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L’importance de 1968 pour l’histoire de la VIe section et de l’EHESS. Autour du rapport Roncayolo

Nous commentons ici et publions le « rapport concernant les réformes de la VIe section, présenté par Monsieur Roncayolo chargé d’une mission par le Président Fernand Braudel », qui est conservé aux archives de l’EHESS. Il n’est pas daté mais il mentionne à la fin le décret n° 68-1104 du 7 décembre 1968 « pour faciliter la mise en place des nouvelles instances », publié le lendemain au Journal Officiel, et a donc dû être achevé et diffusé à la mi-décembre 1968.

Le titre de ce rapport est pesé au trébuchet. En n’évoquant que « les réformes de la VIe section », en n’y adjoignant pas le sigle EPHE, il suggère à toutes ses parties prenantes qu’il est dans leur intérêt de s’inscrire dans les principes de la loi d’orientation de l’enseignement supérieur de 1968. Il s’agit, selon lui, non pas de réaliser une adaptation cosmétique, mais, à partir de réflexions et d’actions dont une partie sont antérieures à Mai 68, de faire un bond en avant.

Une réforme qui vient de loin

Pour le 50e anniversaire de l’EHESS l’accent a été mis jusqu’ici sur la genèse négociée du décret fondateur du 23 janvier 1975 créant l’École et sur la réflexion collective qui l’avait précédée lors du colloque lancé par Jacques Le Goff, troisième et dernier président de la VIe section de l’EPHE, et organisé par Roland Barthes à l’abbaye de Royaumont les 19-20 mai 19731.

Lors du « clap de fin » des initiatives commémorant le 40e anniversaire de l’École sur le site dédié, toujours accessible, je suis cependant intervenu le samedi 13 juin 2015 pour attirer l’attention sur le carton 20000071/1 des Archives nationales, dont la description en ligne indique notamment que les premiers projets de nouveaux statuts avaient été élaborés par la VIe section et adressés au ministère de l’Éducation nationale de 1969 à 1971.

Immédiatement la directrice du service des archives de l’École, Brigitte Mazon, a réagi sur le site pour décaler d’un an l’origine de la réforme : « Le fonds de l’administrateur Louis Velay2 par exemple (101 EHE 1-68) qui, sous la présidence de Fernand Braudel, collectait des documents fort intéressants » fait « remonter les projets de réforme de l’École à 1968 avec de nombreux rapports d’une “commission tripartite de réflexion et d’information” à laquelle participaient tous les personnels de l’École, enseignants et administratifs, pour proposer la transformation de la VIe section en établissement public à caractère scientifique et culturel ».

Le rapport de Marcel Roncayolo que nous publions provient du fonds Louis Velay. Il nous a été communiqué en février 2025 par le service des archives de l’École (dirigé maintenant par Marine Coquet). Il est également dans le fonds Clemens Heller (361 EHE 4). Il est aussi présent dans le fonds de la présidence de Jacques Le Goff déposé aux Archives nationales3.

Les deux dimensions du mouvement de 68 à la VIe section

De nombreux hommes et femmes de la VIe section (enseignants-chercheurs, chercheurs, autres personnels, étudiants) ont participé au mouvement de contestation en 1968, tandis qu’une minorité s’y est opposée. La contestation a été vite accessible aux lecteurs par différents ouvrages et revues, en particulier le grand recueil de documents d’Alain Schnapp et Pierre Vidal-Naquet, Journal de la Commune étudiante, paru au Seuil en 1969. Plus tard elle a été personnalisée par les mémoires de participants (masculins) comme Jacques Le Goff, Edgar Morin et Pierre Vidal-Naquet. Elle prend la forme d’assemblées générales, de commissions, de participations aux manifestations et de signatures de déclarations ou de projets communs avec des universitaires. Un centre, le Centre de sociologie européenne (CSE), se positionne dans sa grande majorité comme la plaque tournante des projets de réforme universitaire à l’échelle de la France. Nombre de chercheurs et ITA (ingénieur, techniciens, administratifs) CNRS s’engagent quant à eux dans un mouvement de contestation et de transformation du CNRS4, qui débouche sur la création des conseils de laboratoire dans les laboratoires propres puis sur le passage à une majorité de représentants élus au Comité national de la recherche scientifique par l’inclusion dans les votes des élus ITA. On dispose aussi de mémoires plus distanciées, celles des historiens Charles Morazé et Emmanuel Le Roy Ladurie. L’opposition s’incarne dans la figure du sociologue Raymond Aron, directeur du Centre de sociologie européenne, qui dans ses mémoires relate sa réprobation initiale à l’utilisation de la force puis la vigueur de son combat contre le mouvement. Tout ceci a été confirmé et précisé dans une enquête nationale d’histoire orale sur les historiens dirigée par Agnès Callu entre 2004 et 2007, publiée en 2010 et qui consacre un chapitre à la VIe section5.

Beaucoup moins connue est la dimension du mouvement de 1968 interne à la VIe section. Explorée en premier par la thèse de doctorat d’histoire de Bernard Brillant qui a défriché le fonds Clemens Heller de nos archives6, elle développe trois objectifs : l’autonomie, la démocratie et l’interdisciplinarité. « Le 11 mai encore », le Conseil de direction (composé du sociologue Raymond Aron, de l’économiste Émile James, de l’historien Emmanuel Le Roy Ladurie, de l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, avec comme secrétaire l’historien et économiste Charles Morazé) s’en tient à l’urgence au plan national : les affrontements étudiants-police, et réclame une loi d’amnistie. Puis le 14, Morazé convoque une assemblée générale des personnels et des étudiants de la section à la Sorbonne7. Le 18 mai un comité d’action d’universitaires, enseignants, étudiants et travailleurs est lancé par le philosophe et sociologue Lucien Goldmann et forme plusieurs commissions. Les responsables des IVe et Ve sections (le grammairien Pierre Chantraine et le philosophe Paul Vignaux) lui dénient vite tout rôle pour le reste de l’EPHE. Le 6 juin, une AG « des personnels rémunérés par la VIe section de l’EPHE » se réunit, élit un bureau provisoire présidé par l’historien Jean-Pierre Vernant, déclare le personnel « compétent pour définir les mesures à prendre sur la gestion, l’organisation et le fonctionnement de la VIe section », programme à élaborer « avec la participation active des étudiants de la section ». Une Commission provisoire de réflexion et d’information est élue au scrutin secret, dont la composition est dans l’esprit du mouvement de Mai. Elle comprend en effet « 15 représentants des directeurs et sous-directeurs d’études, 15 représentants des maîtres-assistants, des chefs de travaux chargés de conférences et des collaborateurs techniques et 20 représentants des étudiants ». Je regrette que l’auteur ne donne pas les noms des membres des deuxième et troisième groupes, dans lesquels on peut imaginer qu’il y a des femmes, à la différence du premier, totalement masculin. Cette recherche est à poursuivre. Le groupe des directeurs et sous-directeurs d’études est plutôt pluraliste8. La Commission entend les projets et les vues de plusieurs grandes plumes de la section. L’idée de tirage au sort fait son apparition, émise par Pierre Vidal-Naquet. Ayant terminé le 4 juillet, elle remet son rapport final au président Fernand Braudel. Il comporte, nous dit l’auteur, « d’austères organigrammes » et un « conseil élu ». Le Comité d’action de Lucien Goldmann lui remet aussi un rapport, d’évidence plus radical et prévoyant en outre des organes communs à l’ensemble de l’EPHE.

En même temps Braudel doit faire face à une contestation spécifique de la part du personnel de la jeune Maison des sciences de l’homme (MSH), mais le statut de fondation de droit privé de la MSH et les effectifs encore restreints de celle-ci limitent la satisfaction des revendications, comme l’a indiqué l’ouvrage qui lui a été consacré9.

 

La question du cadre politique d’une réforme se pose alors. Dès la fin des élections législatives anticipées le 30 juin, l’hypothèse d’une loi courte sur l’enseignement supérieur est envisagée au sein du pouvoir. Mais la nomination d’Edgar Faure comme ministre de l’Éducation nationale le 12 juillet 1968 rebat les cartes. Le 24 juillet il annonce l’élaboration d’une loi d’orientation de l’enseignement supérieur. C’est dans ce cadre, au terme de réflexions durant l’été avec ses proches dont on ne connaît toujours pas les tenants, que Braudel va missionner Marcel Roncayolo.

photo en noir et blanc  de Marcel Roncayolo, en costume cravate

Marcel Roncayolo, décembre 1986,

Didomena : Jeu de données | Marcel Roncayolo | ID: 5999n346g | Didόmena

Pourquoi Marcel Roncayolo

L’auteur des 17 pages que nous reproduisons, Marcel Roncayolo (1926-2018), est un des plus grands géographes français contemporains. Ses travaux « ont marqué plus d’un demi-siècle de réflexion sur la ville10 ». Ses perspectives sont pluridisciplinaires. C’est aussi un praticien des enquêtes collectives (sur les villages désertés). Il a été élu directeur d’études en 1965.

Le choix de sa personne pour cette mission est subtil. Sur les pas de Pierre Mendès France, il s’intéresse de longue date au renouveau de l’enseignement supérieur et de la recherche, et travaille à la rapide publication des actes du premier colloque de Caen, sur enseignement et recherche scientifiques, qui, à l’initiative de Mendès France, s’est tenu dans cette université du 1er au 3 novembre 195611. « Dans la foulée » du deuxième colloque de Caen (11-12 novembre 1966), il participe à un groupe de travail sur la réforme du système d’enseignement présidé par le doyen de la Faculté des Sciences de Paris, Marc Zamansky12. À l’intérieur de la VIe section il est reconnu comme un proche de Braudel. En même temps, en 1968 il est favorable au mouvement, comme Mendès, et se sent alors « proche de la CFDT », ce qu’il explique dans son entretien de juin 2004. Il prend position publiquement pour le changement universitaire. Il est ainsi un des 130 signataires du texte « définissant les axes d’une “transformation démocratique de l’université” » dont de larges extraits ont paru dans Le Monde du 21 mai 1968 et dont la rédaction reprend pour partie certaines analyses du Centre de sociologie suropéenne13. Et, le 6 juin, il a été élu membre de la Commission provisoire de réflexion et d’information qui, comme nous l’avons vu, a achevé ses travaux le 4 juillet et remis un rapport. Dans ce rapport de mi-décembre que nous publions, on ne sera pas étonné de lire qu’il en juge les « suggestions » sur « la représentation de tous »… « fort intéressantes ».

Marcel Roncayolo caractérise sa mission d’information puis l’esprit de son rapport à la page 2 du texte. La mission s’est déroulée fin octobre-début novembre. Elle a pris la forme d’une « large consultation auprès des directeurs d’études, des centres et des représentants des catégories » et de « la lecture de différents projets avancés depuis mai dernier ». Son rapport débouche sur des « hypothèses de travail » retenues comme susceptibles à la fois de déboucher sur un consensus des intéressés et de « respecter l’esprit de la loi d’orientation » sur l’enseignement supérieur d’Edgar Faure qui, après les votes du Parlement, vient d’être signée par le général de Gaulle et les ministres concernés le 12 novembre 1968.

Les intérêts du rapport Roncayolo

Si nous avons choisi de publier le rapport Roncayolo dans la série de Politika sur les 50 ans de l’EHESS, c’est pour deux raisons :

  •  le rapport, certes dans les termes et le contexte de l’époque, va au fond : il embrasse « l’avenir, les fonctions, les structures » de la VIe section sous tous leurs aspects. Les documents de cette ampleur ne sont pas légion. De surcroît, il entend faire la démonstration que la réussite de toute réforme de fond dépend de la résolution des problèmes « de catégories et de carrières » des personnels qui y seront confrontés, ainsi que de leur association « à la gestion et à l’élaboration » des « nouveaux statuts ».
  •  le rapport pose la question de l’articulation entre aspirations émanant de l’enseignement supérieur et de la recherche dans leur spécificité, à travers le prisme d’une institution (p. 2 et 6 : « notre institution »), et changement politique à l’échelle nationale, qui ici se traduit notamment dans le nouveau cadre législatif et le décret d’application du 7 décembre 1968. Le paradoxe est qu’en 1968 le mouvement social est battu dans les urnes qui donnent à l’Assemblée une majorité très conservatrice, mais que sur le plan universitaire il va obtenir une partie de ses objectifs. On a vu depuis qu’un tel paradoxe n’est pas fréquent.

Je reviendrai dans la partie suivante sur le cadre institutionnel provisoire qui est proposé par le rapport dans les 4 dernières pages et sur ce qui en est advenu.

Le rapport (p. 3) pose une double nécessité de réformes : la nécessité d’entamer de toute façon des réformes au bout de 20 ans de développement de la VIe section, le besoin d’entrer dans la loi d’orientation d’Edgar Faure. Voici quelques commentaires, qui n’épuisent pas la richesse du rapport14.

1- il propose, sans y insister, de « négocier avec le CNRS » une innovation majeure : « la reconnaissance de l’unité scientifique » de la VIe section, que le financement des recherches apporté par le CNRS soit global, échappant aux arbitrages des diverses sections du comité national, condition, dit-il, pour que la politique scientifique soit « cohérente ». En outre, il conviendrait « d’établir avec les autres institutions de recherche des échanges de service ou des collaborations scientifiques que des conventions d’établissements pourraient définir ».

2- il propose des conventions avec les universités, notamment pour recentrer la VIe section sur ses missions principales (recherche de pointe, séminaires...) en déléguant les autres activités aux universités et aux « autres instituts disposant normalement d’un Ier et d’un second cycle ». De même, pour les personnes qui veulent une « formation permanente » ou ont une demande « culturelle », il propose, en vue d’assurer des passerelles « entre ses séminaires et les initiations plus larges, situées en amont », des conventions avec des institutions comme le CNAM et de « donner son appui à la création de collèges – dont le Collège Coopératif fournit un excellent modèle15 » et qui « recevraient une autonomie entière, financière et pédagogique ». Pour des raisons de place je ne peux ici que renvoyer aux 5 pages du rapport qui portent sur la formation, ce qui en dit l’importance, et à sa phrase clé p. 6 : « Aussi convient-il de reprendre la réflexion sur les enseignements de la VIe section, en partant de ceux d’entre eux qui nous sont le moins contestés et s’approchent le plus de la vocation scientifique de notre institution ». Après un coup de chapeau à l’EPRASS, « expérience très particulière et partielle », on peut retenir que le rapport porte un regard critique sur les formations dispensées, y compris les séminaires qui « ne peuvent assurer, à eux seuls, la formation des jeunes chercheurs », et sur le diplôme, et suggère des questions et même des solutions : « un certain contrat de travail, une participation active des élèves », « l’organisation de groupes de travail », « un apprentissage plus précis des techniques et des méthodes de recherche ».

3- il examine la totalité des questions de personnels. Au titre des « problèmes d’ensemble », il préconise une solution classique à l’époque : « une augmentation sérieuse du nombre des maîtres-assistants, des chefs de travaux et éventuellement la mise en place d’un corps d’assistants », et des innovations. Il revendique l’alignement des carrières des directeurs d’études sur celles des directeurs de recherche du CNRS16 et la création d’une carrière complète pour les techniciens, ainsi que des concours internes de recrutement pour les collaborateurs techniques ou administratifs. Au titre du « problème des vacataires », devenu crucial avec l’augmentation du personnel « sans statut » dans les années 1960, il propose un « plan de reclassement » des vacataires permanents comme « collaborateurs permanents » qui commencerait dès 1969 par « quelques postes » et au-delà passerait par une « augmentation des dotations budgétaires ».  En attendant et « pour l’ensemble des vacataires », il propose « un certain nombre de garanties » : un contrat de vacation, une commission paritaire avec « les représentants des vacataires », une « bourse des vacataires » donnant aux « vacataires sortant de charge » une « information complète sur les nouvelles vacations offertes ». Plus généralement, il propose de « distinguer le règlement ou l’arbitrage des relations de travail, confiés à un organisme paritaire ». Le mot syndicats n’est pas prononcé, mais cette terminologie évoque une réflexion générale pour les organismes à exécutif élu17.

4- il tient à insérer la VIe section dans les principes de la loi d’orientation d’Edgar Faure. Il fait état p. 2 d’un « large accord pour respecter l’esprit de la loi ».

5- il prend ainsi une position totalement différente de celle du reste de l’EPHE, qui va rester en dehors de la loi Faure, puisque la première réforme du décret fondateur de 1868 y intervient seulement le 22 janvier 1980, et lui maintient le caractère d’établissement public à caractère administratif18. Dès fin mai 68 la lettre des présidents des IVe et Ve sections mentionnées plus haut laissait prévoir cette divergence : « il n’existe ni en droit ni en fait d’EPHE mais six sections constituant autant d’établissements indépendants19 ». La rédaction du rapport (p. 3) est prudente : « il faut sans doute réserver dans cette phase initiale le problème des relations entre la VIe section et les autres sections de l’EPHE ». Mais le sens implicite est clair : l’avantage premier de l’entrée dans la loi Faure, c’est de pouvoir constituer un établissement à part entière.

 

On peut penser que l’acuité des questions 1 et 2 reste encore vive aujourd’hui.

En revanche, quand le rapport avertit à la fin qu’il reste des « lacunes » et « des interrogations », deux d’entre elles appellent un commentaire.

D’une part il n’est fait aucune mention du projet de texte préparé au milieu des années 1960 par le ministre de l’Éducation nationale Christian Fouchet et accepté par Fernand Braudel, mais qui avait été ensuite refusé par le Premier ministre Georges Pompidou maintenant l’unité de l’EPHE, mais en la réformant profondément, avec 6 sections. Ce projet avait été révélé longtemps après, en 1988, par Charles Morazé, qui était un proche du ministre Fouchet20. Ce silence signifie que ledit projet de réforme est désormais complètement caduc. La page est tournée. On mesure ici l’accélération apportée par à la fois Mai 68 et la loi d’orientation d’Edgar Faure.

D’autre part il n’est fait aucune mention ni de la thèse de 3e cycle, que la VIe section est autorisée à délivrer depuis 1958, ni de la thèse d’État, qui reste un monopole des universités. Pourtant le rapport p. 3 caractérise la section comme « à la fois institut de recherche et institut de formation des chercheurs ». Ce double mutisme est une énigme. Le premier parce que la thèse de 3e cycle est une des conclusions naturelles des enseignements dispensés par la section, le second parce qu’il pourrait être une dimension de la « faculté des sciences sociales » que Febvre et Braudel avaient voulu édifier depuis 1951 puis Braudel dans les années 1960 et dont Roncayolo était partisan. Le rôle diplômant du futur nouvel établissement va bientôt venir au premier plan quand il s’agira de réfléchir au contenu de ses statuts.

Les suites du rapport de Marcel Roncayolo

Le calendrier rapide de mise en place d’institutions provisoires que Marcel Roncayolo souhaitait n’est pas tenu. En effet, comme partout ailleurs dans le Supérieur, il faut un texte, et celui-ci fait l’objet d’une négociation avec le ministère de l’Éducation nationale, ici menée par Braudel avec sans doute l’aide de Louis Velay. Elle aboutit à un arrêté ministériel le 22 mai 1969. On peut supposer que François Furet, membre du cabinet du ministre, a été consulté ou est intervenu. Mais il faudrait le prouver par une recherche sur archives.

Les institutions fixées par l’arrêté ne sont pas tout à fait les mêmes que celles proposées dans le rapport Roncayolo (p. 14-17). Celui-ci préconisait l’instauration d’une « délégation tripartite, représentant les directeurs et les sous-directeurs d’études, les collaborateurs des centres, les étudiants des séminaires » et comptant « 24 à 30 membres ». Elle aurait pour mission « d’exercer, à titre transitoire, les fonctions reconnues jusque-là au Conseil de direction, dit Conseil scientifique » et de « préparer les nouveaux statuts de la VIe section », qui serait soumis « à ratification par l’assemblée des directeurs et les collèges restreints représentant les centres et les séminaires ». Elle « serait présidée par le Président de la VIe section ou son représentant », désignerait « un secrétaire ». Le « directeur d’études chargé du secrétariat administratif de la section [Louis Velay] ainsi que les chargés du secrétariat et de la coordination des divisions assisteraient aux réunions de la délégation à titre consultatif ». Je ne reviens pas ici sur les modalités d’élection, malgré leur originalité. En revanche, on peut garder en mémoire la formule du rapport (p. 17) : « Mais cette vocation et ces fonctions ne peuvent être parfaitement remplies à l’avenir que si elles sont l’expression d’une volonté générale ».

L’arrêté Edgar Faure du 22 mai 1969 fait un pas en avant21. Il abroge et remplace en deux articles l’article 2 de l’arrêté du 21 novembre 1947 portant application du décret fondateur de la VIe section. Il prévoit explicitement l’hypothèse de la transformation de la VIe section en « établissement public à caractère scientifique et culturel ». Le président sera désormais « assisté des quatre membres du bureau de l’assemblée » (terminologie officielle de l’époque), « des secrétaires des divisions de recherche et, à titre provisoire, d’une commission tripartite de 30 délégués » (10 délégués des directeurs et sous-directeurs d’études ; 10 délégués des autres catégories de personnel ; 10 délégués des élèves des séminaires) qui doit « proposer éventuellement cette transformation » et élaborer « le statut futur ». « En outre, elle pourra présenter ses propositions relatives à l’avenir de l’établissement dans le domaine de la recherche fondamentale et des enseignements et diplômes correspondants ». Elle sera présidée par le président, assisté des quatre membres du bureau. Dans une variante du rapport Roncayolo, l’arrêté instaure un conseil scientifique, composé des directeurs et sous-directeurs d’études élus à la commission tripartite « auxquels pourront se joindre des personnes choisies par l’assemblée ». Il lui incombe « la détermination des programmes de recherche et la répartition des crédits de recherche », formule qui n’a pas varié depuis. La lacune du rapport Roncayolo sur les thèses que je notais plus haut est, on le voit, comblée par une formulation très large, donnant à la commission toute latitude en matière d’« enseignements et formations correspondants ». Les délais fixés, eux, sont ceux du droit commun : « Le projet de statut et les propositions de la commission et du conseil scientifique » doivent être, comme ailleurs, transmis au Ministre « au plus tard le 31 décembre 1969 ».

Une nouvelle fois les délais ne sont pas tenus. Mais la nouvelle et l’ancienne instances travaillent22. Le premier avant-projet de statuts élaboré par la commission provisoire passe de 10 à 14 articles et est prêt le 12 juin 1970 « après plus de 30 heures de discussion ». Il porte encore différentes traces du rapport Roncayolo. Et un alinéa nouveau, dont l’interprétation va donner matière à controverse : « l’École peut s’associer toute autre personne pour un temps limité ou une tâche spécifique de recherche, d’enseignement et d’administration ». Il comporte cette fois un substantiel article sur les différents diplômes préparés : au diplôme, qui grâce à l’équivalence avec la maîtrise permettra « l’entrée directe en 3e cycle », il ajoute un DEA (qui n’existe depuis 1964 que dans les facultés de sciences), « le doctorat de 3e cycle et le doctorat d’État » et la faculté de « décerner des diplômes non nationaux pouvant être homologués ». Il donne à l’établissement le nom d’École des hautes études économiques et sociales.

L’avant-projet est examiné le 28 juin 1970 par l’Assemblée des directeurs d’études, article par article. Celle-ci – à laquelle sont présentes seulement deux femmes, la préhistorienne Annette Laming-Emperaire et l’anthropologue Germaine Tillion, qui n’interviennent pas – adopte une série d’amendements. Le plus fort consiste à remplacer « directeur d’études » par professeur, qui est ensuite spécifié « directeur d’études et de recherche », alors que l’appellation « sous-directeur d’études » est maintenue. Purement symbolique est un amendement rejeté de l’archéologue Paul Courbin qui voudrait rendre « non renouvelable le mandat de 5 ans du président », demande qui en Mai 68 avait été formulée par l’historien Marc Ferro23. On note l’intervention du sociologue Serge Moscovici à propos des conseils « qui demande que ne soient pas oubliés les chercheurs du CNRS ». Ensuite Braudel demande un vote indicatif sur l’ensemble du projet amendé. « À main levée, à l’unanimité des membres présents et trois abstentions, l’Assemblée accepte de considérer le texte comme susceptible de servir de canevas pour les discussions avec le Ministère ».

 

Pourtant la séance continue. Fernand Braudel aborde la question des directeurs d’études cumulants24. Il « rappelle qu’en mai-juin 1968 les cumuls ont fait l’objet d’attaques assez vives » et que « la Commission tripartite s’est prononcée résolument contre le recrutement de nouveaux directeurs cumulants ». Il propose un dispositif en trois volets : l’arrêt du recrutement de cumulants mais, « sur la proposition d’un centre de recherche », la nomination de « directeurs scientifiques participant à la vie des centres, n’enseignant pas, ne faisant pas partie de l’Assemblée mais dont les candidatures lui seraient soumises » et rémunérés moitié moins ; l’extension « à des candidats de nationalité française » du « régime des professeurs associés, pour une durée limitée » ; l’examen en priorité de la candidature d’un ancien directeur d’études non cumulant désireux de revenir à plein temps à l’École. Le dispositif permettrait « la transformation de 5 emplois de chef de travaux licencié en 5 emplois de maître-assistant, le crédit complémentaire nécessaire à cette transformation étant dégagé par la suppression de 7 emplois de directeurs d’études cumulants ». Le débat qui suit est intense et long. Marcel Roncayolo soutient immédiatement la proposition Braudel : « Le ministère n’est guère favorable aux cumuls dont l’image tend à nous faire paraître comme des compléments des universités. C’est la revalorisation de la carrière des directeurs d’études qui est en jeu, mais plus encore la définition de l’établissement, que les statuts vont créer, comme institution majeure. » Inversement, la plupart des économistes présents (Pierre Coutin, Claude Gruson, Jacques Méraud) la combattent, le dernier annonçant « la mort de la recherche économique », alors que M. Roncayolo lui rétorque aussitôt que le dispositif de l’association est meilleur si l’on veut avoir « durant un temps déterminé » des économistes qui autrement « exercent des responsabilités hors de l’université ». Le vote à bulletin secret donne une majorité absolue à la proposition Braudel de « suppression du cumul dans sa forme actuelle » : 36 voix pour, 12 contre, 3 blancs, 4 blancs marqués d’une croix.

Il vaut la peine de noter que le procès-verbal de cette assemblée se termine par une note envoyée à Louis Velay « à l’issue de la réunion » par un des économistes qui y étaient présents, Victor Rouquet La Garrigue. Il propose un autre nom pour le nouvel établissement en gestation25 : École Nationale des Hautes Études Sociales. Il en donne trois motifs : il s’agit d’« affirmer la vocation nationale de l’École » ; « la science économique n’est qu’une science sociale » ; « le nom proposé traduirait une plus grande unité de l’ensemble que constitue l’École ». Ainsi, la réflexion collégiale continue à avancer, stimulée par le bouillonnement issu de 1968. Mais la gestation sera bien plus longue que prévu.

La présente note n’est qu’une esquisse. Elle devrait être complétée par un recours beaucoup plus large, dans les archives de l’EHESS, aux fonds Heller et Velay et à celui de l’Assemblée des directeurs pour mieux comprendre les débats de 1968 et les apports de la commission provisoire, la négociation avec le ministère de l’Éducation nationale du 1er semestre 1969, et les versions successives des statuts qui ont abouti aux statuts du 23 janvier 1975.

Il faudra en effet expliquer la longueur inhabituelle de ce processus et l’écart entre les propositions de statuts initiales émanant de la commission tripartite puis revues par l’Assemblée qui s’arrêtent en 1971 et la version définitive : blocages au sein de l’État ? réticences du Conseil d’État ou de la Cour des comptes ? attitude de l’EPHE ? oppositions diverses dans le milieu universitaire français ? évolution des esprits à l’intérieur de la VIe section ? De même, il n’y a pas encore eu d’étude sur l’attitude de Fernand Braudel à ce sujet au sein de la VIe section, de son retour anticipé des États-Unis à la mi-Mai 68 à son départ à la retraite à l’été 1972, son successeur Jacques Le Goff étant élu le 11 juin 197226. Pour le moment on ne peut affirmer que deux choses : à ses débuts à l’Élysée, Pompidou ne porte pas la personne de Braudel dans son cœur, ni sa conception de l’histoire ni les sciences sociales27 ; à la mi-1970 Braudel en tant que président de la commission tripartite joue le jeu de la sortie de l’EPHE avec de nouveaux statuts. Faut-il croire pour ses deux dernières années le témoignage de Jacques Le Goff : « En fait, il n’avait pas envie de changer grand-chose28 » ? Ou bien faire l’hypothèse de réflexions plus anciennes et d’origines plus variées, comme me l’a écrit Jean-Yves Mérindol29 : « Il est difficile de croire que les réflexions post-68 au sein de la section ne s’appuient pas sur des questionnements antérieurs venant à la fois de Braudel (alors plutôt préoccupé par la MSH, mais sans se désintéresser de la VIe section), de certains directeurs d’études (dont Roncayolo) et d’autres (dont les personnels de statuts plus subalternes). La transformation de la VIe section en établissement indépendant, donc la sortie de l’EPHE, a probablement été discutée avant (par qui et dans quel cadre ?). »

Les statuts préparés et négociés sous la présidence Le Goff seront en tout cas significativement différents sur certains points. Ils devront aussi, en septembre 1974, faire face à l’intervention critique de Braudel, en tant qu’administrateur de la Maison des sciences de l’homme, obtenant une négociation parallèle à celle menée par son successeur Jacques Le Goff avec le Secrétaire d’État aux universités Jean-Pierre Soisson30.

Sans idéaliser le rapport Roncayolo, dont nous avons signalé la surprenante lacune sur la collation des grades, nous espérons avoir montré qu’il est une preuve essentielle de l’importance durable du mouvement de 1968 dans l’histoire longue de la VIe section et de l’École. Assurément certaines de ses suggestions ne passeront pas la rampe (la suppression des directeurs d’études cumulants a dû faire l’objet d’un tir de barrage) ou auront un effet différé (par exemple, la revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs n’est actée par un gouvernement qu’en 1989 ou encore c’est seulement le 13 mai 2004 et à la demande pressante du Conseil d’État que l’EHESS sera dotée d’un comité technique paritaire, devenu comme ailleurs CT puis CSA). Néanmoins, par son intérêt pour ce qu’il appelle une « scolarité rationnelle » des étudiants, par l’affirmation que les questions de personnels sont un point de passage obligé des réformes, par des idées comme celle des conventions avec les universités pour certains enseignements et du principe d’un « financement global des recherches » soutenues par le CNRS, par l’accent sur « une procédure […] ne réservant le monopole de la réflexion à aucune instance », il dessine des perspectives qui peuvent mériter notre attention aujourd’hui.

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    1

    Voir notamment dans le présent Atelier de Politika notre entretien avec Tiphaine Samoyault, « Le style administratif de Roland Barthes ».

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    2

    Louis Velay est déjà apparu dans nos entretiens avec Jacques Revel puis Rose-Marie Lagrave. Alors qu’il est chef de bureau à la Direction de l’enseignement supérieur du ministère de l’Éducation nationale (information fournie par Gabriel Galvez-Behar), il est recruté comme administrateur en 1950, sans doute par Lucien Febvre, pour gérer tout le fonctionnement de la VIe section et les relations avec les tutelles. Il est élu directeur d’études en 1954 et « chargé du secrétariat administratif ». Au même moment, sur proposition de Braudel, la VIe section recrute Clemens Heller. À partir d’octobre 1956, on va parler de Louis Velay comme le « bras gauche du management interne » de Braudel et de Clemens Heller comme son « bras droit des relations internationales », même si les attributions réelles de chacun sont plus larges (Brigitte Mazon, « Archiver les sciences sociales dans leur contexte institutionnel : le cas de l’École des hautes études en sciences sociales », La Gazette des archives, n° 231, 2013, p. 188).

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    3

    Archives nationales, ancienne cote 66 AJ 1189.

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    4

    Lucien Gatineau, Alain Gerschel, Louis Hay, Robert Klapisch, Patrick Leroux-Hugon, Jeanne Singer, Georges Vignaux (dir.), Recherche et contestation. Débats des travailleurs scientifiques après mai 1968, Paris, Anthropos, 1969. Jacques Pesquet, Des soviets à Saclay, Paris, Maspero, 1968.

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    6

    Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003.

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    7

    Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003, p. 192 et 251.

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    8

    Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003, p. 252-253. Dans la liste des membres du premier groupe il s’agit non pas de « Jacques » Vernant, mais de son frère Jean-Pierre Vernant. La lettre des présidents des IVe et Ve sections est dans le fonds Heller, 361 EHE 5.

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    10

    Laurent Coudroy de Lille, Jacques Brun, Guy Burgel, Gilles Montigny, Marie-Vic Ozouf-Marignier (dir.), Marcel Roncayolo, sur les pas d’un géographe singulier, Marseille, Éditions Parenthèses, 2023.

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    11

    Il est membre dès 1956 du Comité de rédaction de la revue mendésiste Les Cahiers de la République, laquelle publie ces actes dans son n° 5, janvier-février 1957, sorti fin février.

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    12

    Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES), Interview de Marcel Roncayolo le 8 juin 2004 par Henri Lanta : https://www.apses.org/interview-de-marcel-ronacayolo-le-8-juin-2004-par-henri-lanta/. Les noms de personnes comportent beaucoup d’erreurs, ce qui se reflète même dans l’URL.

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    13

    Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003, p. 229-230. Beaucoup de signataires sont membres de la VIe section. Parmi eux, E. Le Roy Ladurie, qui à partir de la mi-juin vient aussi chez R. Aron dépouiller le courrier : Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003, p. 401.

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    14

    Je remercie pour ses remarques sur les deux premiers points Jean-Yves Mérindol, auteur de Histoire politique de l’enseignement supérieur, Paris, Éditions de la MSH, 2026.

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    15

    Cette suggestion vient certainement de son collègue Henri Desroche, fondateur du Collège Coopératif en 1959. Il va écrire une note sur le rapport Roncayolo, conservée aux Archives de l’EHESS, fonds Heller, 361 EHESS 3.

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    16

    Une commission spéciale de 13 membres désignée en 1966 par l’Assemblée des directeurs d’études avait rédigé un rapport sur la revalorisation de la carrière des directeurs d’études non-cumulants. Archives de l’EHESS, fonds Heller, 361 EHE 3.

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    17

    Voir sur ce point les remarques d’Antoine Lyon-Caen dans cet atelier de Politika.

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    18

    Patrick Henriet (dir.), L’École pratique des Hautes Études. Invention, érudition, innovation, Paris, Somogy éditeur d’art-EPHE, 2018.

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    19

    Bernard Brillant, Les Clercs de 68, Paris, PUF, 2003, p. 252.

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    20

    Charles Morazé, « Postface », in Brigitte Mazon, Aux origines de l'Ecole des hautes études en sciences sociales Le rôle du mécénat américain (1920-1960), Paris, Éditions du Cerf, 1988, p. 178.

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    21

    Texte communiqué par Jean-Yves Mérindol (dans la version reprise au Recueil des Lois et Règlements de l’Education nationale).

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    22

    Archives de l’EHESS, fonds Assemblée des enseignants, 361 EHE 2. Avant-projet des statuts, non daté, et procès-verbal de l’Assemblée des directeurs d’études du 28 juin 1970.

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    24

    Serge Benest a été le premier à repérer (dans Recomposition de l’ordre disciplinaire et analyse des faits économiques : le cas de la VIe Section et de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, thèse de doctorat de sciences économiques, université Paris-Saclay, 2019) cette opposition de la majeure partie des économistes. En revenant au procès-verbal du 28 juin 1970, je montre cependant ci-dessus que la question est plus large.

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    25

    Voir la contribution de Brigitte Mazon sur les différents noms proposés lors de l’enquête lancée par le président Le Goff en 1972, à paraître dans cet Atelier de Politika.

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    26

    Sur sa biographie, la base reste Giuliana Gemelli, Fernand Braudel, Paris, Flammarion, 1995.

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    29

    Courriel du 12 août 2026.

    Pour citer cette publication

    Patrick Fridenson , « L’importance de 1968 pour l’histoire de la VIe section et de l’EHESS. Autour du rapport Roncayolo » Dans Pierre-AntoineFabre et Patrick Fridenson (dir.), « Une histoire : l’École des hautes études en sciences sociales », Politika, mis en ligne le 19/08/2026, consulté le 24/08/2026 ;

    URL : https://www.politika.io/index.php/fr/article/limportance-1968-lhistoire-vie-section-lehess-autour-du-rapport-roncayolo