Know your enemy : Le conservatisme, territoire oublié de la philosophie politique

Pierre-Yves Néron est maître de conférences en philosophie politique à l’École Européenne de Sciences Politiques et Sociales (ESPOL) de l’Université catholique de Lille. Il a auparavant mené des recherches postdoctorales auprès de Joseph Heath au Centre for Ethics de l’Université de Toronto, où il a aussi enseigné dans le département de philosophie. Ses recherches actuelles portent sur les mutations récentes de l’égalitarisme, l’étude des inégalités et l’entreprise comme objet politique. Ses recherches ont fait l’objet de publications, entre autres, dans Res Publica, Journal of Social of Philosophy et Raison publique.

Raphaëlle Théry est agrégée de philosophie et maîtresse de conférences en droit privé à l’Université Panthéon-Assas. Membre du Centre de Recherche sur la Justice, ses travaux portent sur la philosophie du droit, en particulier sur la philosophie pénale, l’histoire des idées politiques et le droit de la famille. Son livre, Libéralisme pénal : principes, contradictions et enjeux d’une institution non-idéale a paru en 2021 aux Éditions de l’Université Paris II – Panthéon Assas.

Pierre-Yves Néron et Raphaëlle Théry ont rédigé six entrées dans le Dictionnaire des inégalités et de la justice sociale (éd. P. Savidan, Paris, PUF, 2018). Ils préparent un ouvrage sur le conservatisme, le néolibéralisme et la crise contemporaine de l’égalité.

Ils ont été invités à l’EHESS pour discuter leur travail en cours sur le conservatisme dans le cadre du Séminaire de Philosophie Politique Normative, qui est rattaché au CESPRA (CNRS – EHESS). Dans cet entretien, Pierre-Yves Néron, Raphaëlle Théry et Luc Foisneau abordent différents aspects du conservatisme, son « oubli » au sein des théories contemporaines de la justice, ses relations complexes avec le néolibéralisme, son rapport à l’égalité et l’émergence d’un conservatisme de marché.

Cet entretien a été réalisé par Luc Foisneau, directeur de recherche au CNRS (CESPRA), dans les locaux du Centre audiovisuel de l’EHESS, 96 boulevard Raspail, à Paris, le 12 novembre 2019, et révisé par les auteurs en mai 2021.

Réalisation : Serge Blerald

Luc Foisneau – Comment en êtes-vous venus à vous intéresser au conservatisme d’un point de vue philosophique ?

 

Pierre-Yves Néron – Notre objectif de départ était de rebondir sur une remarque faite par la philosophe américaine Elizabeth Anderson, dans sa recension de l’ouvrage de John Tomasi, Free Market Fairness, publié en 20121. Anderson concluait sa critique du « libertarisme empathique » (bleeding heart libertarianism) en posant la question : « Où se trouve le conservatisme ? » Elle soutenait alors que la cartographie des débats en philosophie politique était très peu satisfaisante et qu’il nous fallait redessiner celle-ci de façon à inclure le « continent » conservateur.

Notre thèse centrale est que Anderson a raison – nous ne cherchons pas à soutenir le conservatisme, bien au contraire. Mais, travaillant sur la justice sociale et l’égalité, nous avons fait le constat que le conservatisme représente bel et bien un « territoire » oublié de la philosophie politique contemporaine. Bien sûr, lorsque nous parlons de philosophie politique contemporaine, nous parlons d’une certaine tradition, celle des théories de la justice sociale et de l’égalité. Pourtant, tout se passe un peu comme si le champ des études sur la justice s’était construit d’une manière telle qu’il omettait constamment le conservatisme, s’abstenant délibérément de prendre aux sérieux les idées conservatrices. Pour caricaturer quelque peu les choses, le champ des théories de la justice s’est construit de telle sorte qu’il nous incite à penser que la droite intellectuelle se résume au libertarisme, notamment à la figure de Robert Nozick2. Nous pensons que c’est une erreur : d’abord, parce qu’il y a des différences significatives entre le libertarisme et le conservatisme ; ensuite, parce que cela nuit à la pertinence politique des théories de l’égalité et de la justice sociale.

Du libéralisme pénal au conservatisme

Luc Foisneau – Raphaëlle Théry, votre travail de thèse portait sur le libéralisme pénal et les fondements de la peine. Comment passe-t-on d’un travail sur le libéralisme pénal à un travail sur le conservatisme ? Y a-t-il un sens à parler de conservatisme dans ce champ d’études ?

 

Raphaëlle Théry – Mon intérêt pour le conservatisme est antérieur à mon travail sur le libéralisme pénal. Mon Master 2 portait en effet sur l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, et j’avais proposé notamment, dans ce cadre, une classification des principaux types d’opposants au mariage des couples homosexuels. J’ai pu travailler sur un corpus bien constitué d’auteurs et d’argument très conservateurs en la matière. Or, pour moi, il est crucial d’un point de vue méthodologique de prendre au sérieux les arguments conservateurs plutôt que de les balayer d’un revers de main ou de considérer que ce ne sont que des adversaires passéistes qui n’ont pas voix au chapitre.

En matière pénale, il existe également une approche très conservatrice de la peine, qui est à la fois moralisante et répressive. Mais je pense que c’est le cas dans tous les champs de la philosophie politique. Bien qu’elles ne soient pas thématisées comme telles, on y rencontre sans cesse des prises de positions conservatrices.

Qu’est-ce que le conservatisme ?

Luc Foisneau – Qu’est-ce qui permet, par-delà certains airs de familles, de caractériser le conservatisme ? Et, d’abord, une telle caractérisation est-elle possible ?

 

Raphaëlle Théry – Bien sûr, mais ce n’est pas une tâche facile. Le vocable « conservateur » est utilisé sans doute de manière plus neutre en France qu’aux États-Unis car la principale ligne de partage du champ politique n’est pas en France, comme elle l’est Outre-Atlantique, celle qui sépare libéraux et conservateurs. En France, lorsque l’on veut marquer politiquement un adversaire, on l’accuse d’être « réactionnaire3 », non pas « conservateur ».

Pour en revenir au conservatisme, on dit souvent que le conservatisme, c’est vouloir préserver ce qui est et l’on part souvent de la célèbre définition d’Oakeshott dans son important « On Being Conservative4 » [Du conservatisme] : « Être conservateur, c'est préférer le familier à l’inconnu, ce qui a été éprouvé à ce qui n’a pas encore été tenté. » Si l’on s’en tient à cette conception purement formelle du conservatisme, il semble ne pas y avoir de raison de nier l’existence d’un conservatisme de gauche : c’est d’ailleurs une critique que l’on entend parfois à propos des mouvements de grèves – vouloir conserver les acquis sociaux ne serait qu’une forme de conservatisme.

Cette définition formelle emporte l’adhésion, mais elle est tellement formelle qu’elle en devient creuse car, finalement, on peut tout y faire entrer. De ce point de vue, tout le monde peut être taxé de conservatisme, et le terme est vidé de son sens. Nous pensons qu’il est fécond de distinguer un aspect formel du conservatisme – une attitude rétive au changement qui se caractérise par un certain scepticisme à l’égard de politiques « radicales », par l’idée que les choses doivent prouver leur valeur à travers le temps, etc. – et un aspect plus substantiel, qui présuppose l’idée qu’il existe un ordre naturel des choses. Dans cette perspective, les travaux de Corey Robin, un politiste américain, sont très utiles.

Pierre-Yves Néron – En effet, pour parler de conservatisme, pour le traiter comme une philosophie politique pertinente, il faut arriver à en donner une définition qui nous apporte une idée de sa nature, une définition substantielle si vous voulez. C’est la raison pour laquelle nous nous appuyons sur les travaux de Robin et sur son analyse historique du conservatisme. Selon lui, ce dernier peut être défini à partir de trois caractéristiques principales.

Premièrement, la défense d’un ordre social naturel : le conservatisme consiste à vouloir défendre et maintenir un « ordre social » interprété comme naturel ou spontané. Bien sûr, comme l’a bien montré Robin, cet ordre défendu par les conservateurs n’a rien de naturel. Et ce n’est pas toujours l’ordre social existant, mais un ordre social bien souvent fantasmé. Il serait en fait plus approprié de parler ici de stratégies de naturalisation : les conservateurs cherchent à présenter un ordre social comme naturel, à nous faire croire que le social est naturel.

Deuxièmement, ce qui est lié avec la précédente caractéristique, le conservatisme se définit par la valorisation des hiérarchies et des inégalités. Le conservateur se veut un partisan inconditionnel de la hiérarchie et des inégalités, qui sont les traits principaux de l’ordre social qu’il préfère.

Troisièmement, le conservatisme défend la préservation des régimes de pouvoir privé, ce que Robin décrit comme « la vie privée du pouvoir5 », typiquement, la famille, l’entreprise, l’armée. L’illustre l’attachement persistant à la figure d’autorité du pater familias, du chef d’entreprise ou encore du général héroïque. Pour Robin, ce sont ces figures que les conservateurs cherchent à préserver et à exalter. Ainsi, pour comprendre l’histoire du conservatisme, il nous faut comprendre les diverses façons dont les conservateurs ont défendu, réinventé et transformés ces régimes privés du pouvoir.

Nous pensons qu’il est fécond d’avoir ce genre d’idées à l’esprit, quand on est de gauche, afin de donner un sens à certains débats publics et à la façon dont certaines luttes et revendications sont articulées par différents mouvements égalitaires, bien souvent en réponse à des forces conservatrices.

Raphaëlle Théry – Pour en revenir au libertarisme, qui est généralement présenté comme l’adversaire de droite des théories égalitaires de la justice, il ne s’agit pas de nier son existence. Le libertarisme existe bel et bien dans le champ théorique, où il est d’ailleurs fort bien représenté. Mais, sur le terrain politique, il ne représente pas l’adversaire le plus important des égalitaristes.

Comprendre le néo-conservatisme américain : de Bush à Trump

Luc Foisneau – L’interprétation du conservatisme que vous proposez, inspirée par Robin, peut-t-elle nous aider à penser le néo-conservatisme à l’américaine, celui de l’ère Bush, qui a conduit à la guerre en Irak au nom d’une certaine idée de la promotion de la démocratie ?

 

Pierre-Yves Néron – Il faut noter ici que dans la première édition de son ouvrage, sous-titré « Le conservatisme, de Edmund Burke à Sarah Palin », Robin accordait à la violence une importance cruciale dans son analyse, afin de donner sens au néo-conservatisme « va-t-en-guerre » à la Bush qui a tant marqué le début de ce siècle. Dans la deuxième édition, sous-titrée désormais « Le conservatisme, de Edmund Burke à Donald Trump », Robin reconnaît avoir négligé les enjeux liés à l’économie politique, la place du marché notamment dans le conservatisme, élément crucial si l’on veut donner un sens au « trumpisme ». Bref, il s’agit de penser le conservatisme de marché.

Luc Foisneau – Qu’en est-il du conservatisme des mœurs ? Quand on évoque le conservatisme, on a souvent en tête le conservatisme des mœurs ou des « valeurs ».

 

Raphaëlle Théry – Nous avons en effet tendance à séparer radicalement ces deux questions, celle des mœurs et celle de l’économie. De ce point de vue, le champ privilégié du conservatisme semble plutôt celui des valeurs sociales que celui de l’économie. On identifie d’ailleurs sans peine les conceptions conservatrices en matière d’évolution de la famille : hostilité à l’ouverture du mariage aux homosexuels, aux techniques non naturelles de reproduction, aux revendications d’égalité de genre, etc. On opère alors une division entre les familles politiques selon deux axes indépendants, en mettant sur l’un les positions en matière de société, sur l’autre les positions en matière d’économie politique ou de justice sociale. On constate ainsi, en matière de mœurs, l’existence de courants conservateurs à gauche, et de courants « progressistes » à droite. Il existe, par exemple, des défenses libertariennes de la gestation pour autrui.

On cantonne alors le conservatisme à la sphère des mœurs ou des valeurs, comme si une certaine conception du marché, largement dérégulé et conçu comme une force naturelle, n’avait absolument rien de conservatrice. Nous soutenons que cette thèse est fausse, et qu’il faut tenir compte, comme nous le faisons, de l’émergence d’un conservatisme de marché et de sa cohérence interne.

Le conservatisme de marché

Luc Foisneau – Revenons, si vous le voulez bien, sur cette expression de « conservatisme de marché ». Quelles en sont les principales caractéristiques ? Comment s’exprime ce conservatisme ? Est-ce dans un certain rapport à l’argent ? Est-ce dans une forme de soutien à l’idée d’entreprise ?

 

Pierre-Yves Néron – Ce qui m’a conduit à m’intéresser au conservatisme, c’est mon intérêt pour les institutions économiques, notamment pour le marché et l’entreprise. Dans mes recherches, j’ai tenté de jeter un regard de philosophe politique sur le marché et l’entreprise, mobilisant notamment les théories de la justice et de l’égalité, mais aussi en lisant les grands penseurs qui s’y sont intéressés. J’en suis venu à me demander : quelle est la logique normative à l’œuvre dans ces institutions ? Il se trouve qu’elle est bien moins centrée sur les échanges volontaires ou le caractère absolu de la propriété de soi, autrement dit libertarienne, que centrée sur la hiérarchie et l’inégalité, à savoir conservatrice. En effet, le récit libertarien ne nous permet pas de comprendre l’exaltation contemporaine de l’entreprise. Cette exaltation de l’entreprise passe par des discours célébrant le leadership, l’autorité, un certain amour des hiérarchies, les grands hommes considérés comme des chefs d’entreprise, etc. À plusieurs égard, l’entreprise est, par excellence, le régime privé du pouvoir. On est dans un registre proprement conservateur, qui va à merveille avec une vision conservatrice du monde.

Raphaëlle Théry – Il faut aussi noter l’idée du marché comme une force naturelle, qui réalise une allocation « juste » des ressources, sans recourir à des politiques volontaristes et délibérées. L’opposition entre une confiance dans les ordres naturels ou spontanés et le volontarisme socialiste est, de fait, un thème récurrent de la pensée conservatrice.

Pierre-Yves Néron – Pour comprendre ce conservatisme de marché, j’aimerais insister sur deux différences entre libertarisme et conservatisme.

Premièrement, le libertarisme se distingue du conservatisme par son caractère principiel, à savoir par le fait qu’il repose sur un engagement très fort en faveur de quelques principes, jugés fondamentaux, et, par certains, absolus. L’exemple paradigmatique d’un tel engagement est l’attachement chez Robert Nozick au principe de la propriété de soi. De ce principe, le philosophe de Harvard déduit le caractère indépassable du marché, bien entendu, une hostilité à l’égard de toute forme de politique de redistribution par l’impôt, celui-ci étant considéré comme immoral car contraire au principe de la propriété de soi. En ces matières, la position conservatrice est beaucoup moins principielle. L’hostilité à l’impôt progressif et aux politiques de redistribution y est beaucoup moins radicale, si elle n’en demeure pas moins présente. Quand un conservateur s’oppose à l’impôt, il s’appuiera, non pas sur un unique principe dont l’importance morale est jugée absolue, mais sur un ensemble de considérations dont fait partie un certain ethos du travail.

Deuxièmement, il y a une différence importante dans les manières de penser les inégalités. Alors que les libertariens cherchent à faire peser des contraintes sur la justification des inégalités (ce qui les conduit à tolérer de très forts niveaux d’inégalité), les conservateurs cherchent à nous fournir des raisons d’apprécier les inégalités. Si les premiers justifient les inégalités et les hiérarchies fondées sur la propriété de soi et le caractère volontaire des interactions, les conservateurs pourront offrir des considérations que l’on pourrait presque dire esthétiques pour défendre un monde d’inégalités. Dans les deux familles, on trouve une justification des inégalités : alors que, chez les libertariens, elles sont reconduites à la responsabilité individuelle, chez les conservateurs, elles possèdent une force normative propre dans la mesure où elles sont les indices du bon ordre du monde. Pour les libertariens, les inégalités peuvent être justifiées et donc tolérées. Pour les conservateurs, les inégalités sont bonnes, voire même belles, et doivent donc être valorisées.

Le conservatisme en Europe

Luc Foisneau – Votre réflexion sur le conservatisme peut-elle nous aider à penser certaines transformations politiques récentes, comme la montée des populismes ? Comment analysez-vous, de ce point de vue, la conjoncture politique européenne ?

 

Raphaëlle Théry – Si nous déplorons l’absence du conservatisme dans la cartographie philosophique, c’est en partie parce que cela nous prive de ressources pour penser notre actualité politique. À ce propos, il est intéressant de noter que la théorie critique et la philosophie sociale en France se sont donné pour adversaire le néolibéralisme, et que cela rend leurs approches plus fécondes pour penser notre actualité que celles qui s’appuient sur les seules théories de la justice. Pourtant, le néolibéralisme, on le voit bien dans la somme qu’y a consacrée Serge Audier6, est en fait un concept fourre-tout, qui renvoie à des doctrines et à des visions du monde assez différentes. Le concept de conservatisme s’inscrit, pour sa part, dans une histoire plus longue que celle du néolibéralisme, même si leurs champs peuvent se recouper.

Nous proposons de dépasser le préjugé consistant à voir dans le conservatisme une simple attitude ou une sensibilité, ou, encore, une simple idéologie qui ne résisterait pas à une théorisation sérieuse. Il s’agit de montrer qu’il renvoie à une doctrine politique relativement cohérente, qui donne un sens à divers mouvements, discours et revendications politiques, et permet d’en penser les ramifications.

Pierre-Yves Néron – Je répondrai à cette question en revenant à la question de la pertinence politique de l’égalitarisme libéral aujourd’hui. Des travaux récemment publiés et fort intéressants tentent de faire une histoire de la justice sociale depuis Rawls : en s’appuyant sur un accès désormais possible aux archives, ils visent en somme à historiciser Rawls, Nozick ou Dworkin. J’évoquerai à ce sujet le livre de Katrina Forrester, In the Shadow of Justice7, dans lequel elle dresse un bilan assez sévère des théories de la justice, notamment en ce qui concerne leur incidence politique. Forrester nous dit essentiellement que la tâche qui attend les philosophes politiques est de penser des objets comme le populisme et le néolibéralisme : nous ajouterions volontiers à sa liste le conservatisme. Mais si on se demande comme nous le faisons de quels outils nous disposons pour penser ces objets du point de vue des théories de la justice, la réponse est assez décevante. Il nous faut donner une nouvelle impulsion aux pensées de l’égalité, et, pour cela, leur donner un adversaire théorique un peu plus sérieux.

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1

John Tomasi, Free Market Fairness, Princeton, Princeton University Press, 2012. À propos de ce livre, voir les analyses d’Elizabeth Anderson, « Recharting the Map of Social and Political Theory : Where is Government ? Where is Conservatism ? », In Bleeding hearts libertarian blog. Symposium on John Tomasi’s Free Market Fairness, 2012.

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2

Robert Nozick, Anarchie, État et Utopie, trad. fr. P.-E. Dauzat et É. D’Auzac de Lamartine, Paris, PUF, 2016.

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3

Voir, par exemple, Daniel Lindenberg, Le rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Paris, Le Seuil, coll. « La République des idées », 2002.

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4

Michael Oakeshott, « On Being a Conservative », in Rationalism in Politics and Other Essays, Londres, Liberty Fund, 1991; Du conservatisme, trad. fr. J.-F. Sené, Paris, Éditions du Félin, 2012, p.169.

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5

Corey Robin, The Reactionary Mind. Conservatism from Edmund Burke to Donald Trump, Oxford, Oxford University Press, 2018, p. 3.

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6

Voir Serge Audier, Néo-libéralisme(s) : une archéologie intellectuelle, Paris, Grasset, coll. « Mondes vécus », 2012.

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7

Katrina Forrester, In the Shadow of Justice. Postwar Liberalism and the Remaking of political philosophy, Princeton, Princeton University Press, 2019.