paru en 2017) entrent directement en résonance avec les questions traitées au sein de notre atelier.

 

Initié dans le prolongement d’une conférence qui s’est déroulée en décembre 2016 à Montevideo (Uruguay), l’atelier « sangs politiques » rassemble les contributions de chercheurs européens et latino-américains qui engagent une discussion pluridisciplinaire sur les effets de la biologie, des sciences médico-légales et de la biométrie sur les différentes façons d’envisager aujourd’hui la citoyenneté et les droits collectifs ou individuels.  

La fin du XXe siècle a en effet vu croitre l’usage des technologies biométriques, désormais omniprésentes dans l’administration ordinaire et extraordinaire de l’Etat (établissement de documents d’identités, contrôle de la citoyenneté, contrôle des populations étrangères, administrations des populations vulnérables, prévention des épidémies) comme dans les politiques de la mémoire et des droits de l’Homme (identification des migrants décédés aux frontières et des disparus pour raisons politiques) ou encore dans les revendications émises par des collectifs de différents ordres. Cette confrontation à grande échelle entre la biologie et diverses représentations ou pratiques de la citoyenneté, a débouché sur la montée en puissance des sciences médico-légales, la généralisation de l’usage des tests basés sur la reconnaissance de l’ADN, la constitution de vastes banques d’ADN dans plusieurs pays et l’inclusion de données issues de mesures biométriques (empreinte digitales ou palmaire, reconnaissance de l’iris ou scanner facial) au sein des documents d’identités de la plupart des États du monde.

Or, diverses recherches récentes ont mis en lumière la complexité des enjeux politiques et sociaux qui sous-tendent l’utilisation des technologies biomédicales dans ces différents contextes. En effet, que ce soit dans le cadre de la mise en place de politiques publiques dans le domaine de la santé, lors de la passeportisation systématique des citoyens d’un pays, dans le cadre de procédures administratives ou judiciaires, lors de la confirmation de nos représentations de la « personne », ou lors de la prise en compte de demandes de reconnaissance de populations indigènes ou de minorités sexuelles, la question reste toujours posée de la part de violence symbolique, physique ou politique, qu’impliquent le prélèvement de données biologiques ou biométriques mais aussi leur utilisation à des fins d’identification ou de preuve d’identité.

Liberticides pour les uns, scientifiques et donc garantes d’une vérité des faits pour les autres, l’usage de ces biotechnologies pose de nombreux problèmes éthiques et juridiques (liés au respect de l’intimité de la personne humaine, à l’objectivation du corps humain, au fichage ou au marquage des individus et des populations, comme à leur potentielle sélection dans un contexte où l’Etat et les institutions s’imposent aux individus) que les textes réunis ici proposent d’explorer. De la même façon, ces usages politiques du sang et de la biologie humaine amènent les différents contributeurs de cet atelier thématique à s’interroger sur les raisons et la légitimité d’une imposition de l’argument biologique sur tous les autres, comme sur les conséquences de cette dérive.

 

Les coordinateurs du workshop : Elisabeth Anstett, Gabriel Gatti.

 

Graphisme : Guillaume Lavezzari

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