Race et histoire dans les sociétés occidentales
  • Entretien avec Jean-Frédéric Schaub & Silvia Sebastiani — historiens — EHESS
La race est une catégorie qui n’existe ni pour les sciences du vivant, ni, en tant que telle, pour les sciences sociales. Elle est une catégorie imaginaire réglée par des rapports de pouvoir qui changent au fil du temps. Cette catégorie imaginaire est cependant très puissante et produit des effets. Elle a structuré les relations sociales pendant plusieurs siècles et engendré de vastes systèmes économiques. Elle postule que les relations entre les individus et les groupes humains ne sont pas seulement sociales, mais aussi et surtout naturelles. De la fin du Moyen Âge à l’ère des révolutions, l’histoire et de l’Europe est marquée par plusieurs étapes dans cette fabrication de la catégorie de la race comme principe de classement des êtres humains. Race et Histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècles) fait l’histoire des grandes étapes de la transformation de la domination sociale en détermination naturelle.  Habité de tensions profondes, l’âge des Lumières y apparaît comme celui de l’ambivalence suprême : il crée de nouvelles hiérarchies entre les humains tout en leur conférant des droits universels.
Résumé
La race est une catégorie qui n’existe ni pour les sciences du vivant, ni, en tant que telle, pour les sciences sociales. Elle est une catégorie imaginaire réglée par des rapports de pouvoir qui changent au fil du temps. Cette catégorie imaginaire est cependant très puissante et produit des effets. Elle a structuré les relations sociales pendant plusieurs siècles et engendré de vastes systèmes économiques. Elle postule que les relations entre les individus et les groupes humains ne sont pas seulement sociales, mais aussi et surtout naturelles. De la fin du Moyen Âge à l’ère des révolutions, l’histoire et de l’Europe est marquée par plusieurs étapes dans cette fabrication de la catégorie de la race comme principe de classement des êtres humains. Race et Histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècles) fait l’histoire des grandes étapes de la transformation de la domination sociale en détermination naturelle.  Habité de tensions profondes, l’âge des Lumières y apparaît comme celui de l’ambivalence suprême : il crée de nouvelles hiérarchies entre les humains tout en leur conférant des droits universels.

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Crédit de l’image d’ouverture : « Pintura de casta » représentant des métis en Nouvelle-Espagne, fin XVIIIe ou début XIXe siècles. Auteur inconnu. Domaine public.
Entretien publié le 15-12-2021
Dernière modification le 15-12-2021
Langue originale : French
  • Bibliographie de Jean-Frédéric Schaub & Silvia Sebastiani
  • Bibliographie thématique

Jean-Frédéric Schaub

 

Pour une histoire politique de la race, Paris, Le Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2015.

 

Oroonoko prince et esclave. Roman de l’incertitude coloniale, Paris, Le Seuil, La librairie du XXIe siècle, 2008.

 

Les Juifs du roi d’Espagne, Paris, Hachette Littérature, 1999.

Silvia Sebastiani

 

– avec Wulf D. Hund et Charles W. Mills, Simianization. Apes, Gender, Class, and Race, Zurich, Lit Verlag, 2015.

 

– The Scottish Enlightenment. Race, Progress, and the Limits of Progress, Basingstoke, Palgrave MacMillan, 2013.

Jean-Frédéric Schaub et Silvia Sebastiani, Race et histoire dans les sociétés occidentales (XVe-XVIIIe siècles), Paris, Albin Michel, Bibliothèque Histoire, 2021.