L'héritage des Lumières
Entretien avec Daniel Roche — Professeur — Collège de France
Philippe Minard — Directeur d'études — EHESS (CRH)
Pourquoi les Lumières ont-elles été décriées au XXe siècle ? Quelles sont les valeurs dont la société française a hérité ? Ce n’est pas une histoire des idées a-contextuelle que propose ici Daniel Roche mais plutôt une redécouverte des débats et des sociabilités qui ont structuré le XVIIIe siècle. Issu d’un milieu qu’il qualifie lui-même de « bourgeois », « catholique » et « réactionnaire », l’historien revient aussi sur son propre parcours syndical et militant, livrant son expérience personnelle et ses recherches comme une manière d’interroger l’actualité de l’engagement civique et politique.
Résumé
Entretien avec Daniel Roche.
Entretien publié le 12-04-2017
Dernière modification le 06-07-2017
Langue originale : French Lire la version English
  • Biographie
  • Bibliographie de Daniel Roche
  • Bibliographie de l'entretien

Historien, professeur au collège de France depuis 1998, Daniel Roche est un spécialiste de l'histoire culturelle et sociale de la France de l'Ancien régime.

 

Élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, il réalise son mémoire de maîtrise sur les catégories socioprofessionnelles à Paris au milieu du XVIIIe siècle, sous la direction d’Ernest Labrousse. Agrégé d’histoire, il enseigne de 1960 à 1962 à Châlons-sur-Marne, où il se découvre une passion pour les académies provinciales. Caïman de l’ENS de 1962 à 1965, et chargé de recherche au CNRS, il décide de leur consacrer sa thèse, qu’il réalise sous la direction d’Alphonse Dupront.

 

Successivement professeur à l’Université de Paris 7 (1973 à 1977) puis à Paris 1 (1978-1989), il enseigne également à l’Institut européen de Florence (1985-1989). En 1989, il devient directeur d'études à l’EHESS, avant d'être nommé, en 1998, professeur au Collège de France.

 

Ayant succédé à Maurice Agulhon comme titulaire de la Chaire d'histoire de la France des Lumières, il est désormais professeur honoraire.

 

Il a également dirigé l’Institut d’histoire moderne et contemporaine de 1990 à 2000, et co-dirigé avec Pierre Milza la Revue d’histoire moderne et contemporaine.

La Culture équestre de l'Occident, Paris, Fayard, 2011-2015 (3 vol.).

(avec Daniel Reytier), À cheval. Écuyers, amazones et cavaliers, Paris, Association pour l'Académie d'art équestre de Versailles, 2007.

Humeurs vagabondes. De la circulation des hommes et de l'utilité des voyages, Paris, Fayard, 2003.

(avec Daniel Reytier), Le Cheval et la guerre, du  XVe au XXe siècle, Paris, Association pour l'Académie d'art équestre de Versailles, 2002.

(avec Pierre Goubert), Les Français et l'Ancien Régime, Paris, Armand Colin, 2000-2001 (2. vol).

(avec Daniel Reytier), Voitures, chevaux et attelages du XVIe au XIXe siècle, Paris, Association pour l'Académie d'art équestre de Versailles, 2000.

La Ville promise. Mobilité et accueil à Paris, fin XVIIe-début XIXe siècles, Paris, Fayard, 2000.

(avec Vincenzo Ferrone), Le Monde des Lumières, Paris, Fayard, 1999.

(avec Daniel Reytier), Les Écuries royales : du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Association pour l'Académie d'art équestre de Versailles, 1998.

Histoire des choses banales. Naissance de la consommation, XVIIe-XIXe siècles, Paris, Fayard, 1997.

(avec Franco Angiolini), Cultures et formations négociantes dans l'Europe moderne, Paris, Éditions de l'EHESS, 1995.

La France des Lumières, Paris, Fayard, 1993.

(avec Jean Delumeau), Histoire des pères et de la paternité, Paris, Larousse, 1990.

La Culture des apparences. Une histoire de vêtement, XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Fayard, 1989.

Les Républicains des lettres. Gens de culture et Lumières au XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 1988.

Jacques-Louis Ménétra, Journal de ma vie. Autobiographie d'un compagnon vitrier au XVIIe siècle, Paris, Montalba, 1982.

Le Peuple de Paris. Essai sur la culture populaire au XVIIIe siècle, Paris, Aubier-Montaigne, 1981.

Le Siècle des Lumières en province. Académies et académiciens provinciaux, 1680-1789, Paris, Mouton, 1978.

Pierre Bourdieu, La Noblesse d'État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989.

Pierre Bourdieu, Monique de Saint-Martin, « Les Utilisateurs de la bibliothèque universitaire de Lille », in P. Bourdieu, J-C. Passeron, M. de Saint-Martin, Rapport pédagogique et communication, Paris, Mouton, 1968, p. 109-120. 

Fernand Braudel, Ernest Labrousse, Histoire économique et sociale de la France, Paris, PUF, 1979-1982 (5 vol.).

John Brewer, The Pleasures of the Imagination. English Culture in the Eighteenth Century, Chicago, University of Chicago Press, 2000.

John Brewer, Neil Mc Kendrick, John Harold Plumb, The Birth of a Consumer Society. The Commercialization of Eighteenth-Century England, Londres, Europa Publications, 1982.

Émile Durkheim, Les Règles de la méthode sociologique, Paris, Alcan, 1895.

Ernest Labrousse, Roland Mousnier, Le XVIIIe siècle. L'époque des Lumières, 1715-1815, Paris, PUF, 1963.

Ernest Labrousse, La Crise de l’économie française à la fin de l'Ancien Régime et au début de la Révolution, Paris, PUF, 1944.

Marcel Mauss, Œuvres, Paris, Éditions de Minuit, 1968-1974 (3 vol.).

Jacques-Louis Ménétra, Journal de ma vie, Paris, Albin Michel, 1998.

Daniel Roche, Histoire des choses banales. Naissance de la Société de consommation, XVIIIe-XIXe siècle, Paris, Fayard, 1997.

Alain Schnapp, Pierre Vidal-Naquet, Journal de la Commune étudiante. Textes et documents, novembre 1967 – juin 1968, Paris, Le Seuil, 1969.

Albert Soboul, La Révolution française [1964], Paris, Gallimard, 1984.

Edward Palmer Thompson, La Formation de la classe ouvrière anglaise, Paris, Le Seuil, 1988.

Michel Vovelle, Mourir autrefois. Attitudes collectives devant la mort aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, Paris, Gallimard, 1990.