Du trauma historique
Andrea Jacchia - Bernadotte

Andrea Jacchia, Bernadotte

Exergue Dilthey

Le trauma psychique

Entre 1870 et 1930, le concept de trauma s’enrichit de nouvelles significations. Tout en gardant sa connotation médico-chirurgicale, il commence à être utilisé dans une perspective psychologique, pour qualifier les lésions psychiques laissées par un événement inattendu et d’une violence extrême sur un sujet qui peut avoir l’impression d’une mort imminente1 . En France, Jean-Martin Charcot remarque, dans ses Leçons sur les maladies du système nerveux (1885-1887), portant sur sept cas d’hystérie masculine, que les symptômes hystériques peuvent être déclenchés par un « choc » traumatique2 . Quelques années plus tard, dans sa thèse intitulée L’Automatisme psychologique, Pierre Janet présente vingt-un cas de névroses traumatiques3 . Le concept de trauma occupera une place centrale tout au long du développement de l’œuvre de Sigmund Freud, depuis les Études sur l’hystérie (1895) jusqu’à L’homme Moïse et la religion monothéiste (1939)4 .

   La question prend bientôt une dimension sociale. Le neurologue allemand Hermann Oppenheim introduit le concept de « traumatisme psychique » pour décrire l’impact des accidents de travail ou de chemins de fer. À partir de l’étude de quarante-deux cas de névrose, il propose une thèse psychogénique : l’effroi (Schreck) peut provoquer un ébranlement affectif intense en mesure d’altérer la psyché de manière durable5 . Dans la même période, d’autres médecins étudient les effets psychiques des abus sexuels, des bouleversements politiques violents et de la guerre.

   Les premiers témoignages médicaux concernant les blessures psychiques occasionnées par les combats remontent à la Guerre de Sécession (Silas Weir Mitchell) et au conflit russo-japonais au tournant du siècle (Adam Cygielstrejch). Puis, pendant la Première Guerre mondiale, la psychiatrie militaire s’intéresse d’abord au « choc des tranchées » (Shellschock), causé par la terreur des bombardements d’artillerie et l’horreur de la boucherie des corps disloqués par les obus, les mines ou les grenades, ainsi qu’à la « traumatophobie » (littéralement « peur des blessures ») invoquée pour justifier des condamnations et des exécutions pour « couardise » face à l’ennemi6 . Karl Abraham, William Halse Rivers, Ernst Simmel, Sandor Ferenczi, et Victor Tausk sont tous engagés en tant que psychiatres militaires7 . Ils préfigurent certaines des réflexions proposées par Freud dans Au-delà du principe de plaisir :

« À la suite de graves commotions mécaniques, de catastrophes de chemin de fer et d’autres accidents impliquant un danger pour la vie, on voit survenir un état qui a été décrit depuis longtemps sous le nom de “névrose traumatique”. La guerre terrible qui vient de prendre fin a engendré un grand nombre d’affections de ce genre et a, tout au moins, montré l’inanité des tentatives consistant à rattacher ces affections à des lésions organiques du système nerveux, qui seraient elles-mêmes consécutives à des violences mécaniques. Le tableau de la névrose traumatique se rapproche de celui de l’hystérie par sa richesse en symptômes moteurs, mais s’en distingue généralement par les signes très nets de souffrance subjective, comme dans les cas de mélancolie ou d’hypochondrie, et par un affaiblissement et une désorganisation très prononcés de presque toutes les fonctions psychiques8 . »

   La Seconde Guerre mondiale ne marque pas une avancée de la réflexion sur les névroses de guerre9 . Dans les années suivantes, on vise notamment deux autres dimensions : d’une part, les conséquences psychiques de l’expérience concentrationnaire ; de l’autre, la force de séduction psychologique du nazisme.

   Bruno Bettelheim a été l’un des premiers à poser la question de la désintégration de la personnalité dans les camps. Arrêté par les nazis en mai 1938, déporté à Dachau puis, après les accords de Munich, à Buchenwald, il est libéré en mai 1939. Dans « Comportement individuel et comportement de masse dans les situations extrêmes », publié en 1943, il analyse la lente évolution du déporté, du traumatisme originel lié à l’illégalité de l’emprisonnement à la perte d’autonomie, pouvant aller jusqu’à l’identification avec les bourreaux. Pour décrire les modifications psychiques qui surviennent dans les camps, il propose le concept de « situation extrême ». Comme on peut le lire dans un texte postérieur, publié dans Survivre, « Nous nous trouvons dans une situation extrême quand nous sommes soudain catapultés dans un ensemble de conditions de vie où nos valeurs et nos mécanismes d’adaptation anciens ne fonctionnent plus et que certains d’entre eux mettent même en danger la vie qu’ils étaient censés protéger10 ». Au-delà de mettre en lumière la difficulté de croire en la réalité des camps, Bettelheim réfléchit également sur l’expérience du survivant. Elle est marquée par une double temporalité. D’une part, le traumatisme dans le moment où celui-ci se produit : « c’est-à-dire, la désintégration de la personnalité qui résulte de l’internement dans un camp de concentration allemand ; cette expérience détruisait totalement la vie sociale de l’individu en le privant de l’ensemble de ses soutiens antérieurs, tels que sa famille, ses amis, sa position dans la vie, tout en le soumettant à un régime extrême de terrorisme et de dégradation où les pires traitements se mêlaient à une menace de mort directe, inéluctable et omniprésente11 ». De l’autre, les répercussions de ce traumatisme, qui perdurent toute la vie : le survivant se sent coupable d’avoir été sauvé ; comment peut-il accepter la « chance prodigieuse » d’avoir survécu ?

   La question de la force de séduction psychologique du nazisme est abordée par de nombreux auteurs : dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils interrogent les motivations de « l’amour pour le Führer12 ». C’est dans cette perspective qu’en 1967 les psychanalystes Alexander et Margarete Mitscherlich écrivent que Hitler a été « une incarnation du moi idéal de chaque Allemand » et que les procès pour crimes de guerre après 1945 (notamment celui contre Eichmann) ont montré que les nazis arrêtés n’avaient souffert d’aucun choc particulier (pas de dépression, pas de remords ni de désespoir). Selon leur diagnostic, la nouvelle société allemande se fonde sur un « refoulement collectif des souvenirs du IIIe Reich ». Loin de sombrer dans la mélancolie, les Allemands ont retiré les « énergies d’investissement » de toute la période nazie. Au lieu de chercher « les raisons psychologiques pour lesquelles nous étions devenus les partisans d’un “guide” qui ne nous a mené qu’à la catastrophe matérielle et morale la plus grave de notre histoire », ils ont consacré toute leur énergie à la reconstruction économique et industrielle du pays. Bref, les Allemands ont accompli une « déréalisation » : le passé « retombe au néant, tel un rêve13 ».

   Dans les années 1970, 1980 et 1990, la question du « syndrome du survivant » est de plus en plus posée hors du strict champ clinique, afin d’expliquer l’expérience des rescapés ainsi que des victimes indirectes des actions génocidaires du xxe siècle qui n’ont pas vécu l’événement traumatique mais qui ont été terrassées par la massivité de la perte. Il s’agit d’un passage fondamental, pour deux raisons au moins : le trauma prends du même coup une dimension collective et héréditaire. Partie de son expérience personnelle, Helen Epstein enquête auprès d’autres de la deuxième, voire de la troisième génération, qui ont absorbé le traumatisme de leurs parents à travers une sorte d’osmose silencieuse14 . Pour sa part, Marianne Hirsch crée le terme de post-mémoire pour décrire la relation que la « génération d’après » entretient avec le trauma culturel, collectif et personnel vécu par ceux qui l’ont précédé15 . Peu à peu, la question de la transmission intergénérationnelle (qui se joue entre des générations au contact et s’exerce dans les deux sens, descendant et ascendant) et transgénérationnelle (qui s’exerce dans le sens descendant entre des générations à distance) devient centrale. En lien avec son expérience de fille de parents rescapés du génocide des Arméniens en 1915, Janine Altounian ouvre une riche réflexion collective sur l’héritage du trauma16 . On découvre que l’horreur vécue et secrète peut rejouer : elle traverse le temps, passant de manière implicite et indirecte au travers des générations, à savoir entre des générations qui se côtoient, mais aussi entre des générations qui ne se sont jamais côtoyées17 . On constate que le trauma peut réveiller l’histoire des générations précédentes : ainsi, les traumatismes vécus pendant la guerre civile algérienne, déclenchée en 1992, ont fait resurgir d’autres traumatismes, issus de la guerre coloniale, enfouis et non traités18 . En somme, comme Françoise Davoine et Jean-Max Gaudillière le soulignent, l’histoire individuelle incorpore les trous et les blessures de l’histoire du monde ; pour cette raison, les histoires singulières peuvent commencer à se dire seulement dans une liaison à la grande histoire, du côté de l’analyste aussi19 .

   C’est dans cette perspective qu’en Amérique du Sud, des psychanalystes s’interrogent sur l’origine et l’impact des dictatures militaires dans l’équilibre et le fonctionnement psychique. Que se passe-t-il quand ceux qui sont censés protéger et imposer la loi sont ceux qui détiennent un pouvoir mortifère ? Quelles sont les conséquences de l’irruption de la violence d’État dans l’histoire du sujet ? En quoi le traumatisme ainsi créé diffère-t-il de celui que connaît la pratique ordinaire de la psychanalyse ? Leur réflexion met en discussion la pensée dichotomique, propre à la psychanalyse orthodoxe, qui « dresse un mur qui, comme dans le jardin des Finzi Contini, séparerait la séance de la cité20  ».

   En revanche, dans la même période, la réflexion sur la personnalité autoritaire s’est estompée. Elle aurait pu nourrir l’analyse des auteurs d’atrocités dans d’autres contextes historiques. Tel n’a pas été le cas. Au contraire, la question de la soumission aux ordres a bientôt pris une toute autre signification. Grâce à la pression des vétérans de la guerre du Vietnam, la Société américaine de psychiatrie reconnaît officiellement en 1980 le Post-Traumatic Stress Disorder (PTSD)21 . Comme le montrent Didier Fassin et Richard Rechtman, il s’agit là d’une révolution conceptuelle : « Par rapport à la névrose traumatique, le renversement est complet. Il n’est plus besoin de chercher une personnalité fragile, puisque les symptômes sont la réaction normale – au sens statistique – à l’événement. Il n’est plus nécessaire d’explorer un trauma inaugural, puisque l’événement – à lui seul – suffit à produire les troubles. On n’émet plus de doutes sur la sincérité du traumatisé : il est a priori crédible. On ne s’interroge plus sur des bénéfices secondaires : le diagnostic ouvre droit à une juste réparation22  ». De plus, par rapport à l’analyse des Mitscherlich, intervient une transformation fondamentale, car les auteurs d’atrocités sont assimilés aux victimes : loin d’être responsables de leurs crimes, eux aussi peuvent être considérés comme des individus traumatisés par ce que la guerre a fait d’eux23 .

Banalisation de la notion

Andrea Jacchia - Associations libres

Andrea Jacchia, Associations libres

Loin d’être le résultat exclusif d’une réflexion médicale savante, le concept de trauma, ou de traumatisme psychique naît à la suite de certains événements historiques et se développe aux confins de la psychologie, des sciences sociales, et du juridique (les séquelles d’une situation traumatique pouvant déclencher une demande de réparation). Comme Didier Fassin et Richard Rechtman le mettent en lumière, « le traumatisme n’appartient pas au seul lexique psychiatrique, il s’inscrit dans le sens commun. Il constitue un nouveau langage de l’événement. [… il] est le produit d’une mobilisation d’acteurs, professionnels de la santé mentale, défenseurs de la cause des victimes en particulier, et plus largement d’une restructuration des soubassements cognitifs et moraux de nos sociétés, mettant en jeu le rapport au malheur, à la mémoire, à la subjectivité.24 »

   Dans les dernières décennies, ce concept est à la « une » de l’actualité, au point que Shoshana Felman a défini le vingtième siècle « le siècle du trauma »25 . Il nourrit le débat politique, de nombreux textes littéraires, ainsi que des œuvres d’art26 . Il est de plus en plus utilisé par les sciences sociales : des revues, des colloques, des monographies et des départements universitaires sont consacrés au trauma. Il existe même désormais la discipline Trauma Studies et une revue intitulée Journal of Literature and Trauma Studies.

   Différentes approches ont contribué au succès de ce concept. Il a d’abord été prôné dans deux textes fondamentaux par les fondateurs des Archives Fortunoff de Yale : le psychiatre Dori Laub, déporté, pendant deux ans, dans un camp de concentration en Roumanie, et le critique littéraire Geoffrey Hartman, qui, en 1939, avait quitté l’Allemagne dans un Kindertransport. Laub met en lumière l’éclatement des cadres spatiaux et temporels expérimentés par les survivants de la Shoah : « Bien que réel, l’événement traumatique a eu lieu en dehors des paramètres de la réalité “normale”, tels que la causalité, la séquence, le lieu et le temps. Le trauma est donc un événement qui n’a ni commencement ni fin, ni avant, ni pendant, ni après. L’absence de catégories qui le définissent lui confère une qualité d’ “altérité”, une saillance, une intemporalité et une ubiquité qui le met hors de portée […] de la compréhension, du récit et de la maîtrise. Les survivants de traumas vivent non pas avec les souvenirs du passé, mais avec un événement qui ne pouvait pas et n’a pas procédé à son terme, qui n’a pas de fin, […] et donc […] continue dans le présent27  ». Dans cette même perspective, Hartman rappelle que l’événement traumatique est enregistré plutôt qu’expérimenté : il contourne la perception et la conscience, pour « tomber » directement dans la psyché. Pour cette raison, l’expérience traumatique ne peut pas devenir entièrement consciente, en ce sens qu’elle ne peut pas être récupérée ou communiquée sans distorsion. Elle crée un surplus de sens qui échappe aux mécanismes habituels de la connaissance. Il s’agit d’une connaissance non connue (« not-knowing Knowledge ») qui ne peut pas être saisie par une représentation « réaliste »28 .

   Le concept de trauma a ensuite été repris dans une perspective littéraire, notamment par des critiques déconstructionnistes, pour lesquels c’est la culture entière qui est traumatisée. À partir du diagnostic formulé par Theodor W. Adorno, selon lequel l’idée d’une culture ressuscitée après Auschwitz est un leurre, et reprenant la stratégie interprétative de Paul de Man, Cary Caruth fait du trauma la clé interprétative pour relire la société actuelle, celle qui est née de la Shoah : « Dans un âge catastrophique, le trauma peut fournir le lien entre les cultures : non pas comme une simple compréhension du passé des autres, mais plutôt dans les traumas de l’histoire contemporaine, comme notre capacité d’écouter à travers les distances que nous avons tous prises avec nous-mêmes29  ». Elle revendique tout à la fois « la vérité de l’événement ainsi que la vérité de son incompréhensibilité ». De son point de vue, le trauma représente une occasion extraordinaire d’authenticité, car nous ne pouvons percevoir la réalité que lorsque nos systèmes culturels de signification se désintègrent : « Car pour l’histoire, être une histoire du trauma signifie qu’elle est référentielle précisément dans la mesure où elle n’est pas entièrement perçue quand elle se produit ; en d’autres termes, que l’histoire ne peut être saisie que dans l’inaccessibilité même de son occurrence30 ». Ainsi, l’histoire devrait renoncer à sa dimension référentielle pour se situer dans l’indicible du trauma :

« Je voudrais avancer que c’est en ce point, dans la rencontre tout aussi fréquente et déconcertante avec le trauma – tant dans sa présence que dans la tentative pour le comprendre – que nous pouvons commencer à reconnaître la possibilité d’une histoire qui ne se revendique plus comme référentielle (à savoir non plus fondée sur des modèles  simples d’expérience et de référence). Grâce à la notion de trauma, […] nous pouvons comprendre qu’une révision de la référence vise non pas à éliminer l’histoire, mais à la replacer dans notre compréhension, ce qui précisément permet à l’histoire de se poser là où la compréhension immédiate ne le peut pas31 . »

   Cette proposition généralise de manière hyperbolique la notion de trauma. Comme le remarque l’historien Dominick LaCapra, le trauma est devenu une obsession ou une occasion pour des amalgames ou des confusions discutables – à commencer par l’idée selon laquelle la culture contemporaine, ou même l’histoire entière, serait essentiellement traumatique, ou par celle qui considère qu’après la Shoah, tout un chacun est un survivant32 . En outre, malgré ses nombreuses références psychanalytiques (notamment à Freud et à Lacan), elle inaugure une dé-psychologisation de l’expérience traumatique : le trauma cesse d’être conçu comme malaise psychique vécu par des individus en chair et en os, pour devenir un processus culturel général.

   Les études sur la mémoire collective ont eux aussi contribué à la diffusion du concept de trauma. Dans le sillage de Kai Erikson, qui a défini le trauma collectif comme « un coup dur pour les tissus de base de la vie sociale qui endommage les liens qui unissent les personnes et altère le sens de la communalité33  », les auteurs de Cultural Trauma and Collective Identity voient le traumatisme comme une blessure dramatique de l’identité collective. Selon Jeffrey Alexander, « Les trauma culturels se produisent lorsque les membres d’une collectivité sentent qu’ils ont été soumis à un événement horrible qui laisse des traces indélébiles sur leur conscience de groupe, marquant leurs souvenirs pour toujours et changeant leur identité future de manière fondamentale et irrévocable ». Il critique l’approche événementielle – qui souligne les qualités extraordinaires de l’événement traumatique – et prend ses distances par rapport à l’approche psychanalytique, pour souligner que, loin d’exister naturellement, le trauma est une construction sociale : elle peut se faire en temps réel, alors qu’un événement se déroule ; elle peut également précéder l’événement ou bien le suivre, comme une reconstruction post-hoc. « Parfois, en fait, les événements profondément traumatisants ne se sont pas réellement produits dans la réalité ; des événements imaginaires peuvent être aussi traumatisants que ceux qui ont eu lieu réellement34  ».

   Pour Neil Smelser, le traumatisme culturel est un genre particulier de mémoire collective qui correspond à « une mémoire acceptée et publiquement reconnue par un groupe significatif de membres et qui évoque un événement ou une situation qui est a) chargé(e) d’affects négatifs, b) perçu(e) comme indélébile, c) et considéré(e) comme menaçant l’existence de la société ou violant certains de ses présupposés culturels fondamentaux35  ». Ainsi, le trauma n’implique pas nécessairement une expérience directe, de première main. Il peut être un fruit de pure imagination : ce principe expliquerait pourquoi les individus qui lisent des livres ou regardent des films passionnants ou effrayants peuvent être temporairement traumatisée36 . Ron Eyerman analyse le trauma de l’esclavage, non pas comme une institution ou même une expérience, mais en tant que mémoire collective, une forme de souvenir fondateur : « Le traumatisme de la servitude forcée et de la subordination presque complète à la volonté et aux caprices d’un autre n’était donc pas nécessairement quelque chose directement vécu par un grand nombre des sujets de cette étude, mais il est a été au centre de leurs tentatives pour forger une identité collective à partir de leur mémoire. En ce sens, l’esclavage a été traumatisant de façon rétrospective, et il a formé une “scène primitive” qui pourrait, potentiellement, unir tous les “Afro-américains” des États-Unis, indépendamment du fait qu’ils auraient été eux-mêmes esclaves37  ». Bernhard Giese reprend la définition de « traumatisme de la honte » telle qu’elle a été exposée par Aleida Assmann et l’applique au contexte allemand : alors que les victimes souffrent de leurs souvenirs, qui leur imposent sans cesse la vision d’expériences extrêmement douloureuses, les coupables, eux, souffrent d’être contraints de se souvenir38 .

   Pour sa part, Piotr Sztompka élargit davantage le concept de trauma, car il identifie quatre sources de traumatisme : l’intensification des contacts interculturels, provoqués par le colonialisme, le prosélytisme religieux, la globalisation ; l’accroissement de la mobilité spatiale ; le changement des institutions fondamentales du point de vue économique, politique, ou technologique (urbanisation, industrialisation, démocratisation, avènement de nouvelles technologies) ; les transformations de croyances ou d’idéologies, y compris la révision de certain mythes nationaux (tels que la découverte du massacre des natives de la part des Américains ou des horreurs commises par l’Union Soviétique, mais aussi la révision critique de l’interprétation de la Révolution française proposée par François Furet !)39 .

  Plus généralement, une brève recherche dans la base de données Jstor montre la progressive affirmation du terme trauma40 .

Récurrence du terme trauma (dans le texte intégral)
Récurrence du terme trauma (discipline: Histoire)
Récurrence du terme trauma (discipline: Sociologie)
Récurrence du terme trauma (discipline: Anthropologie)

   Dans les articles dépouillés, les événements définis comme traumatiques sont très variés : des persécutions (la Shoah, le génocide arménien, le conflit dans l’ex-Yougoslavie, etc.) ; la Réforme protestante ; les révolutions ; la traite des esclaves ; la colonisation ; des guerres (celle de Sécession, la Première Guerre mondiale, la guerre gréco-turque de 1919-1922, la Seconde Guerre mondiale, etc.) ; l’explosion nucléaire à Hiroshima et Nagasaki ; des crises économiques (la Grande Dépression) ; des catastrophes naturelles ; l’apartheid ; des phénomènes historiques généraux (la modernisation, la globalisation, etc.) et aussi la défaite du nazisme… La diffusion du terme peut impliquer trois glissements sémantiques fondamentaux : le responsable, le complice ou le « spectateur » de la violence a, lui aussi, le droit d’être considéré comme un sujet traumatisé ; le trauma n’est pas nécessairement ancré dans l’expérience vécue ; loin d’être déclenché par l’effroi, il est déterminé par une humiliation collective41 .

   Sans doute, la diffusion de la notion de trauma indique qu’on est devenu plus sensible à la manière dont les événements historiques affectent la vie des hommes et des femmes, en perturbant gravement parfois leurs capacités de pensée et de symbolisation42 . Toutefois, la facilité avec laquelle aujourd’hui on utilise la notion de trauma est préoccupante. À relever rapidement les occurrences récentes en sciences sociales, on a l’impression que le nombre d’événements traumatiques ne cesse d’augmenter et qu’on emploie les termes de trauma, deuil, refoulement, résilience, comme s’ils étaient porteurs de leur propre explication. N’y-a-t-il pas un élargissement imprécis du terme, le risque d’une banalisation ou bien encore d’une esthétisation de la réalité du trauma ? La question mérite d’être examinée attentivement, d’autant que cette pathologisation de l’histoire semble susciter une couverture médiatique considérable. On se trouve ainsi pris entre deux idées stéréotypées : le trauma en tant que vérité incompréhensible et irreprésentable, d’une part, et, de l’autre, le trauma comme expérience immédiatement reconnaissable, mémorable et nommable43 . Ces manières de concevoir le trauma soulèvent plusieurs questions. J’aimerais en indiquer trois.

Le trauma historique

Andrea Jacchia - Retour à Ithaque

Andrea Jacchia, Retour à Ithaques

Tout d’abord, y-a-t-il des éléments spécifiques qui sont propres au trauma historique ? Celui-ci partage avec la catastrophe naturelle une série d’aspects : l’effondrement brutal du monde ordinaire, un sentiment généralisé d’insécurité, l’imminence de la mort, la perte des ancrages familiers, la désorientation spatiale et temporelle. Toutefois, il existe peut-être entre eux une différence importante : le trauma historique annihile l’interdit du meurtre44 . Il dégrade la condition humaine, montrant la force des nos tendances destructrices. La volonté de destruction intentionnelle et méthodique dévoile l’impuissance de la culture et entame l’image idéale de l’humanité45 . La dégradation se manifeste sous trois échelles différentes : l’humanité, la communauté et l’individualité.

    Dès 1937, Ernst Simmel, l’un des fondateurs du Berliner Psychoanalytisches Institut, remarquait qu’outre à faire l’expérience d’une situation de danger extrême au cours de la Première Guerre mondiale, le soldat avait assisté (voire participé ?) au franchissement des barrières morales :

« je fus frappé par la force des tendances destructrices des êtres humains qui n’avait pas seulement causé la terrible dévastation du continent européen, mais aussi une dévastation incalculable de l’âme de l’être humain. La structure libidinale de la psyché était, pour ainsi dire, brisée par la tempête de destruction qui avait renversé les barrières de la conscience, du fait des changements dans les conduites morales du temps de guerre. […] Après la guerre, je ne pus me débarrasser de l’impression de la force intérieure terrifiante qui contraint les êtres humains à s’autodétruire ou à s’entre-détruire46 . »

    Pour sa part, Primo Levi témoigne comment le premier contact avec la réalité concentrationnaire fait éclater tous les liens de communauté et de solidarité – même dans le micro-groupe de référence. C’est la trahison de la part des siens :

« Mes camarades n’étaient pas des politiques, c’était la lie de la terre, c’étaient des malheureux qui avaient derrière eux cinq années de persécutions continuelles. […] C’était ce matériel humain que j’avais autour de moi. Entre ces malheureux il n’y avait pas de solidarité, il n’y en avait pas ; et ce manque était le premier traumatisme, et le plus fort. Naïvement, moi et ceux qui avaient voyagé avec moi, nous avions pensé : “si mal que ça aille, nous trouverons des camarades”. Cela se révéla faux. Nous trouvions des ennemis, pas des camarades47 . »

C’est aussi pour cette raison qu’ensuite, le rescapé se sent livré à la solitude. Récemment, Dori Laub et Nanette C. Auerhahn ont écrit que la difficulté de communication ne concerne pas seulement le rapport du rescapé avec les autres, mais le rapport du rescapé avec soi-même :

« dans cette forme de mémoire traumatique, le centre de l’expérience n’est plus dans le “Je” qui fait une expérience. Les événements se produisent quelque part, mais ne sont plus liés au sujet conscient […] Cet état double qui consiste à savoir et ne pas savoir laisse le survivant dans le chagrin qu’il ressent, non seulement pour les personnes décédées qui lui sont chères mais aussi pour les souvenirs qu’il a perdus. L’absence de savoir empêche de réveiller le désespoir qui accompagnerait le souvenir, mais laisse le survivant seul et inconnu de lui-même48 . »

    Parfois l’agression de la vie et l’effondrement de la confiance dans les autres vont de pair avec la découverte de sa propre dimension hors morale. La réalité concentrationnaire se réverbère à l’intérieur de chacun. Ainsi, l’individu se comporte d’une façon que lui-même ne sait approuver. Primo Levi se souvient : « on était en été, pendant une période de bombardement, il faisait très chaud et j’avais trouvé de l’eau, une conduite. Il y en avait trois ou quatre litres, et je ne l’avais dit qu’à un ami, pas aux autres. Je me suis senti coupable de cela ; d’un autre côté, si je l’avais dit à tout le monde, il n’y aurait pas eu assez d’eau pour chacun49  ». Outre qu’elle subit la violence, la victime peut être contrainte de participer à la violence contre des autres.

La mémoire traumatique

Andrea Jacchia - Coup d'oeil

Andrea Jacchia, Coup d’œil

Deuxième question : quelle sorte de mémoire est portée par l’expérience du trauma ? À cet égard, je tiens à souligner un différend conceptuel important concernant l’idée de « mémoire traumatique ».

  Dans la tradition psychologique, le concept de trauma est en général lié à un dérangement de la mémoire. Charcot écrit que le « choc » traumatique provoque une dissociation de la conscience : de ce fait, le souvenir reste inconscient50 . Pour sa part, Pierre Janet souligne la désagrégation de la conscience qui semble caractériser les patients traumatisés ainsi que la présence d’idées fixes, vague souvenir de l’événement traumatisant51 . Cette idée a été ensuite élaborée par la psychanalyse, pour laquelle la scène traumatique est soumise à l’amnésie. Chez Freud, le concept de trauma connaît, au gré des avancées de sa réflexion, d’importants remaniements, en particulier en ce qui concerne sa dimension réelle ou bien fantasmatique52 . Néanmoins, il demeure toujours sensible à l’idée que l’expérience se dégage en fonction d’un impossible à dire, d’un impossible à supporter, d’un refoulé de départ ou originaire, sous effacement, et qui se charge d’un sens qui lui demeure en quelque sorte étranger. Dans cette perspective, il existe bien un événement qui déclenche le trauma, mais cet événement se déroule sur une temporalité très complexe.

   La notion de l’après-coup (Nachträglichkeit), formulée en 1896 dans une lettre à Wilhelm Fliess, indique que le trauma suit un processus de stratification temporelle, fondé sur deux temps :

« je vais essayer de t’exposer brièvement les derniers détails de mes spéculations. Tu sais que, dans mes travaux, je pars de l’hypothèse que notre mécanisme psychique s’est établi par un processus de stratification : les matériaux présents sous forme de traces mnésiques se trouvent de temps en temps remaniés suivant les circonstances nouvelles. Ce qu’il y a d’essentiellement neuf dans ma théorie, c’est l’idée que la mémoire est présente non pas une seule mais plusieurs fois et qu’elle se compose de diverse sortes de “signes”. […] Je tiens à faire remarquer que les enregistrements successifs représentent la production psychique d’époques successives de la vie. C’est à la limite de deux époques que doit s’effectuer la traduction des matériaux psychiques. […] C’est l’échec de traduction que nous appelons, en clinique, refoulement53 . »

L’événement primaire est ensuite rappelé par un autre événement d’apparence banal : à savoir que, dans un contexte historique et subjectif postérieur, l’individu remanie les événements passés en leur donnant une signification nouvelle. À travers la notion d’après-coup, Freud met en lumière qu’un moment second fait ressortir ce qui a été mais ne pouvait se dire54 .

   Autre auteur classique, même s’il est resté longtemps méconnu, Sandor Ferenczi souligne le poids des événements extérieurs dans les névroses traumatiques. Il écrit : « ce sont toujours de réels bouleversements et conflits avec le monde extérieur, qui sont traumatiques et ont un effet de choc, qui donnent la première impulsion à la création de directions anormales de développement ; ceux-ci précèdent toujours la formation des puissances psychiques névrogènes, par exemple aussi celles de la conscience morale55  ». Le trauma (en particulier celui précoce) perturbe gravement la capacité de pensée et de symbolisation. Par voie de conséquence, sa scène demeure inaccessible : l’individu traumatisé peut la concevoir intellectuellement, mais en même temps il doute de son existence. L’événement traumatique est donc accompagné d’une amnésie relative. Tout en reconnaissant le lien étroit existant entre le choc psychique et la réalité externe, Ferenczi pense que le traumatisme est biphasé. Il se structure en deux étapes : l’événement traumatique à proprement parler et le désaveu, le silence des autres, qui, parfois pour des raisons bienveillantes, évitent de nommer le caractère traumatique de l’événement. Une autre suggestion importante, concernant la stratification temporelle, vient de Masud Khan, qui remarque que le trauma peut aussi faire partie de l’ordinaire. Dans ce cas, les dégâts désorganisateurs dérivent d’une accumulation à long terme de micro-traumatismes cumulatifs, qui opèrent sur la longue durée56 . Ceux-ci, résultant d’une exposition itérative et toxique à des événements négatifs, due à l’absence d’un environnement capable de construire une confiance de base, peuvent être « invisibles ».

   Dans les dernières décennies, la littérature nous a livré des récits ponctuels du dérangement de la mémoire provoqué par des traumas historiques. Soient deux exemples célèbres. George Perec commence W ou le souvenir d’enfance, livre qui allie la fiction à l’autobiographie, par une déclaration célèbre :

« Je n’ai pas de souvenir d’enfance. Jusqu’à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j’ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six, j’ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m’adoptèrent. Cette absence d’histoire m’a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparente, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeait-elle, sinon précisément de mon histoire, de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n’était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente ? “Je n’ai pas de souvenirs d’enfance : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L’on n’avait pas à m’interroger sur cette question. Elle n’était pas inscrite à mon programme. J’en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l’Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps57 . »

Pour sa part, Winfried Georg Sebald a raconté la longue « amnésie » de Jacques Austerlitz, qui, dans son enfance, avait fait partie des convois du kindertransport, ces trains de la dernière heure emmenant les enfants juifs en Angleterre, les sauvant in extremis des abattoirs nazis :

 « J’éprouvais déjà sous mon front cette stupeur horrible qui annonce la dégradation de la personnalité, je pressentais qu’en réalité je ne possédais ni mémoire ni capacité de réflexion ni existence propre, que tout ce que j’avais vécu n’avait jamais fait que m’anéantir et me détourner du monde et de moi-même58 . »

   La diffusion pré- (ou post-) psychanalytique de la notion du trauma n’est-elle pas en train de négliger les trous de la mémoire traumatique ? Et de simplifier de manière excessive le processus de stratification temporelle propre au trauma, tel qu’il a été mis en lumière, sous des angles différents, par Freud, Sandor Ferenczi, ou Masud Kahn ? Le risque est de nous contenter d’une vision trop évidente et « factuelle » du trauma (l’événement devient l’agent étiologique nécessaire et suffisant), de perdre son épaisseur, faite de stratifications et de résurgences.

Dire le trauma

Andrea Jacchia - Incendie

Andrea Jacchia, Incendie

Le troisième ensemble de questions concerne la parole traumatique. Comment dire une vérité qui n’a pas pu venir au jour du fait du trauma ? Comment prendre la parole si le traumatisme impacte le récit et détermine la perte de confiance dans les autres ? Robert Antelme le raconte dès le début de son témoignage sur l’expérience concentrationnaire :

   « Il y a deux ans, durant les premiers jours qui ont suivi notre retour, nous avons été, tous je pense, en proie à un véritable délire. Nous voulions parler, être entendus enfin. On nous dit que notre apparence physique était assez éloquente à elle seule. Mais nous revenions juste, nous ramenions avec nous notre mémoire, notre expérience toute vivante et nous éprouvions un désir frénétique de la dire telle quelle. Et dès les premiers jours cependant, il nous paraissait impossible de combler la distance que nous découvrions entre le langage dont nous disposions et cette expérience que, pour la plupart, nous étions encore en train de poursuivre dans notre corps59 . »

   Ces questions deviennent plus complexes encore lorsqu’on est confronté à des témoignages publics. Il ne s’agit pas de dire que les événements traumatiques sont indicibles, mais que le rapport entre trauma et parole est loin d’être évident. Dans les dernières années, de nombreuses institutions politiques et médiatiques ont partagé l’idée selon laquelle la prise de parole pouvait contribuer à l’élaboration du trauma60 . Le mot d’ordre est ici : déverrouiller la parole. L’expression publique est conçue, comme le montreraient les cas de l’Afrique du Sud et du Rwanda, comme une expérience cathartique indispensable pour dépasser la tragédie et encourager la réconciliation.

   Sans doute, comme le remarque Maren Ulriksen-Vignar, le travail de mentalisation après le trauma est lié à la capacité ambiante d’accueillir les témoignages : « l’élaboration psychique individuelle est possible, quand la reconnaissance et l’inscription de l’horreur se font collectivement61  ».  Face à la difficulté de croire en l’incroyable réalité des camps, de la disparition, de la torture, la victime a besoin de trouver non seulement un interlocuteur qui accepte d’écouter et d’entendre, mais aussi un témoin de son propre trauma. Dans cette perspective, des espaces collectifs, où le trauma est reconnu par les « autres » et nommé en lien avec la grande histoire, peuvent aider la sortie de l’enfermement traumatique62 . Toutefois, la prise de parole (surtout de la parole publique) n’est pas un acte innocent. Ne risque-t-elle pas de simuler une stratégie de l’oubli et le désir d’un retour précoce à la normalité, d’encourager la dénégation ? Si, par exemple, le fait de se concentrer sur les victimes constituait une défense contre des éléments d’identification avec les bourreaux ? Par ailleurs, la prise de parole peut être une source de re-traumatisation ou de re-victimisation63 . Comme le note Rachel Rosenblum, on peut succomber au fait de dire la catastrophe : « on peut mourir de ce que certaines choses n’aient jamais été dites. Mais on peut aussi bien mourir de ce qu’elles aient été dites, de ce qu’elles aient été “mal” dites, ou “mal” écoutées, ou “mal” reçues64  ». De ce point de vue, le récit, susceptible de régénérer la reviviscence de l’expérience traumatique exige des conditions particulières, qui sont rarement respectées par les médias.

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1

Mark S. Micale et Paul Lerner soulignent le lien entre le changement de signification du concept et l’avènement de la modernité (« Trauma, Psychiatry, and History: a conceptual and historiographical introduction », in M. S. Micale, P. Lerner (dir.), Traumatic Pasts. History, Psychiatry, and Trauma in the Modern Age, 1870-1930, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 1-27). Voir également : Michael S. Roth, Memory, Trauma, and History. Essays on Living with the Past, New York, Columbia University Press, 2011.

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2

Mark S. Micale, « Jean-Martin Charcot and les névroses traumatiques : From Medicine to Culture in French Trauma Theory of the Late Nineteenth Century », in Mark S. Micale, Paul Lerner (dir.), Traumatic Pasts: History, Psychiatry, and Trauma in the Modern Age, 1870-1930, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 115-139.

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3

Ruth Leys, Trauma: a Genealogy, Chicago, Chicago University Press, 2000, chapitre III.

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4

Dans sa reconstruction des diverses conceptions du trauma chez Freud, Sylvie Dreyfus distingue au moins trois types de trauma : le trauma d’origine sexuelle, lié à la castration, qui a une dimension élaborative (1895) ; le trauma événementiel, conceptualisé à partir de la fin des années 1910 ; et le trauma collectif, élaboré à la fin de son œuvre. Voir : S. Dreyfus, « Freud, le trauma : culpabilité et détresse », in F. Brette, M. Emmanuelli, G. Pragier (dir.), Le Traumatisme psychique. Organisation et désorganisation, Paris, PUF, 2005, p. 11-26.

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5

Paul Lerner, « From Traumatic Neurosis to Male Hysteria: The Decline and Fall of Hermann Oppenheim, 1889-1919 », in M. S. Micale, P. Lerner (dir.), Traumatic Pasts: History, Psychiatry, and Trauma in the Modern Age, 1870-1930, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 140-171. Sur les traumas psychiques provoqués par les accidents ferroviaires, voir les contributions de Ralph Harrington (« The Railway Accident: Trains, Trauma and Technological Crisis in Nineteenth Century Britain », p. 31-56) et Eric Caplan (« Trains and Trauma in the American Gilded Age », p. 57-77) dans le meme volume. En Allemagne, mais aussi en France, un ensemble de mesures confère une reconnaissance légale à la névrose traumatique.

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6

George Mosse, « Shell Shock as a Social Disease », Journal of Contemporary History, vol. 35, no 1, 2000, p. 101-108.

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7

Olivier Douville, « Des psychanalystes sous la Première Guerre mondiale : de la névrose traumatique à la folie traumatique », Bulletin de psychologie, 2014, no 531, p. 237-251. Voir également : Jean-Max Gaudillière, « De la mémoire, du trauma, du transfert, à partir de l’itinéraire de W.R. Bion », Journal français de psychiatrie, no 36, 2010, p. 13-16.

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8

Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir [1920], in Œuvres complètes, t. XV, 1916-1920, Paris, PUF, 1991, p. 273-338. Cependant, comme le montrent Didier Fassin et Richard Rechtman, les propos de ces premiers psychanalystes n’ont pas été entendus et la psychiatrie, qui est longtemps demeurée soupçonneuse, a continué à « démasquer » les simulateurs (D. Fassin, R. Rechtman, L’Empire du traumatisme. Enquête sur la condition de victime, Paris, Flammarion, 2007).

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9

Ruth Leys, Trauma: a Genealogy Chicago, Chicago University Press, 2000, chapitre VI. Il est significatif que le documentaire Que la lumière soit (Let There Be Light ), réalisé par John Huston, portant sur la thérapie de certains soldats traumatisés par la guerre, n’est pas distribué jusqu’en 1981.

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10

Bruno Bettelheim, Survivre, Paris, Robert Laffont, 1979, p. 24.

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11

Bruno Bettelheim, Survivre, Paris, Robert Laffont, 1979, p. 39-40. Voir également : Ernest A. Rappaport, « Beyond Traumatic Neurosis: a psychoanalytic study of late reactions to concentration camp trauma », International Journal of Psychoanalysis,vol. 49, 1968, p. 719-731.

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12

Voir, entre autres, la recherche sur l’individu potentiellement fasciste de Theodor W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson, Nevitt Sanford (Études sur la personnalité autoritaire [1950], Paris, Allia, 2007) ; ou celle sur l’other-directed man de David Riesman (La Foule solitaire [1950], Paris, Arthaud, 1964).

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13

Alexander Mitscherlich, Margarete Mitscherlich, Le Deuil impossible. Le fondement du comportement collectif [1967], Paris, Payot, 1972, p. 37. Voir également Lothar Baier, Un Allemand né de la dernière guerre. Essai à l’usage des Français, Paris, Éditions Complexe, 1985.

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14

Helen Epstein, Le Traumatisme en héritage. Conversations avec des fils et des filles de survivants de la Shoah [1979], Paris, Gallimard Folio, 2012. Voir aussi : Claudine Vegh, Je ne lui ai pas dit au revoir. Des enfants de déportés parlent, Paris, Gallimard, 1979 ; Nathalie Zajde, Enfants de survivants, Paris, Odile Jacob, 1995.

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15

Marianne Hirsch, « Family Pictures: Maus, Mourning, and Post-Memory », Discourse, vol. 15, no 2, 1992, p. 3-29.

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16

Janine Altounian, « Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie ». Un génocide aux déserts de l’inconscient, Paris, Les Belles Lettres, 1990 ; Janine Altounian, La Survivance. Traduire le trauma collectif, Paris, Dunod, 2000 ; Abraham Altounian, Janine Altounian (dir), Mémoires du génocide arménien. Héritage traumatique et travail analytique, Paris, PUF, 2009.

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17

Voir également : François Villa, Eva Weil, « Lettre à Nathalie… l’absente », in G. Lévy (dir.), L’Esprit d’insoumission. Réflexions autour de la pensée de Nathalie Zaltzman, Paris, Campagne Première, 2011, p. 53-74.

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18

Alice Cherki, « Ni honte ni gloire », in P. Chemla (dir.), Actualités du trauma, Paris, Erès, 2002, p. 103-112 ; dossier « L’expérience traumatique », NAQD, Revue d’études et de critique sociale, 2003, no 18.

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19

Françoise Davoine, Jean-Max Gaudillière, Histoire et trauma. La folie des guerres [2004], Paris, Stock, 2006 ; Françoise Davoine, Don Quichotte pour combattre la mélancolie, Paris, Stock, 2008.

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20

Marcelo N. Vignar, « Violence sociale et réalité dans l’analyse », in J. Puget et al., Violence d’État et Psychanalyse, Paris, Dunod, 1989, p. 46.

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21

Le trouble de stress post-traumatique a été inscrit dans le DSM III (Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorder), avec le diagnostic : « reexperiencing symptoms ». Voir : Allan Young, The Harmony of Illusions: Inventing Post-traumatic Stress Disorder, Princeton, Princeton University Press, 1995.

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22

Didier Fassin et Richard Rechtman montrent également la convergence sur ce point entre les vétérans de guerre et les mouvements féministes, soucieux de la reconnaissance des traumas liés aux abus sexuels (L’Empire du traumatisme Enquête sur la condition de victime, Paris, Flammarion, 2007, p. 120).

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23

Comme le rappellent Didier Fassin et Richard Rechtman, à cette occasion, le psychiatre américain Robert Lifton revient sur le cas de l’unique soldat ayant refusé de participer au massacre de My Lai, pour dire que, même si sa réaction peut paraître plus juste, elle n’avait pas été « normale ». Pour sa part, Jonathan Shay voit dans le PTSD une réaction adaptative et non une pathologie (J. Shay, Achilles in Vietnam. Combat, Trauma and the Undoing of Character, New York, A Touchstone Book, Simon & Schuster, 1994).

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24

Didier Fassin, Richard Rechtman, L’Empire du traumatisme. Enquête sur la condition de victime, Paris, Flammarion, 2007, p. 18.

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25

Shoshana Felman, The Juridical Unconscious: Trials and Traumas in the Twentieth Century, Cambridge, Harvard University Press, 2002, p. 171.

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26

Par exemple: Ernst van Alphen, Caught by History. Holocaust Effects in Contemporary Art, Literature, and Theory, Stanford, Stanford University Press, 1997 ; Jill Bennett, Empathic Vision: Art, Politics, Trauma, Stanford, Stanford University Press, 2005 ; E. Ann Kaplan, Bang Wang (dir.), Trauma and Cinema: Cross-Cultural Explorations, Hong Kong, Hong Kong University Press, 2004 ; Daniele Giglioli, Senza trauma. Scrittura dell’estremo e narrativa del nuovo millennio, Turin, Einaudi, 2011 ; Kelsey Bankert, The Architecture of Trauma: Daniel Libeskind in New York City and Berlin, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2013.

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27

Dori Laub, « Bearing Witness, or the Vicissitudes of Listening », in S. Felman, D. Laub (dir.), Testimony: Crises of Witnessing in Literature, Psychoanalysis, and History, New York, Routledge, 1992, p. 69.

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28

Geoffrey Hartmann, « On Traumatic Knowledge and Literary Studies », New Literary History, vol. 26, no 3, 1995, p. 537-563.

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29

Cathy Caruth, « Introduction », in C. Caruth (dir.), Trauma: Explorations in Memory, Narrative and History, Baltimore-London, The Johns Hopkins University Press, 1995, p. 11.

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30

Cathy Caruth, Unclaimed Experience: Trauma, Narrative and History, Baltimore-London, The Johns Hopkins University Press, 1996, p. 18.

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31

Cathy Caruth, Unclaimed Experience: Trauma, Narrative and History, Baltimore-London, The Johns Hopkins University Press, 1996, p. 11.

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32

Dominick LaCapra critique aussi la confusion entre traumatisme structurel ou trans-historique et trauma historique (D. LaCapra, Writing History, Writing Trauma, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 2001, p. X). Voir aussi: Wulf Kansteiner, Harald Weilnböck, « Against the Concept of Cultural Trauma. Or How I Learned to Love the Suffering of Others without the Help of Psychotherapy », in A. Erll, A. Nünning (dir.) Cultural Memory Studies. An International and Interdisciplinary Handbook, Berlin, De Gruyter, 2008, p. 229-240.

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33

Kai Erikson, Everything in its Path: Destruction of Buffalo Creek, New York, Simon & Schuster, 1976, p. 153-154.

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34

Jeffrey C. Alexander, « Toward a Theory of Cultural Trauma », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 1-30.

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35

Neil Smelser, « Psychological Trauma and Cultural Trauma », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 44.

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36

Neil Smelser, « Psychological Trauma and Cultural Trauma », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 40.

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37

Ron Eyerman, « Cultural Trauma. Slavery and the Formation of African American Identity », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 60.

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38

Bernhard Giesen, « The Trauma of Perpetrators. The Holocaust as Traumatic reference of German National Identity », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 112-154. Pour Aleida Assmann, le traumatisme demeure dans la présentation de la honte aux yeux de l’opinion publique mondiale, comme Thomas Mann le déclare, dans un passage du Docteur Faustus, « Notre ignominie s’étale ouvertement aux yeux du monde » (A. Assman, « La thèse de la culpabilité collective. Un traumatisme allemand ? », Le Débat, no 124, 2003, p. 171-188). Le concept de traumatisme de la honte est revenu dans la discussion sur le silence de Günter Grass à propos de son engagement en octobre 1944 dans la Waffen-SS (voir : Thomas Serrier, « Günter Grass et la Waffen-SS. La mémoire maudite d’un prix Nobel allemand », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, no 94, 2007, p. 87-100).

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39

Piotr Sztompka, « The Trauma of Social Change: A Case of Postcommunist Societies », in J. C. Alexander, R. Eyerman, B. Giesen, N. J. Smelser, P. Sztompka, Cultural Trauma and Collective Identity, Berkeley, University of California Press, 2004, p. 155-195.

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40

Bien sûr, les tableaux n’ont qu’une valeur suggestive, car le nombre de revues scientifiques a augmenté très fortement depuis les années 1980.

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41

Par exemple : Arthur Neal, National Trauma and Collective Memory: Major Events in the American Century, Armonk, New York, M.E. Sharpe, 1998 ; Wolfgang Schivelbusch, The Culture of Defeat: The American South 1865, France 1871, Germany 1918, Berlin, Fest, 2001.

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42

Jay Winter, « The Generation of Memory: Reflections on the “Memory Boom” in Contemporary Historical Studies », Canadian Military History, vol. 10, no 3, 2001.

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43

D’où la diffusion des techniques de « déchoquage », « debriefing » ou « defusing », visant à mettre « les maux en mots », de manière à « obtenir très rapidement l’abréaction chez les sujets qui ont subi un trauma et une sorte de guérison concernant l’événement » (voir les propos d’Alain Vanier cité dans : Catherine Saladin, « Témoigner aujourd’hui », Figures de la psychanalyse, no 8, 2003, p. 15-29).

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44

Nathalie Zaltzman (dir.), La Résistance de l’humain, Paris, PUF, 1999.

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45

Déjà en 1915, Freud parle de la Première Guerre mondiale comme d’une source de déception : « jamais un événement n’a détruit autant de patrimoine précieux, commun à l’humanité, […] n’a aussi profondément abaissé ce qui était élevé » (Actuelles sur la guerre et la mort [1915], Œuvres complètes, t. XIII, 1914-1915, Paris, PUF, 1988).

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46

Ernst Simmel, « L’hôpital psychanalytique et le mouvement psychanalytique » [1937], in J. Poulain-Colombier, P. Christophe, Le Patient de la Psychanalyse, Le mouvement psychanalytique, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 58.

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47

Ferdinando Camon, Conversations avec Primo Levi, Paris, Gallimard, 1991, p. 27. Sur la réduction du sujet singulier à élément isolé et anonyme, voir : René Kaës, « Ruptures catastrophiques et travail de la mémoire » in J. Paget et al., Violence d’État et Psychanalyse, Paris, Dunod, 1989, p. 185-188.

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48

Dori Laub, Nanette C. Auerhahn, « Knowing and not Knowing Massive Psychic Trauma: Forms of Traumatic Memory », International Journal of Psycho-Analysis, no 74, 1993, p. 287-302.

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49

Primo Levi, « Les mots, le souvenir, l’espoir. Entretien avec Marco Vigevani », in Marco Belpoliti (dir.),Conversations et entretiens, 1963-1987, Paris, Bibliothèques 10-18, 2000, p. 216. Voir également : Simon Korff-Sausse, « La mémoire en partage », Revue française de psychanalyse, no 64, 2000, p. 97-111.

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50

Jean-Martin Charcot, Leçons sur les maladies du système nerveux. Paris, A. Delahaye, 1872-1883 (3 volumes).

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51

Pierre Janet, L’Automatisme psychologique, Paris, Alcan, 1889.

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52

Dans une lettre célèbre à Wilhelm Fliess, le 21 septembre 1897, Freud accorde un pouvoir traumatogène au fantasme. Cette perspective, qui ouvre la possibilité qu’il n’y ait pas de correspondance directe entre la réalité historique et le souvenir, est remise en discussion à la suite de la Première Guerre mondiale. Dans Au-delà du principe de plaisir, analysant les cauchemars des soldats, Freud explique que la névrose traumatique se développe lorsqu’un événement violent et soudain cause l’effroi (le signal d’angoisse ne permet plus au Moi de se protéger de l’effraction). Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904, Paris, PUF, 2006.

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53

Sigmund Freud, Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904, Paris, PUF, 2006, Lettre dite 52 désormais 112.

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54

Comme il l’écrit à propos du cas d’Emma (L’Esquisse, Naissance de la psychanalyse, chapitre « Psychopathologie de l’hystérie »), l’événement primaire est une condition du trauma, mais il développe son potentiel traumatique seulement à la suite d’autres événements successifs.

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55

Sandor Ferenczi, « Principe de relaxation et néocatharsis » [1930], in S. Ferenczi, Psychanalyse. Œuvres complètes, 1927-1933, Payot, t. IV, p. 93. Sur le différend entre Sigmund Freud et Sandor Ferenczi : Thierry Bokanowski, « Traumatisme, traumatique, trauma. Le confit Freud/Ferenczi », Conférence Société psychanalytique de Paris, 2001 (en ligne : http://www.spp.asso.fr/main/conferencesenligne/Items/14.html).

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56

Masud Khan, Le Soi caché [1974], Paris, Gallimard, 1976, p. 69-99.

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57

Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance, Paris, Éditions Denoël, 1975, p. 13.

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58

Winfried Georg Sebald, Austerlitz [trad. fr. Patrick Charbonneau], Austerlitz, Arles, Actes Sud, 2002, p. 149.

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59

Robert Antelme, L’Espèce humaine [1947], Paris, Gallimard, 1996, p. 9.

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60

Par ailleurs, dans certains cas, la prise de parole fait partie des procédures de contrôle du droit d’asile : Élise Pestre montre que les administrations compétentes étudient minutieusement les récit des réfugiés afin de déterminer la véracité du traumatisme (E. Pestre, La Vie psychique des réfugiés, Paris, Payot et Rivages, 2010). Je remercie Marianne Amar pour cette référence.

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61

Maren Ulriksen-Vignar, « La transmission de l’horreur », in in J. Puget et al., Violence d’État et Psychanalyse, Paris, Dunod, 1989, p. 130.

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62

À cet égard, Dori Laub croit que si la société avait donné aux rescapés la possibilité de partager leur histoire de persécution, un grand nombre d’hospitalisations psychiatriques auraient pu être évitées.

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63

Sur les approches idolâtrique et fétichiste de la Shoah, voir les remarques de Eric L. Santer (« History beyond the Pleasure Principle », in S. Friedländer (dir.) Probing the Limits of Representation: Nazism and the “Final Solution”, Cambridge, Harvard University Press, 1992, p. 143-154).

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64

Rachel Rosenblum, « Peut-on mourir de dire ? Sarah Kofman, Primo Levi », Revue française de psychanalyse, no 64, 2000, p. 113-140.

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