La question des « mariages internationaux ». Théories de la race et racialisation dans le Japon moderne
Historienne

(Faculté des études interculturelles - Université de Kobe)

Dans le Japon moderne, le discours sur le racisme est un discours universitaire importé. Un fossé sémantique et historique sépare le concept de « race » de celui de jinshu (le terme équivalent japonais). Dès lors, quels objets d’étude choisir pour analyser les continuités et les changements de ce qu’on nomme la « racialisation » ? Récemment les débats se sont concentrés sur l’histoire des discours consacrés aux konketsuji (enfants de sang mêlé). L’État-nation moderne suppose une homogénéité de la langue, de la race, de l’ethnicité et de la culture d’une « nation ». Le caractère fictif établi de cette hypothèse a provoqué simultanément un désir de « pureté » et un discours abusif sur la notion de konketsu (sang-mêlé), ainsi que sur les konketsuji (enfants de sang mêlé) qui perturbent cette « pureté ». Chronologiquement parlant, la recherche met l’accent sur la période où le concept a été introduit et a commencé à susciter des questions, c’est-à-dire la période qui correspond à l’expansion coloniale japonaise, où dominent les préoccupations eugénistes, et la période de l’occupation alliée de l’après-guerre, où les représentations culturelles sont problématisées. On note également des caractéristiques propres au Japon où les discours sur la mixité raciale perpétuent la catégorie « Japonais », soit du côté colonisateur, soit du côté colonisé (Oguma Eiji). Autre caractéristique du Japon : il se trouve dans un « rapport hiérarchique doublement compliqué » entre « l’Occident » et « l’Asie » (Iwabuchi Koichi).

Dans les pages qui suivent, j’analyserai les périodes où se développe un discours sur le « sang-mêlé » en me concentrant sur la question du kokusai kekkon (mariage international). En effet, j’envisage la notion de « racialisation » en interprétant le concept de « race » à partir d’une série de glissements dans le discours et dans la pratique. En même temps, la circulation des personnes et les contacts qu’elles établissent entre elles ont précédé la création des institutions de l’État moderne et les « dénomination » qui vont avec. La question du mariage international permet d’analyser le contexte dans lequel le discours racialiste fait l’objet de débats.

1) Les politiques relatives aux mariages internationaux ont été mises en œuvre dès que le Japon s’est ouvert à l’étranger. Il s’agissait de légiférer sur la question du transfert des individus, autrement dit, sur leur statut et sur le foyer auxquels ils appartenaient (Okuchi Yujiro, Morita Tomoko). Une femme japonaise qui épousait un Européen ou un Américain pouvait être affiliée au foyer/statut de son mari, et un Européen ou un Américain qui épousait une femme japonaise pouvait être affilié à son foyer en devenant son fils adoptif. La loi du début de de l’ère Meiji (« Article sur le mariage des Japonais et des étrangers » de 1873) a hérité de cette politique. Elle a précédé la création du Code de la nationalité (1899) et elle exigeait le changement de nationalité, c’est pourquoi certains pays, notamment le Royaume-Uni, ont protesté contre celle loi (Kamoto Itsuko).

Récemment, Kamoto a émis l’hypothèse suivant laquelle cette loi aurait été inspirée par le Code napoléonien des années 1800, qui introduisait le principe de patrilinéarité et celui du couple marié ayant la même nationalité1. Kamoto s’est penchée sur les mariages mixtes, essentiellement avec des personnes d’origine européenne et américaine, dans les années 1870 et 1880 (principalement à partir des registres de mariages internationaux du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Intérieur). Elle a découvert que le gouvernement japonais s’était beaucoup renseigné sur les normes des « pays civilisés » avant de conclure qu’il fallait établir un code de la nationalité pour déterminer le pays auquel chacun appartenait, plutôt que de transférer une personne d’un foyer/statut à un autre. L’institution qui envisageait le mariage international en termes d’affiliation à un foyer/statut était, dit-elle, un « principe de statut social » (bungen shugi). C’était une étape intermédiaire de l’évolution du système juridique.

Nihon jinshu kairyo ron (1884), Yoshio Takahashi

La théorie de l’amélioration de la race japonaise (1884) de Yoshio Takahashi a introduit le concept de race mélangée.

Compte-tenu de ce contexte historique, il convient de comprendre pourquoi les penseurs de l’ère Meiji (qui signifie « Lumières ») ont voulu introduire la monogamie et étaient très critiques vis-à-vis du système d’adoption. Les chercheurs qui avaient étudié le droit international et étaient chargés de « civiliser » le Japon savaient que les mariages internationaux soulevaient la question du jus sanguinis. Okamura Hyoue a analysé le processus d’adoption et l’évolution du vocabulaire lié au concept de sang-mêlé à l’époque Meiji à partir des dictionnaires modernes. Il rappelle que les perspectives et le vocabulaire eugénistes des théories de Takahashi Yoshio sur l’amélioration de la race japonaise (Nihon jinshu kairyo ron, 1884), où l’idée de sang-mêlé apparaîtrait pour la première fois, ont été repris dans le cadre des débats sur le zatsukon no koto (questions relatives au mariage interracial ou interethnique). Par ailleurs, la question du mariage international met en évidence l’importance de la division des sexes qui accompagne le discours raciste. L’État-nation moderne classe les personnes en fonction de leur genre et repose sur une hétérosexualité obligatoire qui correspond à la famille moderne dont le chef de famille est l’homme.

Les chercheurs du début de l’ère Meiji débattaient d’idées qui sont devenues la base des théories de Takahashi sur l’amélioration de la race. La revue Meiroku zasshi, par exemple, a publié de nombreuses réflexions sur le rapport entre le mariage et le jus sanguinis patrilinéaire. Mori Arinori a interprété la norme familiale moderne de l’héritage transmis aux enfants dans une lignée patrilinéaire en y important le principe du jus sanguinis parce qu’il avait à l’esprit les pratiques des classes supérieures européennes. Il préconisait la monogamie et il était très critique vis-à-vis de l’adoption qui permettait d’hériter à des enfants qui n’étaient pas nés du couple mari et femme. Il fallait abolir la coutume de l’adoption, disait-il, parce qu’elle allait à l’encontre de la préservation du pedigree à la manière européenne ; c’était une pratique corrompue qui accordait trop l’importance à la « lignée maternelle ». Fukuzawa Yukichi était également critique envers l’adoption. À la même époque, les théories de Takahashi, un élève de Fukuzawa, ont conduit Kato Hiroyuki à s’appuyer sur le mariage de l’empereur russe pour défendre le jus sanguinis patrilinéaire. Ce droit du sang, mis en avant pour remplacer la notion de statut, était défendu par les grands intellectuels du début de l’ère Meiji qui expliquaient que c’était un modèle social commun à l’Europe et à l’Amérique modernes. Le débat faisait partie de la réflexion sur les normes de la famille moderne, fondée sur la patrilinéarité, et comprenait une terminologie racialiste. Il a fini par devenir à la fois une stratégie gouvernementale visant à créer l’idée de « nation » civilisée et un concept qui pouvait être manipulé.

Binzo Kumano (1890)

Commentaire sur le Code civil Meiji publié par Binzo Kumano (1890), dans lequel est introduit le concept de « lignage principal ».

2) Les recherches de Kamoto permettent de comprendre ce qui suit. Le « principe de statut social » a été adopté en réaction au brassage de différents groupes. Il précède le Code de la nationalité (1898) fondé sur cette idée du XIXe siècle qui voulait que mari et femme aient la même nationalité. Notons au passage l’origine du Code de la nationalité japonais où le livret de famille et la nationalité sont très fortement liés. Au XIXe siècle, le mariage légitime japonais était le mariage légal monogame, considéré comme la norme des « pays civilisés ». C’est à cette époque que les régimes matrimoniaux des colonies sont devenus un sujet de débat important, le mariage légal étant désormais un critère de « civilisation ».

Dans les colonies japonaises du XIXe et du XXe siècle, les colonisés devenaient des sujets impériaux. Le mariage entre Japonais et Coréens était appelé naisen kekkon et le mariage entre Japonais et Taïwanais, naitai kyokon. Aujourd’hui, le premier suscite beaucoup d’intérêt et fait l’objet de nombreuses recherches parce qu’il faisait partie de l’idéologie et de la politique d’assimilation. Cependant, si le discours raciste mettait l’accent sur les différences entre les groupes, les éléments racistes étaient moins évidents dans le discours sur les mariages entre Japonais et colonisés taïwanais et coréens : ce sont plutôt les similitudes culturelles qui étaient mises en avant. L’institutionnalisation des mariages légaux dans les colonies a eu lieu tardivement, puisqu’il a fallu attendre 1921 en Corée pour que le Cabinet reconnaisse la procédure sur les livrets de famille entre Japonais et Coréens, et 1933 à Taïwan pour les mariages entre Japonais et Taïwanais.

Les discours et les dispositions juridiques du colonisateur sur les mariages entre colonisateurs et colonisés sont importants. Les sujets de l’empire japonais étaient classés en Japonais, Coréens et « Chinois Han » (Taïwanais), d’après les livrets de famille et les livres de comptes dans lesquels ils étaient enregistrés. En ce qui concerne le régime matrimonial, voici ce qu’il faut souligner : la politique coloniale de l’empire japonais avait beau être fondée sur le principe de l’assimilation, les livrets de famille n’étaient pas soumis aux mêmes règlements ni aux mêmes lois au Japon et dans les colonies. À Taïwan, les livrets de famille sont apparus assez tard et le principe du mariage légal moderne n’a pas été appliqué puisqu’aucune disposition légale n’a été prise pour étendre le régime matrimonial japonais aux habitants des colonies. Quant à la pratique, au début de la période coloniale, le Japon n’interdisait pas les mariages avec les Coréens ni avec les Taïwanais, mais il ne les encourageait pas non plus. Les mariages mixtes avaient lieu, et sans contrôle.

Cependant, comme le pouvoir colonial japonais du XIXe répondait à la « mission civilisatrice » de la modernisation universelle, les discours de l’homme blanc sur les politiques racistes n’avaient aucun mal à se glisser dans ces zones de non-contrôle et de laisser-faire. Au début de la domination sur Taïwan, les autochtones taïwanais étaient présentés comme une race de sauvages2. À Taïwan, le principe d’assimilation, mis en œuvre par le mariage et l’assimilation, était fondé sur l’exclusion des autochtones. Hozumi Nobushige, célèbre avocat de l’ère Meiji, l’expliquait dans un essai écrit dans les années 1930, intitulé Le Mariage entre Japonais et Taïwanais (Naitai kyokon). Il estimait que les Taïwanais et les Coréens pouvaient épouser des Japonais quand ils étaient « étrangers ». Paradoxalement, ils ne pouvaient être légalement mariés à des Japonais à partir du moment où ils étaient « Japonais », puisqu’ils dépendaient de juridictions différentes. La Common Law (kyotsu ho, 1921) qui fut appliquée pour effacer ces différences posait de nombreux problèmes. Le mariage légal supposait l’existence de livrets de famille, ce qui n’est devenu possible à Taïwan qu’après la mise en place de l’ordonnance taïwanaise sur l’enregistrement de la famille (Taiwan koseki rei). En Corée et à Taïwan, soulignait Hozumi, les mariages mixtes signifiaient que « quand une femme japonaise épouse un Coréen et qu’elle est inscrite dans un livret de famille coréen, elle ne peut plus figurer dans un livret de famille japonais ». En même temps, pour Hozumi, un « mariage entre Japonais et Taïwanais » est un mariage avec une personne de race Han. À l’époque de la Common Law, les autochtones étaient divisés en deux catégories : les assimilés (jukuban) et les non assimilés (seiban), suivant leur degré d’assimilation dans la culture Han. Le mariage entre officiers de la police japonaise et filles de chefs faisait partie d’une politique d’harmonisation des relations entre gouvernants et gouvernés (waban konin).

Qu’en était-il des mariages entre Japonais et Coréens sur lesquels se penche davantage la recherche actuelle ? Les premiers travaux expliquaient déjà que les mariages entre Japonais et Coréens étaient une question sensible dans la société coloniale. En effet, le discours sur l’assimilation sous-entendait que les mariages mixtes allaient favoriser la japonisation des Coréens. Plus récemment, les recherches menées par Lee Jeong-Seon montrent qu’au début de l’annexion de la Corée, à l’aube du XXe, la politique en matière de mariages mixtes était le laisser-faire ; la formule « mariage entre Japonais et Coréens » est apparue avec les stratégies d’assimilation3. Cependant, grâce à l’application de la Common Law et à l’ordonnance sur l’enregistrement des familles (1922), ni le lieu du mariage ni la combinaison des sexes n’étaient réglementés. Plusieurs lois rendaient possible l’adoption, mais également le mariage, par lequel un Japonais devenait membre de la famille de sa femme (muko-iri). Les mariages entre Japonais et Coréens faisaient que le mari et la femme devenaient coréens. Le livret de famille et le foyer auxquels ils appartenaient avant étaient modifiés. Là aussi, l’adoption (yoshi engumi) et le mariage entraînaient la radiation (joseiki) du livret de famille d’origine.

"Enfants de sang mêlé" | "Mix race children on Nanyou", 1939

« Enfants de sang mêlé » présenté à Nanyou, Université de Keio, Taezo Eguchi, 1939.

Le tableau ci-dessous correspond à la classification du « statut juridique des enfants issus de mariages mixtes japonais-coréens » établie par Lee Jeong-Seon. Ce dernier suggère que la liberté du mariage, telle qu’elle était garantie par le régime matrimonial officiel, était promue par la politique d’« harmonie entre le Japon et la Corée » (naisen yuwa) mise en œuvre par le gouverneur général de Corée dans les années 1920. En même temps, il y avait des tensions des deux côtés de la frontière et l’hostilité de la société coréenne ont conduit aux idéologies du « sang » et aux concepts de « pureté (junketsu) de la race coréenne » et de « sang pur ». Inversement les Japonais commençaient à avoir peur d’être « coréanisés ». Selon Lee, cette méfiance était à son comble dans les années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le tableau ci-dessous résume les différentes logiques appliquées aux « enfants de sang mêlé ».

  mariage légal liaison extra-conjugale
  mariage nyufu1 / muko yoshi2 shoshi3 shiseiji4
Homme coréen - Femme japonaise Coréen Japonais Coréen Japonais
Homme japonais - Femme coréenne Japonais Coréen Japonais Coréen

*nyufu : mari épousant la famille de sa femme

**muko yoshi : adoption de l’époux

***shoshi : enfant illégitime reconnu par le père

****shiseiji : enfant illégitime non reconnu par le père

3) La guerre totale a également ébranlé les vieilles frontières et présidé à une nouvelle logique d’inclusion et d’exclusion. Contrairement aux discours du XIXe siècle et du début du XXe, le discours militaire pendant la guerre du Pacifique était fondé sur l’eugénisme et étroitement lié au racisme et à l’idéologie du « sang ». En 1939, lors de la guerre sino-japonaise, les médias japonais ont lancé une campagne contre les personnes de « sang mêlé ». Un article de journal intitulé « Les problèmes liés à l’expansion vers le continent [chinois] » demandait : « Que donnerait un mariage avec une personne de race différente et des enfants de sang mêlé ? » (24 avril 1939, Yomiuri Shinbun).

Le discours assimilationniste fut critiqué dès 1940, juste avant la guerre du Pacifique, à l’époque où le même journal écrivait : « Mariage dans la sphère de coprospérité : quelles seraient les conséquences eugéniques », « Impossible de prédire un bon résultat », ou encore : « Oubliez l’idée qu’un mariage international est un gage d’amitié » (8 octobre, Yomiuri Shinbun). Un document officiel (18 juillet 1942) de l’armée d’occupation des Philippines était consacré au traitement des « enfants de sang mêlé » dans les camps de concentration militaires. Si le père était un ressortissant ennemi, l’enfant de « sang mêlé » devait aussi être traité comme un ressortissant ennemi. Le principe adopté était celui de la nationalité patrilinéaire. Les « femmes de sang mêlé » mariées à des ressortissants non ennemis et les enfants de mères philippines dont les parents philippins pouvaient prouver qu’elles étaient « inoffensives », ainsi que les enfants ayant une double nationalité étaient jugés inoffensifs.

Manchukuo (1942)

Texte destiné aux femmes colons (1942) publié par le ministère du Manchukuo. Il insiste sur le fait que la pureté ethnique doit être préservée.

Inversement, le discours racialiste et eugéniste japonais vis-à-vis de la Corée n’a jamais donné lieu à une vraie logique d’exclusion4. Nous nous référons ici aux études culturelles qui étaient très liées aux discours racistes. Kamoto critique les études historiques comprenant une terminologie moderniste : « Ces études ne plaquent-elles pas des politiques racistes d’homme blanc sur les politiques du shogunat Tokugawa ? ». N’oublions pas que dans les années 1930 et 1940, les recherches sur l’Asie du Sud-Est tenaient compte des travaux euro-américains sur les « mariages mixtes » (zakkon).

Par ailleurs il faut rappeler que les textes témoignant de mariages interraciaux harmonieux, dont les travaux sur les enfants de sang mêlé au XVIe siècle, avant la fermeture du pays, font partie de la recherche sur « l’histoire du Japon » avant la Seconde Guerre mondiale. Il n’empêche, après la Première Guerre mondiale, le discours sur les mariages internationaux posait la question de savoir pour quel pays un enfant devrait se battre si la guerre opposait le pays de son père et celui de sa mère. Il fallut abandonner le principe suivant lequel le mari et la femme avaient la même nationalité pour adopter celui suivant lequel chacun avait la sienne.

Comment l’État moderne définit-il la relation entre hommes et femmes et où la situe-t-il dans le réseau des institutions ? Quelle est la place des discours racistes dans ce processus ? De nombreuses questions et débats sont encore ignorés quand il s’agit d’analyser d’expansion et de contraction de l’empire japonais des XIXe et XXe siècles.

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1

Itsuko Kamoto, « Les Enfants de mariages mixtes : de Tokugawa à Meiji » (en japonais). Rekishi Hyoron [Revue Historique], vol. 815, mars 2018. L’article de Kamoto fait partie d’un numéro spécial de la Rekishi Hyoron intitulé « Histoire des enfants de sang mêlé, nés de Japonais et d’étrangers ». La coordinatrice, Takemoto Nina, part des cinq facteurs structurels de brassage racial de Takezawa Yasuko pour son analyse.

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2

Chia Chi Huang analyse le mariage entre Japonais et Taïwanais en quatre temps : 1) La période qui va du début du règne colonial au début du XXe siècle, dépourvue de projets précis (1896-1906). 2) La période qui va jusqu'à 1920 et la « Loi autorisant le mariage entre Japonais et Taïwanais » (naitai kyokon bengiho), qui promeut les mariages mixtes (1906-1920). 3) La période qui précède la « Loi sur le mariage entre Japonais et Taïwanais » (naitai kyokon ho) en 1933, soit la phase pré-légale (1920-1933). 4) La période postérieure à 1933, soit la phase du mariage légal (1933-1945). Chia Chi Huang, « Structure et développement du “naitai kyokon” sous la domination japonaise » (en japonais). Hikaku kazokushi kenkyu [Journal of Comparative Family History], vol. 27, 2012.

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3

Voir Jeong-Seon Lee, « Les Enfants des “mariages mixtes japonais-coréens” sous le règne colonial » (en japonais), Rekishi Hyoron [Revue Historique] vol. 815, mars 2018.

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4

Lee souligne le fait que, pendant la Seconde Guerre mondiale, la politique démographique du Japon impérial entretenait certaines idées eugénistes sur les métis. En 1939, la Société japonaise pour la promotion de la science créa le « Onzième Comité spécial de la recherche ethnologique sur les questions de contacts inter-ethniques et de sang mêlé » et publia un rapport intitulé Photographies des mensurations faciales de familles mixtes japonaises-coréennes. Lee rappelle alors les limites de la problématisation de ces questions à partir de perspectives racialistes.