La réception des « théories littéraires » dans l’enseignement supérieur (années 1950-années 1980)

L’approche théorique des textes fait aujourd’hui partie intégrante des études littéraires à tous les niveaux de l’enseignement. Pourtant, ce type d’approche n’a pas toujours eu sa place dans les parcours d’études ou les revues. Comment celles que l’on appelle aujourd’hui les « théories littéraires » sont-elles entrées dans l’enseignement ? Qui a porté cette approche de la littérature, et dans quelles conditions ? Ce projet de recherche se donne pour but d’éclairer les processus de légitimation et d’institutionnalisation dont les théories littéraires qui se sont développées dans le sillage du structuralisme ont fait l’objet entre les années 1950 et les années 1980. Initialement développées dans des espaces académiques relativement marginaux pour les disciplines canoniques (EHESS, CNRS, Centre Universitaire Expérimental de Vincennes…), ces théories se réclamaient notamment des littératures critiques, de la linguistique structurale, de la psychanalyse et du matérialisme dialectique et s’opposaient aux études littéraires françaises qui les avaient précédées en inscrivant leur généalogie intellectuelle dans le sillage des formalistes russes et, dans une certaine mesure, du New Criticism américain. Si Roland Barthes et Gérard Genette en sont probablement les figures aujourd’hui les plus connues, ce travail vise à resituer les figures principales de celle que l’on a  rassemblée sous le label de « Nouvelle Critique » dans le contexte d’un moment théorique transversal aux sciences humaines et sociales.

L’adoption progressive des corpus théoriques par les secteurs académiques a fourni aux théories de cette avant-garde intellectuelle une réelle légitimité dans les études littéraires. Or ces théories sont marquées par une forte politisation, qui traverse autant leur contexte de production que leur contexte de réception. Enfin, la circulation internationale des théoriciens, abordée ici principalement sous l’angle des transferts franco-américains, contribue à remodeler à la fois les contenus intellectuels et les paysages institutionnels transatlantiques. Dans une perspective de sociologie historique des intellectuels et d’histoire sociale des sciences humaines et sociales, nous examinerons donc l’émergence et l’évolution des théories notamment au prisme des questions de leur politisation, de leur circulation internationale, et de leur contribution à l’autonomisation des études littéraires dans lesquelles elles se déploient.  Ce travail s’appuie sur des études d’archives, des entretiens avec des individus clés de cette période, l’étude des principales revues et instances de publication qui ont contribué à l’émergence du groupe de théoriciens qui s’est rapidement apparenté à une avant-garde intellectuelle, construite et reçue sur le modèle des avant-gardes esthétiques historiques.

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