Autour du dernier roman d’Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo (2018)

Couverture du livre d'Antonio Scurati, Il Figlio Del Secolo

Nous sommes sur la place du Saint Sépulcre. Moins de cent personnes, tous des hommes qui ne comptent pour rien. Nous sommes peu nombreux et nous sommes morts. Ils attendent que je parle mais je n’ai rien à dire.

La scène d’ouverture du dernier roman d’Antonio Scurati est percutante. Mussolini réfléchit à la première personne, directement et sans intermédiaires, entouré de cette « matière bas de gamme, de cette humanité de débris, avec laquelle on fait l’histoire : […] les émeutiers, les fous, les criminels, les crâneurs, les paresseux, les séducteurs petits-bourgeois, les schizophrènes, les oubliés, les dispersés, les irréguliers, les noctambules, les ex-détenus, les anarchistes, les syndicalistes incendiaires, toute une bohème politique d’ex-combattants, d’officiers et de sous-officiers, des hommes experts dans la manipulation d’armes à feu ou d’armes blanches, ceux qui, dans la normalité de la démobilisation, ont dévoilé leur violence »1 . Faire commencer le récit du point de vue de Mussolini est un choix puissant, d’autant plus qu’il est abandonné dans les chapitres suivants pour n’être proposé à nouveau qu’à la fin du livre, lorsque le narrateur redonne la parole au personnage, qui prends congé des lecteurs et annonce la suite de son aventure politique : après la conquête de l’État, sa refondation totalitaire.

Premier volet d’une trilogie consacrée au duce du fascisme, M. Il figlio del secolo [M. Le Fils du siècle] démarre le 23 mars 1919, à Milan, lors du rassemblement fondateur des Faisceaux de combat – le mouvement crée à la sortie de la guerre et transformé, le 7 novembre 1921, en Parti national fasciste (PNF) – et se termine le 3 janvier 1925 à Rome, dans l’hémicycle du Parlement du Royaume d’Italie, où Benito Mussolini prononce le célèbre discours au cours duquel il assume la responsabilité politique, morale et historique de l’assassinat du secrétaire du Parti socialiste unitaire, Giacomo Matteotti, et franchit de la sorte une nouvelle étape vers la dictature. Entre le début et la fin de la narration, le roman s’arrête sur les événements qui marquent la montée et l’accession au pouvoir du fascisme, ainsi que ses premières années à la tête de la nation. Pour ne s’en tenir qu’aux épisodes majeurs relatés dans les 839 pages du livre : l’occupation de Fiume, menée par Gabriele D’Annunzio alors que la conférence de paix est toujours en cours ; la propagation de la violence squadriste dans les villes et les campagnes du pays (rassemblements, « expéditions punitives », incendies, saccages, attaques perpétrées contre les sièges des journaux, les chambres de travail et les militants socialistes) ; la marche sur Rome et l’affaire Matteotti.

Scurati n’est pas étranger au roman historique. Professeur de critique littéraire et de littérature comparée à la Libera Università di Comunicazione e Lingue (IULM) de Milan, il a fait dialoguer réalité et fiction dès le début de sa carrière d’écrivain. Son premier livre, Il rumore sordo della battaglia (2002), se déroule à l’époque de la Renaissance. Son avant-dernier succès, Il tempo migliore della nostra vita (2015), est axé sur la vie de l’intellectuel Leone Ginzburg – chef de file de l’univers antifasciste italien décédé en février 1944 dans la prison romaine de Regina Coeli des suites des tortures infligées par la Gestapo –, et sur celles de ses propres grands-parents, hommes et femmes ordinaires des années de la dictature totalitaire et de la Seconde Guerre mondiale2 .

Il figlio del secolo représente néanmoins une opération plus complexe, notamment parce qu’il confie le récit des origines du fascisme à la voix des protagonistes, en donnant la parole à Mussolini et à une pléthore de personnages qui l’entourent : les poètes D’Annunzio et Marinetti ; le ras de Ferrare, Italo Balbo ; le futur podestà (maire) de Bologne, Leandro Arpinati ; les squadristes Amerigo Dùmini et Albino Volpi, membres du groupe qui enlève et assassine Matteotti ; l’ex syndicaliste Cesare Rossi ; Margherita Sarfatti, amante, biographe, ghostwriter et conseillère artistique du Duce ; sa femme Rachele. Ce qui distingue aussi l’ouvrage publié en 2018 est la relation qu’il noue avec les sources, une relation si forte que Scurati n’hésite pas à affirmer, avant de débuter son récit : « Faits et personnages de ce roman documentaire ne sont pas le fruit de l’imagination de l’auteur. Bien au contraire, chaque événement, personnage, dialogue ou discours ici relaté est historiquement documenté et/ou valablement attesté par plus d’une source. Cela dit, il n’en reste pas moins que l’histoire est une invention à laquelle la réalité apporte ses propres matériaux. Une invention, toutefois, non arbitraire »3 .

Les déclarations de l’auteur ont l’air d’être contredites par le grand nombre d’erreurs que l’on retrouve en parcourant les pages du livre. Ainsi des imprécisions de dates et de chiffres, des confusions de noms, des anachronismes, tous signalés – dans le détail et à plusieurs reprises – par les historiens, dans des comptes rendus qui n’ont pas manqué l’occasion de marquer la différence entre une étude scientifique du fascisme et le manque de rigueur d’un roman « qui retouche l’histoire »4 . Le succès commercial de l’ouvrage et l’enthousiasme des lecteurs invitent néanmoins à envisager l’œuvre selon d’autres perspectives que celle de l’inexactitude, afin d’interroger sa structure, son style et le rapport au passé qu’elle propose. Candidat, il y a quelques semaines, au prix littéraire Strega5 , diffusé sur le site web du quotidien « Repubblica »6  en podcasts gratuits (enregistrés par l’acteur et metteur en scène Marco Paolini), choisi par la société de production Wildsite pour une adaptation en série7 , M est une affaire littéraire à part entière. Le livre a ravivé l’intérêt du public pour la période fasciste et en influencera la perception et la circulation au-delà du petit cercle des spécialistes. Dans les pages qui suivent, je voudrais par conséquent proposer quelques réflexions autour des deux aspects qui peuvent être considérés à la base de la réussite du roman : d’un côté, le dispositif narratif conçu par Scurati, qui renvoie à la technique du montage cinématographique, à sa temporalité dynamique, non linéaire et flexible ; de l’autre, le rapport entre la création littéraire et les documents de l’époque, qui côtoient le récit sans pour autant en être totalement dissociés. 

Temps, lieux, acteurs

En dépit de ses plus de 800 pages, Il figlio del secolo est un livre passionnant, qui se lit d’un bout à l’autre avec aisance, en raison de son style percutant, qui reproduit de manière efficace la langue et la posture expressive de l’entre-deux-guerres (phrases brèves, remplies de superlatifs, souvent brutales et directes), et de la partition de la matière. Antonio Scurati a en effet imaginé une séduisante configuration narrative, qui associe passage du temps et mouvement dans l’espace, permettant au lecteur de suivre « en direct » la propagation du fascisme sur le territoire national. Chacune des six grandes parties du roman (qui correspondent aux six années séparant l’apparition sur la scène politique en 1919 et la fin, en 1924, de la période de normalisation consécutive à la formation du premier gouvernement Mussolini) est divisée en petits segments de quelques pages. Chacun est caractérisé par un lieu, une courte durée (quelques semaines ou quelques jours, parfois quelques heures) et un protagoniste (sporadiquement collectif ou pluriel) : le point de vue sur l’histoire racontée change régulièrement, sans que manquent pour autant les liens entre les différents événements, la dialectique qui les relie les uns aux autres – c’est-à-dire la progressive croissance du mouvement fasciste, son occupation des espaces politiques et sociaux du pays, sa transformation au fur et à mesure que le temps passe et que son pouvoir augmente.

À vrai dire, la multiplication des perspectives permet de mettre en valeur les principaux acquis de l’historiographie la plus récente sur le fascisme. Avant tout, l’importance de la dimension symbolique dans la politique de la dictature, dès ses origines : je pense, en particulier, aux pages consacrées à la conquête de Fiume, où le romancier transmet magistralement la naissance des rituels et leur prise sur les masses, tant des militants (qui y trouvent une occasion de confirmation identitaire), que des citoyens de la ville occupée (profondément fascinés et graduellement conquis). Ensuite, M met en lumière la place capitale de la violence dans les comportements et dans l’imaginaire fascistes – une violence agie, menacée, parlée, pensée, cachée ou affichée selon les circonstances et qui a représenté l’épine dorsale du mouvement guidé par Mussolini et de son projet de construction d’un homme nouveau. Ce n’est pas par hasard que, parmi les passages les plus réussis du livre, se distinguent les descriptions des incursions armées dans la plaine du Pô, durant lesquelles les squadristes redoublent leur nombre en quelques mois, prennent d’assaut les maisons du peuple et les habitations paysannes, détruisent sièges politiques et municipaux, marchent sur les villes en terrifiant la population et en défiant l’autorité policière, sous les yeux désorientés des adversaires antifascistes (et du lecteur). On peut aussi rappeler les paragraphes réservés aux luttes qui se déroulent dans les salles du Parlement italien, l’une des arènes de l’affrontement avec les socialistes et du dévoilement de l’inadéquation de ces derniers à comprendre la nature programmatique, totalisante et incontournable de la violence fasciste : « Il n’y avait rien à faire », réfléchit le 20 décembre 1920 Benito Mussolini, après avoir lu la transcription d’un discours de Filippo Turati à la Chambre des députés, « ces gens-là ne comprenaient pas la brutalité […] le terrain de la violence n’était pas pour les socialistes […] La violence socialiste était une réalité indubitable mais en elle tout se réduisait à cette pulsion. Les chefs socialistes parlaient d’organiser la révolution par une armée de militants armées mais en réalité il n’y avait aucune organisation. Lui, ces gens-là il les connaissait bien, depuis des décennies. En ce qui concerne la violence, ils étaient et resteraient des débutants »8 .

Il figlio del secolo prend par ailleurs en compte le fonctionnement syncrétique du fascisme, sur lequel les historiens n’ont cessé de travailler, et qui représente le noyau de son idéologie comme de ses choix politiques – il suffit d’évoquer l’éclectisme esthétique du régime, qui s’assure le contrôle du monde artistique moins par l’imposition d’un style officiel que par l’encadrement, organisationnel et thématique, au sein du syndicat des beaux-arts et dans les corporations. Au début de leur parcours surtout, le but des dirigeants n’est pas la définition d’une identité prédéterminée, exclusive et figée, mais le développement d’un sentiment d’appartenance polarisé par la rupture avec l’ennemi. Le Mussolini du roman, en 1919, « insiste sur ce que les fascistes ne sont pas : ils ne sont pas républicains, socialistes, démocrates, conservateurs, nationalistes. Ils sont, par contre, une synthèse de toutes les affirmations et de toutes les négations. Nous fascistes, il termine, n’avons pas des idées préconstituées, notre doctrine est le fait »9 . La valeur politique du concept de synthèse, très compliquée à transmettre au travers de travaux qui s’appuient sur l’analyse systématique des sources, me semble ressortir avec vigueur de la personnalisation de l’action caractéristique de la fiction littéraire10 . En retraçant les origines du fascisme et ses deux premières années à la tête de la nation, Antonio Scurati a été capable de conjuguer les dernières orientations historiographiques avec les potentialités d’un discours qui restitue le mouvement des circonstances et des individus, en dessinant de véritables tableaux vivants11 auxquels on peut s’identifier, avec lesquels on peut penser, réfléchir, approfondir et élargir nos connaissances, dans un réseau de lectures qui ne s’excluent pas mutuellement mais qui contribuent à la connaissance d’une période cruciale de l’histoire italienne.

Montages narratifs

La technique du montage ne concerne pas uniquement la mécanique narrative. Elle s’étend au rapport entre les mots écrits pas l’auteur et la documentation sur laquelle il s’est basé. Si chaque petit chapitre est introduit par un en-tête constitué d’une date, d’une localité et du nom d’un personnage, la plupart d’entre eux sont suivis de fragments de documents : correspondances, articles de journaux, télégrammes, discours, manifestes, cahiers – pour ne s’en tenir qu’aux typologies les plus utilisées par Scurati, qui n’ajoute toutefois aucune note explicative ni la moindre information sur leur provenance.

L’écrivain a ainsi combiné fiction et réalité en les imbriquant l’une dans l’autre12 : les pages de création artistique trouvent leur légitimation dans les documents, lesquels participent à leur tour du roman et semblent acquérir, grâce à lui, une nouvelle vie. Parfois le travail d’adaptation des textes originaux est minimal, parfois il s’agit d’une réécriture à part entière : ce qui fait son apparition par le biais de l’élaboration littéraire, ce sont les émotions, les pensées, la manière de faire et de parler des protagonistes, leur tempérament et leur psychologie, qui permettent aux lecteurs de se familiariser « de l’intérieur » avec le processus historique et l’incertitude, le hasard et le désordre qui en marquent l’évolution.

Appliquée cent ans après à l’avènement du fascisme, cette narration en prise directe représente une nouveauté et une opération fructueuse, qui encourage un public pas forcément accoutumé à l’étude et à l’interprétation du passé à se rapprocher des événements historiques, en en saisissant le dynamisme comme la présence humaine – une présence souvent relativisée, sinon effacée, par les grandes cadres qui font l’armature du travail des historiens. Comme le souligne la voix du narrateur dans l’un des passages de réflexion éparpillés dans le livre, Benito Mussolini, ses camarades et ses ennemis (parmi lesquels se démarque Giacomo Matteotti, qui leur résiste jusqu’à la fin, en payant de sa vie son opposition à la violence politique des fascistes) mettent des visages sur l’abstraction des -ismes idéologiques : « les forces titanesques du siècle, engagées dans un combat mortel, si on adopte la focale courte, si l’on restreint le cadrage jusqu’au gros plan, ces forces dévoilent des individus, non pas des personnages historiques : ces derniers se trouvent ainsi avoir une enfance, une jeunesse, souvent commune, de petites idiosyncrasies, de manies, quelques fois décisives, de petites frivolités (…) de petits signes d’expression aux angles de la bouche, ou sur le front ridé, et ce sont ces minuties, ces sympathies ou antipathies, ces souvenirs stupides de beuveries à la taverne qui tracent, dans la vie comme dans l’histoire, le chemin des individus. La haine implacable de l’époque est muette comme une divinité babylonienne sanguinaire. Les hommes en revanche se parlent »13 .

La personnalisation du récit fonctionne d’autant mieux qu’il s’agit du fascisme, c’est-à-dire d’une phase de l’histoire italienne pour laquelle on a eu du mal à donner la parole aux protagonistes et à lire les sources qu’ils ont produites, longtemps obscurcies par celles de leurs adversaires politiques. Ce n’est qu’au début des années 1990 que la propagande fasciste a été prise au sérieux, qu’elle a commencé à être étudiée en tant que manifestation de l’autoreprésentation du régime et de l’activité de construction du consentement qui a marqué la politique de masse. Il suffit de penser, à cet égard, aux recherches de Emilio Gentile, à l’influence profonde qu’elles ont exercé en Italie comme à l’étranger. Après des ouvrages pionniers, qui durant les années 1980 avaient commencé à interroger le fonctionnement de la nouvelle politique des États totalitaires, l’auteur de La Religion fasciste14 a ouvert la voie à une confrontation systématique avec les écrits, les monuments, les images et les rituels fascistes. Il a inauguré une période marquée par une inversion de tendance, au cours de laquelle la production discursive de la dictature s’est imposée à l’attention des spécialistes et à leurs théories interprétatives. Si Scurati a su tirer parti de l’historiographie la plus sensible à la culture et à la mentalité fascistes et a su partager cette sensibilité avec le grand public, ce qui reste en suspens dans son roman c’est le travail de contextualisation de la documentation publiée, qui aurait pu trouver sa place à la fin du livre et offrir aux personnes concernées un outil pour vérifier les citations, élargir leurs connaissances et approfondir leurs lectures.

Lors de ses interventions dans la presse à l’occasion de la publication du roman, Antonio Scurati a déclaré à plusieurs reprises avoir créé un antifascisme nouveau, capable de dépasser le préjugés et l’impuissance de celui du passé15 . De tels propos nous parlent moins de M que des polémiques qu’il a initiées. Alors que le nombre de lecteurs augmentait, une véritable bataille a eu lieu entre partisans et détracteurs du livre. Les seconds ont remis en question la légitimité de la littérature à s’occuper de l’histoire du fascisme ainsi que le bien-fondé des comparaisons entre la situation politique actuelle et celle des années 1920 que le récit semble encourager. Je ne peux pas aborder ici le dossier complexe des relations entre fiction littéraire et narration historique, ni dresser l’inventaire des différences entre le régime gouverné par Benito Mussolini et notre présent. Je voudrais néanmoins souligner que si la circulation entre les genres est préférable à l’opposition stérile de l’un à l’autre, les aller-retours dans le temps font partie eux-aussi des sujets de recherche des historiens : au lieu de les condamner par principe au nom de leur caractère erroné, il faudrait les interroger et réfléchir aux modifications de l’attitude envers la période fasciste qu’ils véhiculent.

Adolfo Wildt, Maschera di Mussolini, 1923-1925

Adolfo Wildt, Maschera di Mussolini, 1923-1925. 

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1

Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo, Milano, Bompiani, 2018, p. 9 et 11.

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2

Tous les romans de Scurati ont été publié par la maison d’édition Bompiani.

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3

Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo, Milano, Bompiani, 2018, p. 4.

Retour vers la note de texte 5899

4

Ernesto Galli Della Loggia, « M di Scurati. Il romanzo che ritocca la storia », Il Corriere della Sera, 13 octobre 2018.

 

Voir, en outre : Antonio Scurati, « Scurati replica a Galli della Loggia : raccontare è arte, non scienza esatta.

 

Lo storico : la verità non va tradita », Il Corriere della Sera, 17 octobre 2018 ;

 

Ernesto Galli della Logga, « Galli della Loggia a Scurati : “La licenza creativa non autorizza a tradire la verità della storia” », Il Corriere della Sera, 17 octobre 2018 ;

 

Nunzio Dell’Erba, « Antonio Scurati, una lettura miope del fascismo », Avanti!, 29 octobre 2018.

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6

Voir le site web du quotidien « Repubblica ».

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7

Voir : Wildside serie da 'M.' di Scurati, 5 décembre 2018 ;

 

Emma Johanningsmeier, « A New Book about Mussolini Is Provoking a Debate over His Legacy »,The New York Times, 8 décembre 2018.

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8

Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo, Milano, Bompiani, 2018, p. 281.

 

Je voudrais signaler, à côté de la capacité de décrire la nature de la violence socialiste et ses frontières, le portrait efficace du parti-milice fasciste, « capable de se métamorphoser en armée et de métamorphoser immédiatement ses inscrits en soldats prêts à lutter sur le terrain de la violence » (p. 421).

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9

Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo, Milano, Bompiani, 2018, p. 112.

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10

Voir : Sabina Loriga, « Tolstoï dans le scepticisme de l’histoire », Esprit, juin 2005, p. 6-25.

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11

Je remercie Andrea Jacchia pour la suggestion des tableaux vivants et pour avoir discuté avec moi du roman et de son pathos narratif.

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12

Voir Paolo di Stefano, « Nell’officina di Scurati il fascismo è un romanzo », La lettura, 22 avril 2018.

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13

Antonio Scurati, M. Il figlio del secolo, Milano, Bompiani, 2018, p. 700.

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14

Voir Emilio Gentile, La Religion fasciste. La sacralisation de la politique dans l’Italie fasciste, Paris, Perrin, 2002 [éd. orig. 1993].

 

Voir aussi : E. Gentile, Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation, Paris, Gallimard-Folio, 2004 [éd. orig. 2002] ;

 

Alberto De Bernardi, Una dittatura moderna. Il fascismo come problema storico, Milan, Bruno Mondadori, 2001.

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15

Voir Gloria Ghioni, intervista a Scurati, 12 septembre 2018 ;

 

Simonetta Fiori, « Mussolini. Attenti al Duce », Venerdì di Repubblica, 14 septembre 2018 ;

 

Tiziana Platzer, « Racconto un Mussolini affascinante per dimostrare l’orrore fascista », La Stampa, 3 octobre 2018.

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