La construction sondagière du Rassemblement national
chercheur, maître de conférences en science politique

(Université de Montpellier - CEPEL (UMR 5112))

Depuis son émergence sur la scène politique française, le Front national (FN) – devenu Rassemblement national (RN) en juin 2018 – est au cœur de toutes les attentions politiques, médiatiques, mais également sondagières. Ce constat vaut tout particulièrement depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en janvier 2011, comme l’illustre cette liste non exhaustive de titres parus dans les médias français, et relatant divers résultats d’enquêtes : 

Ces quelques exemples rappellent à quel point la production sondagière occupe une place centrale dans la manière dont le FN/RN est perçu et appréhendé : cette production sert désormais de principale grille d’appréciation médiatique de la réalité politique de ce parti, décrit tour à tour comme « dédiabolisé », « aux portes du pouvoir », ou comme « le premier parti de France ». Mais on peut estimer que ces enquêtes, dont les résultats sont souvent traités dans un registre dramatisant (« le sondage choc », « le sondage qui fait peur », « la menace Marine Le Pen »), ne relèvent ni plus ni moins que du mirage sondagier et contribuent à entretenir une représentation fantasmagorique du FN/RN, en décalage avec ce qu’il est réellement. On s’arrêtera ici sur quelques illustrations. 

Un « nouveau » parti, qui n’a pas changé

La question de l’émergence d’un « nouveau » FN est concomitante de l’élection de Marine Le Pen à la présidence du parti, en janvier 2011. En raison de son caractère inédit dans l’histoire frontiste, ce renouvellement de leadership suscite rapidement, au moment où il s’opère, toute une série d’interrogations sur l’avenir du FN. Rien n’interdit alors de penser que la fille de Jean-Marie Le Pen va entreprendre un travail de rénovation partisane. Depuis le début des années 2000, elle a en effet clairement exprimé sa volonté de faire évoluer le FN et de le « dédiaboliser ». Pourtant, dans les semaines qui suivent son élection, la nouvelle présidente s’efforce surtout de s’inscrire dans la lignée du FN de son père : elle réaffirme par exemple la centralité du principe de la préférence nationale, qui est au cœur du logiciel du parti (Le Monde, 17 janvier 2011) et déclare que « le FN ne changer[a] pas de nature » (Europe 1, 18 janvier 2011). Au début du mois de mars 2011, la transformation annoncée du Front national est donc encore loin d’avoir débuté. Pourtant, c’est une tout autre représentation du parti qui commence à prendre forme dans les médias, avec la multiplication des enquêtes par sondages et la diffusion de leurs résultats.

Jusqu’alors créditée de 13 à 15 % d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen enregistre tout d’abord une soudaine et nette progression dans les enquêtes, jusqu’à 23% dans un sondage Harris Interactive pour Le Parisien – Aujourd’hui en France datant de mars 20111.

"Marine Le Pen en tête du 1er tour", Le Parisien

C’est ensuite la perception du Front national qui semble également avoir changé. Au lendemain des élections cantonales de mars 2011, un sondage effectué par l’institut BVA pour Absoluce, France Info et Les Échos indique que, pour 52 % des personnes interrogées, le FN serait devenu un « parti comme les autres », soit une progression de 10 points par rapport au mois de septembre 20102. Enfin, le nombre de Français partageant les idées du FN paraît également connaître une hausse brutale : 31% dans l’édition de janvier 2012 du « Baromètre d’image du FN »3, soit une progression de 9 points par rapport à l’édition de janvier 2011, un score permettant au parti d’atteindre un niveau qualifié de « record » dans la plupart des commentaires médiatiques4.

En l’espace de quelques semaines, l’organisation frontiste aurait donc profondément changé, du moins si l’on s’en tient aux résultats des sondages. La concordance des résultats de ces différentes enquêtes s’avère remarquable, tout autant que celle des interprétations auxquelles elles donnent lieu. De manière quasi unanime, les responsables d’instituts s’accordent en effet à penser que si le FN progresse dans les sondages, c’est parce que le parti a changé, un changement qui serait lié tout à la fois à l’arrivée de Marine Le Pen et aux vertus de sa stratégie dite de « dédiabolisation » : « Si nos études montrent une progression des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen […], cette évolution semble surtout liée au processus de dédiabolisation du parti consécutif à l’accession de Marine Le Pen à sa présidence et aux inflexions idéologiques entamées, plutôt qu’à une évolution de son image personnelle » (présentation de l’enquête TNS Sofres sur « l’effet Marine Le Pen » pour « La Matinale » de Canal +, 14 mars 2011) ; « Alors que la politique économique du gouvernement bat un nouveau record d’impopularité avec 75 % de mauvaises opinions, Marine Le Pen semble avoir clairement gagné son pari de la dédiabolisation, et même de la normalisation de son parti : pour la première fois, le FN est désormais considéré comme "un parti comme les autres" par une majorité de Français » (présentation de l’enquête BVA pour Absoluce, Les Échos et France Info, 28 mars 2011).

La « nouveauté » supposée du FN procède ainsi, dès l’origine, d’une construction sondagière. C’est par la production et la diffusion répétée de ces enquêtes d’un média à l’autre que s’est installée la croyance dans l’avènement d’un parti d’extrême droite « normalisé » et que s’est imposée l’interprétation – aujourd’hui dominante – selon laquelle cette normalisation s’expliquerait par l’entreprise de « dédiabolisation » de Marine Le Pen. Or, au moment où les résultats de ces enquêtes commencent à être diffusés et commentés, la présidente du FN s’inscrit encore, comme on l’a rappelé, dans la pleine orthodoxie du parti frontiste, et le parti n’a connu aucun changement. L’image du FN telle qu’elle est dépeinte dans les sondages est donc largement fictionnelle. Mais c’est aussi un artefact, la plupart de ces enquêtes accumulant de nombreux biais méthodologiques : enquêtes d’intentions de vote réalisées à plusieurs mois du scrutin ; problème de sous-représentation des électeurs lepénistes dans les échantillons en face-à-face ou par téléphone, et de sur-représentation dans les échantillons en ligne5 ; biais liés à l’ordre et à la formulation des questions, mais aussi à l’interprétation des résultats6. La lecture des résultats du baromètre d’image du FN de 2012 en offre une bonne illustration. La plupart des commentaires, on l’a dit, ont surtout relevé dans cette enquête que le taux d’adhésion aux « idées » frontistes avait augmenté de 9 points entre janvier 2011 et janvier 2012, passant de 22 % à 31 %, et qu’il s’agissait là d’un niveau « record ». Or, en procédant à une comparaison dans le temps, on remarque que ce taux s’élevait déjà à 32 % en 1991. Notons que contrairement à l’idée entretenue par les données sondagières et commentées dans les médias, le taux d’adhésion aux idées du FN/RN n’a pas progressé par la suite : ce taux s’élevait en effet à 26 % en février 2020 (comme en novembre 1984) et à 29 % en février 2021 (proche par exemple de son niveau de 2002)7. En somme, depuis une quarantaine d’années, en moyenne un tiers de la population interrogée déclare être d’accord avec les idées du FN/RN, et cette proportion n’a pas évolué. Il en va de même en ce qui concerne la perception du FN comme « danger pour la démocratie », thème qui relève d’une autre question, toujours posée dans le « baromètre d’image » dédié au parti (le seul du genre en France, aucun baromètre d’image n’existant pour les autres partis). Comme on l’a mentionné, France Info pouvait titrer en mai 2021 que « Les Français [sont] de moins en moins nombreux à voir le Rassemblement national comme un danger pour la démocratie, selon notre baromètre ». À cette date, 49 % des personnes interrogées « pensent que le RN représente un danger pour la démocratie », soit un recul de deux points par rapport à l’édition précédente du baromètre, en date du mois de mai 2020. Or, en janvier 2010, ils étaient 52 %, et en octobre 1985, 50 %. Les « Français » (ou plus justement, les personnes interrogées dans le sondage) ne sont donc pas « de moins en moins nombreux à voir le Rassemblement national comme un danger pour la démocratie », puisqu’il y a quarante ans, ils l’étaient dans des proportions semblables.

Les sondages réalisés à partir de mars 2011 ont donc largement contribué à installer la croyance qu’un « nouveau » FN était en train de voir le jour. Cette « nouveauté » a été construite sur la base de résultats d’enquêtes bénéficiant d’une vaste diffusion médiatique, plaçant la formation à des niveaux particulièrement élevés dans « l’opinion ». Ils ont été interprétés comme autant d’indices d’une banalisation supposée du FN. Avec leurs enquêtes, les instituts de sondages ont donc contribué à donner corps et forme au « roman de la dédiabolisation » mariniste. Alors même que les responsables frontistes réactivaient les ressorts ordinaires d’une stratégie de conquête du pouvoir pour édifier une façade plus respectable du parti, les instituts dessinaient les contours d’un Front national imaginaire. En à peine quelques mois, ce dernier aurait ainsi réussi le tour de force de « changer », opération qui s’avère en général tout aussi complexe que chronophage, et de devenir un parti « comme les autres », ce qui est illusoire tant le Rassemblement national de Marine Le Pen ressemble encore aujourd’hui au Front national de Jean-Marie Le Pen, qu’il s’agisse de ses orientations programmatiques, des modalités de sa stratégie, de son organisation ou encore de la sociologie de son électorat et de ses militants8. Pourtant, l’emballement sondagier autour du FN ne s’est pas éteint, loin de là. Depuis lors, la plupart des instituts n’ont eu de cesse de concevoir des enquêtes dont les résultats apparaissent toujours un peu plus spectaculaires.

Des intentions de vote toujours surestimées

Le FN/RN est généralement construit dans les sondages comme plus important politiquement qu’il ne l’est réellement. Cette vision déformante ne procède pas seulement de la difficulté des instituts à évaluer son potentiel électoral : entre 1984 et 2006, le FN ou son ancien leader, Jean-Marie Le Pen, n’ont été correctement estimés que dans moins d’un cas sur deux9. Elle trouve aussi une partie de son explication dans la forte rentabilité médiatique du parti. Plus le FN/RN est donné à des niveaux d’intentions de vote élevées, plus l’exploitation des données de sondages est susceptible de susciter des retombées importantes en termes de diffusion et de mise en valeur de la marque du commanditaire : « de toutes façons ce n'est pas très compliqué, dès qu'il y a Marine Le Pen dans le sondage, tout le monde en parle », confiait ainsi en juillet 2013 le directeur du pôle Opinion de l’institut TNS Sofres dans un entretien réalisé par Arthur Émile10. Depuis près de dix ans, les enquêtes entretiennent ainsi l’idée d’une arrivée imminente du FN/RN au pouvoir. En 2012 et en 2017, Marine Le Pen était donnée première au premier tour dans de nombreux sondages, et plus particulièrement dans ceux réalisés plusieurs mois avant le scrutin. Mais elle n’a pas franchi le premier tour en 2012 et elle est arrivée deuxième en 2017. De nouveau, la présidente du RN a pu être annoncée dans certains sondages en première position à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, et parfois proche de l’emporter au second tour, mais on aura compris qu’il est préférable de rester prudent face à de telles prophéties. Par exemple, dans un article du Point du 11 mars 2021, on pouvait lire que « plus d'un Français sur trois (36 %) affirme qu'il votera « probablement » pour Marine Le Pen » à l’élection présidentielle de 2022. Sauf que ce score, qui se base sur un sondage Elabe pour BFM-TV11, est le produit de l’addition de deux des quatre réponses proposées (ou plutôt imposées) aux personnes interrogées. Or, ces deux réponses ne sont en rien additionnables : les 17 % de personnes qui ont répondu qu’il était « tout à fait probable » qu’elles votent Marine Le Pen ne sont en effet pas les mêmes que les 19 % de personnes qui ont répondu qu’il était « plutôt probable » qu’elles votent Marine Le Pen. Dans tous les cas, leurs réponses ne sauraient être agrégées dans une réponse moyenne leur conférant une même « probabilité » de vote (17 % + 19 %=36 %). On aura cependant compris ici l’intérêt éditorial de produire le constat que plus d’un tiers des « Français » envisageraient de voter Marine Le Pen (tout comme c’était déjà le cas il y a une dizaine d’années avec un sondage Viavoice paru dans Libération12), ce « potentiel présidentiable » (pour reprendre les termes de l’article du Point) se confondant par ailleurs largement dans les commentaires avec de véritables intentions de vote.

"30 % n'exclueraient pas de voter Le Pen", Libération

Par ailleurs, ce ne sont pas seulement les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen qui sont surestimées dans les enquêtes, mais plus largement celles pour le parti et ses autres candidats. En 2015, les instituts promettaient ainsi au moins trois régions au FN. Il n’en a remporté aucune. Pour les départementales de la même année, le parti était annoncé avec des intentions de vote moyenne se situant aux alentours de 30 % (et même 33 % pour l’institut Odoxa13), laissant entendre qu’il y aurait des « 21 avril partout : en se qualifiant massivement pour le second tour, les candidats de Marine Le Pen pourraient durablement bouleverser la donne politique » (Libération, 2 mars 2015). En définitive, le parti a recueilli 25,2 % des suffrages, n’a décroché que 61 conseillers (sur 4108) et aucun département. Il en va de même pour les élections régionales de 2021, qui ont encore prouvé à quel point les niveaux de croyance dans la capacité des sondages à prédire l’avenir politique sont élevés. Ce sont tout d’abord les intentions de vote pour les listes du Rassemblement national qui, sans exception, ont été surestimées dans une fourchette allant de 4,5 à 10,4 points. L’institut Ipsos plaçait par ailleurs le RN en tête dans six régions sur treize. Ce ne sera finalement le cas que dans une seule, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. En Occitanie, Jean-Paul Garraud, présenté comme « l’ambassadeur de la dédiabolisation de l’extrême droite en Occitanie » (Le Monde, 15 juin 2021), était encore donné en tête dans un sondage Ifop-Fiducial pour le groupe La Dépêche et Sud Radio publié le 13 juin, avec 31 % d’intentions de vote. Il obtiendra finalement 22,6 % des voix, loin derrière Carole Delga, qui recueille 39,6 % des suffrages, soit 10 points de plus que le niveau des intentions de vote qui lui était prêté. Cette fois-ci, ce sont près de quatre régions que les instituts accordaient au RN sur la base de leurs enquêtes, mais finalement aucune ne lui est revenue. Pourtant, les annonces de victoire des listes lepénistes n’ont cessé de ponctuer le traitement médiatique de la campagne, comme l’illustre le cas de la région PACA : « Régionales 2021 en Paca : un nouveau sondage confirme la victoire du candidat RN Thierry Mariani dans tous les scénarios », pouvait ainsi annoncer France 3 Régions PACA le 15 juin 2021. Une victoire pourtant démentie quelques jours plus tard par la victoire confortable de Renaud Muselier (57,3 % des voix) face à son adversaire (42,7 %). Les journalistes de France 3 Régions pouvaient dès lors titrer : « Régionales 2021 : Thierry Mariani ou le naufrage du RN aux portes de la région PACA » (27 juin 2021). Entre la « victoire confirmée » et le « naufrage »… ou comment passer de la réalité sondagière à la réalité politique.

Une lecture dissonante des résultats

Les croyances sondagières à propos d’un FN/RN toujours plus important qu’il ne l’est sont si solidement installées aujourd’hui qu’elles tendent parfois à provoquer des lectures dissonantes des résultats des sondages. Prenons l’exemple de l’enquête OpinionWay pour CLAI-Metronews portant sur le « bilan de l’année politique 2014 »14. L’un des résultats de ce sondage va tout particulièrement retenir l’attention des médias, et faire les titres de l’actualité au moins pendant deux jours, les 14 et 15 décembre : Marine Le Pen serait pour les Français la « personnalité politique de 2014 ». D’abord diffusée sur le site internet de Metronews, l’information est rapidement reprise telle quelle par un grand nombre de médias : « Marine Le Pen désignée personnalité politique de l’année par les Français » (RTL, 15 décembre 2014) ; « Marine Le Pen élue personnalité politique 2014 par les Français » (La Dépêche, 15 décembre 2014). Pourtant, en parcourant le rapport d’enquête, qui est disponible en ligne, on apprend que les personnes interrogées n’ont pas désigné ou élu Marine Le Pen personnalité politique de l’année ; elles ont simplement répondu à la question « Quelles sont, selon vous, les trois personnalités [sur les seize proposées] qui ont le plus marqué l’actualité politique en 2014 ? » ; 42 % des personnes interrogées ont répondu Marine Le Pen, 39 % Manuel Valls et 36 % Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen arrive donc bien en tête des personnalités qui « ont marqué l’actualité politique en 2014 », mais cela n’en fait pas pour autant « la personnalité politique de 2014 ».

Un même décalage entre la question, les résultats et la manière dont ils sont présentés est également repérable dans l’enquête BVA datant de mars 2011 (cf. supra) sur la normalisation du FN, où l’on apprend, notamment, qu’une majorité de Français considèreraient désormais le Front national comme « un parti comme les autres ». C’est du moins sous ce titre que les résultats de l’enquête vont être principalement repris et diffusés dans les médias. Or, dans l’enquête BVA, la question n’est pas : « Vous, personnellement, considérez-vous le FN comme un parti comme les autres ? » mais « Vous, personnellement, estimez-vous que le Front national devrait être à présent considéré comme un parti comme les autres ? ». Ce n’est donc pas une majorité de Français qui estime que le FN est un parti comme les autres, mais une majorité de Français qui estime que ce parti devrait être considéré comme un parti comme les autres. La nuance est de taille. De fait, la manière dont sont présentés les résultats ne correspond pas à la question posée (formulée de manière indirecte et au conditionnel) et a pour effet d’accréditer, là encore, l’idée d’une normalisation politique du FN. Ce sondage continue d’ailleurs d’être régulièrement réalisé, et la même lecture biaisée en est généralement faite15.

La façon dont la production sondagière est parfois interprétée ne cesse de surprendre, laissant entrevoir à quel point le FN/RN est perçu de manière oblique. Évoquant les résultats d’une enquête réalisée par l’institut Viavoice16 pour Libération en mars 2015, L’Express titrait ainsi : « Une majorité de Français se sentent compris par le FN » (1er mars 2015). L’article précise que cette majorité est composée de 51% des personnes interrogées. Sauf que ce pourcentage n’existe pas : il est introuvable dans le rapport d’enquête. Le journaliste a commis une erreur de retranscription, que l’on pourrait presque assimiler à une forme de lapsus calami : une erreur d’écriture trahissant une représentation déformée du FN/RN, encore perçu comme plus important qu’il ne l’est. Ainsi, ce n’est pas une majorité de personnes interrogées qui se sentent compris par le FN, mais 24 % des personnes interrogées qui citent le FN en tête des partis « qui comprennent le mieux les gens ». Le seul chiffre correspondant au pourcentage de 51 % dans l’enquête Viavoice est le suivant : 51 % des personnes interrogées estiment que le FN « incarne mal les valeurs républicaines ». 

Le premier parti des jeunes ?

On pourrait encore multiplier les exemples, que l’on a déjà eu l’occasion d’explorer de manière plus exhaustive dans d’autres publications17, et qui tendent à démontrer que l’image que projettent les sondages de la réalité politique du FN/RN est une image souvent grossie. On terminera donc par un dernier exemple.

Régulièrement, le FN/RN est décrit (que ce soit dans les médias ou par les responsables de la formation) comme le « premier parti de France ». Ce statut est peu discutable d’un point de vue électoral : aux scrutins européens de 2014 et de 2019, comme au premier tour des élections départementales et régionales de 2015, le FN/RN est bien arrivé en tête des suffrages. Mais la place d’un parti ne dépend pas seulement du nombre de suffrages qu’il recueille. En termes de représentation politique, la formation de Marine Le Pen est en effet loin de pouvoir prétendre au titre de premier parti de France, puisqu’elle compte un sénateur (sur 348), six députés (sur 577), douze maires (sur 36 000), 23 députés européens (sur les 79 que compte la représentation française au Parlement européen), 26 conseillers départementaux (sur 4 058), 252 conseillers régionaux (sur 1 758). La force d’une organisation partisane se mesure également à l’aune du nombre de ses militants. Or, le FN/RN, comme la plupart des partis, ne compte qu’un nombre limité d’adhérents, nombre qui aurait par ailleurs décru au cours de ces dernières années : 83 000 en 2014 (données FN), 38 000 en 2018 (Libération, 29 mars 2018) et vraisemblablement 20 000 à ce jour (Le Monde, 10 septembre 2021).

« Premier parti de France », le FN/RN est également considéré comme « le premier parti des jeunes ». Il reste que ce constat est généralement formulé sur la base de données sondagières, et que ces données s’avèrent discutables. Par exemple, pour l’institut CSA, 10 % des 18-24 ans auraient voté pour les listes FN aux élections européennes de 201418. En revanche, pour OpinionWay19, cette proportion s’élèverait à 28 % pour la même tranche d’âge, soit un écart de 18 points entre les deux instituts. On retrouve ici, toujours et encore, les problèmes que rencontrent habituellement les instituts lorsqu’ils tentent d’approcher l’électorat lepéniste. Il faut en outre rappeler que les résultats d’enquêtes ne portent que sur les jeunes qui ont pris part au scrutin, soit en définitive – si l’on prend la fourchette haute d’OpinionWay (28 %) – environ 7 % des 18-24 ans inscrits sur les listes électorales. On est donc loin du tiers de la jeunesse française trop souvent évoqué dans les commentaires post-électoraux. Ainsi, à l’issue du scrutin régional de 2015, on pouvait encore lire dans les médias : « 34 % des jeunes ont voté Front national » (20 Minutes, 7 décembre 2015) ; « Les jeunes ont voté massivement pour le FN » (Le Nouvel Observateur, 7 décembre 2015) ; « 1 jeune sur 3 vote Front national » (Le Télégramme, 7 décembre 2015). Or, il est important de noter que ce n’est pas un tiers, un jeune sur trois ou 34 % des jeunes qui votent Front national, mais un tiers, un jeune sur trois ou 34 % des jeunes votants (le plus souvent, dans les enquêtes, entre 18-24 ans), soit environ 12 % des inscrits de cette classe d’âge (si on tient compte du taux de participation), en somme, un peu plus d’un jeune sur dix (même si ce niveau reste légèrement supérieur à celui des autres formations).

Le problème, c’est que ce mode de lecture est récurrent. Ainsi, le RN a pu être présenté dans un article du Monde daté du 4 mai 2021 comme le « premier parti de la génération des 25-34 ans » car Marine Le Pen recueillerait 29% de leurs intentions de vote20. Mais s’en tenir à de seules estimations d’intentions de vote pour ériger le RN au rang de « premier parti » de cette classe d’âge est bien sûr une nouvelle fois insuffisant. Bien plus, et là encore, ce ne sont pas 29 % des « 25-34 ans » qui ont l’intention de voter Marine Le Pen, mais 29 % des votants de cette tranche d’âge, soit 20 % des inscrits (si l’on tient compte d’un taux de participation en 2022 équivalent à celui de la présidentielle de 2017, où environ 30 % des 25-34 ans s’étaient abstenus). La confusion qui est entretenue ici laisse ainsi entendre qu’un tiers des personnes appartenant à cette tranche d’âge, présentée en outre de manière homogénéisée comme une « génération », s’apprêterait à soutenir la candidate du RN en 2022. 

"27 % dynamique pour Marine Le Pen"

En définitive, on aura compris que les médias entretiennent une vision en partie irréelle de la réalité politique du FN/RN, alimentée par des données d’enquêtes qui s’avèrent discutables tant du point de vue de leurs modalités de production que de la façon dont elles sont interprétées. La plupart des instituts ont ainsi contribué à présenter le parti sous un jour nouveau alors qu’il n’avait pas changé, en surévaluant de manière quasi-systématique son potentiel électoral, en accentuant sa normalité au prix d’une interprétation biaisée des résultats de sondages, et en lui attribuant une place politique qu’il n’avait pas forcément. Or il se trouve que ces données n’alimentent plus seulement le commentaire médiatique, mais aussi la stratégie que le parti a déployée dans la perspective de l’élection présidentielle de 2022. Sur les réseaux sociaux, le RN se fait fort, en effet, de communiquer autour des intentions de vote qui sont prêtées à Marine Le Pen. Dans un tweet posté le 5 septembre 2021, on pouvait lire : « N’écoutez pas les diviseurs et les faux prophètes électoraux : rejoignez dès maintenant la seule véritable alternative à la politique menée par Macron. Seule Marine Le Pen peut rassembler suffisamment de Français pour l’emporter en 2022. 27 % : dynamique pour Marine Le Pen. Sondage présidentielle Ifop du 5 septembre 2021 pour le 1er tour ». Depuis lors, Éric Zemmour a certes fait irruption dans la campagne présidentielle, et le jeu de spéculations sondagières s’est déplacé du côté du polémiste d’extrême droite. Mais les intentions de vote qui lui sont prêtées peuvent être considérées comme relevant d’un même phénomène de « bulle sondagière »21 (voir encadré). Il y a donc toutes les raisons de rester circonspect face à « l’ascension fulgurante de la potentielle candidature d’Éric Zemmour » (Challenges, 4 octobre 2021)22.

L’emballement sondagier autour de la (non) candidature

d’Éric Zemmour

 

Le traitement sondagier d’Éric Zemmour – alors que ce dernier n’était pas encore candidat – n’est pas sans évoquer celui qui semblait jusqu’à alors réservé à Marine Le Pen et au Rassemblement national. Autre produit politique à forte rentabilité médiatique, le polémiste d’extrême droite n’a pas tardé à faire l’objet de vives spéculations de la part des instituts de sondages. Entre juin et octobre 2021, Éric Zemmour est ainsi passé, dans les enquêtes, de 5,5 % (Ifop)23 à 19 % (Harris Interactive)24 d’intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2022, ce qui le placerait en position d’accéder au second tour du scrutin. Largement relayés dans les médias, littéralement obsédés par le cas Zemmour25, les résultats de ces sondages ont amplement contribué à crédibiliser la candidature de l’ancien journaliste du Figaro. En l’espace de quelques semaines seulement, il serait ainsi parvenu à se hisser dans le peloton de tête des candidats à la présidentielle en captant une part importante des soutiens de Marine Le Pen26. Mais ce phénomène de vases communicants, alimenté par une conception très simpliste de la façon dont se font et se défont les agrégats électoraux, paraît tout aussi improbable que les hauts niveau d’intentions de vote qui ont pu lui être prêtés. Comme on a pu le rappeler avec Michel Lejeune avant que la bulle sondagière autour de Zemmour ne se dégonfle27, il y avait plusieurs raisons de douter de la valeur des résultats des enquêtes. La première raison, c’est qu’un sondage réalisé à plus de six mois d’une échéance électorale n’a que peu de valeur : à cette date, en moyenne, les estimations ne sont correctes, en ce qui concerne l’élection présidentielle, que dans un cas sur huit28. La deuxième, c’est qu’à plusieurs semaines d’un scrutin, les personnes interrogées sont évidemment encore très incertaines de leur éventuelle participation mais également sur le choix de leur candidat(e). Il faut rappeler que les enquêtes menées trop en amont des échéances placent les sondés dans une situation doublement chimérique. Non seulement parce qu’on leur demande pour qui ils voteraient « si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain », mais en outre parce que la liste des prétendants n’est pas encore arrêtée, ce qui contraint les personnes interrogées à se prononcer sur de multiples hypothèses de premier tour (jusqu’à sept dans certains sondages) et à se figurer à chaque fois des rapports de force différents. De fait, il faut un haut niveau d’intérêt et de connaissances politiques pour ne pas donner de réponses hasardeuses – haut niveau qui est loin d’être partagé par l’ensemble des répondants. La troisième raison porte sur la fiabilité des résultats, à supposer qu’ils aient un sens. On sait en effet que les sondages sont réalisés principalement à partir de panels Internet possédant des biais importants29. Ils n’incluent naturellement pas les personnes sans connexion ou peu aguerries à son usage. Or, d’après les données de l’INSEE et de France Stratégie, en France, 12 % des individus de 15 ans et plus ne disposent d’aucun accès au Web, 16 % de la population française âgée de 18 ans et plus ne se connectent jamais, et 12 % en ont un usage distant. À l’inverse, les répondants ont une fréquentation plutôt élevée d’Internet, sont plus exposés aux réseaux sociaux et tendent à être porteurs d’opinions plus radicales. Par ailleurs, les sondages en ligne sous-représentent les personnes faiblement insérées socialement et peu intéressées politiquement. Les résultats de la plupart des enquêtes menées portent en outre sur des effectifs bien trop réduits pour mettre en évidence des différences significatives entre les candidats. Prenons l’exemple du sondage Ipsos-Steria réalisé en ligne du 29 au 30 septembre 2021 pour Le Parisien-Aujourd’hui en France30. L’échantillon global comporte 1500 personnes inscrites sur les listes électorales mais seules sont retenues les personnes déclarant être certaines d’aller voter et exprimant une opinion, soit entre 654 et 684 personnes, selon les différentes hypothèses de candidature testées. L’échantillon apparaît donc trop faible pour être générateur de résultats pertinents. Même si ce sondage avait été conçu de manière idéale (en respectant strictement les principes d’un tirage aléatoire), les différences entre les scores obtenus par Xavier Bertrand (14 %), Marine Le Pen (16 %) et Éric Zemmour (15 %) auraient été, d’un point de vue statistique, non significatives.

 

En réponse aux critiques qui leur étaient adressées sur la qualité des résultats de leurs enquêtes, certains sondeurs ont entrepris de recourir à des échantillons plus importants afin de démentir, notamment, l’hypothèse d’une bulle sondagière autour d’Éric Zemmour31. Mais force est d’admettre que, comme tout emballement, celui des instituts autour du polémiste a fini par retomber. Fin décembre 2021, il n’était plus crédité qu’entre 12 % (Ifop)32 et 15 % (Harris Interactive)33 d’intentions de vote. Si les interrogations sur la valeur de ces résultats restent de rigueur, il est évident que les hauts niveaux d’intentions de vote préalablement prêtés à Éric Zemmour procèdent notamment d’opérations de gonflement dans le but de réaliser des coups médiatiques34.

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1

Sondage réalisé en ligne du 28 février au 3 mars 2011, puis les 5 et 6 mars 2011, auprès de 1 618 individus puis de 1 347 inscrits sur les listes électorales issus d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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2

Sondage réalisé en ligne les 23 et 24 mars 2011 auprès d’un échantillon de 1192 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans et plus, d’après la méthode des quotas. 

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3

Sondage TNS Sofres réalisé en face-à-face du 6 au 9 janvier 2012 pour Le Monde, France Info et Canal+ auprès d'un échantillon national de 1 000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas. 

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4

Voir par exemple : « Le taux d’adhésion aux idées du FN est supérieur à celui de 2002 », Le Monde, 12 janvier 2012. 

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5

Ce dernier problème n’empêche pas les électeurs interrogés de continuer à sous-déclarer le vote lepéniste lorsqu’on les questionne sur leurs votes antérieurs. Voir notamment sur ce point Michel Lejeune, « Des ombres planent sur les sondages en vue de la présidentielle », AOC, 12 octobre 2021.

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6

Sur ces différents points, voir Alexandre Dézé, 10 Leçons sur les sondages politiques, Bruxelles, De Boeck, 2022.

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7

Sondage Kantar Public pour France Info et Le Monde réalisé en face-à-face, au domicile des personnes interrogées, du 29 avril au 4 mai 2021, auprès d’un échantillon de 1015 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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8

Voir Alexandre Dézé, « Que sait-on du Front national ? », in Olivier Fillieule, Florence Hagel, Camille Hamidi, Vincent Tiberj (dir.), Sociologie plurielle des comportements politiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2017, p. 239-270.

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9

Mésestimations que Patrick Lehingue explique à l’époque par la combinaison d’au moins trois facteurs : la sous-déclaration du vote frontiste, « socialement indicible parce que perçu comme moralement blâmable ou répréhensible » ; la sous-représentation des personnes peu ou non diplômées dans les échantillons des enquêtes, parmi lesquelles la probabilité de voter pour le FN est élevée ; l’instabilité de l’électorat du FN, qui se renouvelle pour près de moitié d’une élection sur l’autre. Voir Patrick Lehingue, Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages ?, Bellecombes-en-Bauges, Éditions du Croquant, 2007, p. 119 et suiv.

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10

Arthur Émile, « Les journalistes politiques de la presse écrite et leur utilisation des sondages pendant la campagne présidentielle de 2012 », mémoire de recherche, Master 2 Communication politique et sociale, Université Paris 1-Panthéon Sorbonne, 2013, p. 42 (direction : Nicolas Hubé), p. 131.

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11

Sondage réalisé en ligne les 9 et 10 mars 2021 auprès d’un échantillon de 1008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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12

« 30 % n’excluraient pas de voter Marine Le Pen », Libération, 9 janvier 2012. À noter que le résultat de ce sondage était déjà le produit de l’addition de réponses non additionnables entre les personnes ayant répondu qu’elles voteraient « certainement » (8 %) pour Marine Le Pen, celles ayant répondu « oui, probablement » (10 %) et celles ayant répondu « non, probablement pas » (12 %) : 8 %+10 %+12 % = 30 %.

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13

Sondage réalisé en ligne les 26 et 27 février 2015 pour Le Parisien auprès d’un échantillon de 807 personnes inscrites sur les listes électorales issu d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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14

Sondage réalisé par téléphone du 8 au 10 décembre 2014 auprès d’un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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15

« Pour la moitié des Français, le FN est un parti comme les autres », Le Parisien, 30 janvier 2015 ; « FN : un parti comme les autres, selon un sondage », Le Figaro, 30 janvier 2015.

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16

Sondage réalisé en ligne du 18 au 23 février 2015, auprès de 1 000 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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17

Alexandre Dézé, « La construction médiatique de la "nouveauté" FN », in Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2015, p. 453-504.

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18

« CSA décrypte la mécanique du Front », note d’analyse du pôle Opinion Corporate, mai 2014.

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19

Sondage réalisé en ligne auprès d’un échantillon de 11 156 personnes représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus, inscrit sur les listes électorales, au sein duquel ont été interrogés 5 635 votants, d’après la méthode des quotas.

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20

Les données sondagières proviennent des instituts Ipsos et Ifop, sans autre précision communiquée dans l’article.

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21

Alexandre Dézé, Michel Lejeune, « Zemmour, une bulle sondagière ? », Libération, 6 octobre 2021.

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22

Voir « Présidentielle : la chute vertigineuse de Marine Le Pen face à Éric Zemmour », Challenges, 4 octobre 2021.

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23

Sondage réalisé en ligne du 8 au 9 juin 2021 pour Le Point auprès d’un échantillon de 901 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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24

Sondage réalisé en ligne du 5 au 8 novembre 2021 pour Challenges auprès d’un échantillon de 2 569 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 001 personnes inscrites sur les listes électorales, d’après la méthode des quotas.

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25

Entre septembre et novembre 2021, le seul nom d’Éric Zemmour a été cité dans près de 14 000 articles de la presse française, selon le décompte de la plateforme de veille média, Tagaday (Le Journal du Dimanche, 30 octobre 2021). Au cours du mois de septembre 2021, sur le seul fil twitter de BFM TV, le polémiste a été évoqué dans trois fois plus de tweets que les deuxième et troisième candidats les plus cités, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon (Libération, 9 octobre 2021).

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26

Voir par exemple : « Présidentielle : la chute vertigineuse de Marine Le Pen face à Éric Zemmour », Challenges, 4 octobre 2021 ; « Marine Le Pen semble s’effondrer aussi rapidement dans les sondages qu’Éric Zemmour progresse. Le polémiste ne fait pas que prendre des voix à la candidate RN, il révèle aussi toutes ses faiblesses », 20 minutes.fr, 7 octobre 2021.

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27

Alexandre Dézé, Michel Lejeune, « Zemmour, une bulle sondagière ? », Libération, 6 octobre 2021.

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28

Patrick Lehingue, Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages ?, Bellecombes-en-Bauges, Éditions du Croquant, 2007, p. 60.

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29

Voir sur ce point l’excellent livre de Michel Lejeune, La singulière fabrique des sondages d’opinion, Paris, l’Harmattan, 2021, ainsi que l’enquête de Luc Bronner, « Dans la fabrique opaque des sondages », Le Monde, 4 novembre 2021.

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30

Sondage mené sur 1500 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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31

Voir l’entretien accordé par François Kraus, directeur du Pôle Politique et Actualités de l'Ifop : « Éric Zemmour n’est pas une bulle médiatique », Le Figaro, 21 octobre 2021.

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32

Sondage réalisé en ligne du 14 au 15 décembre 2021 pour Sud Radio auprès d’un échantillon de 1 017 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1 122 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, d’après la méthode des quotas.

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33

Sondage réalisé en ligne du 10 au 13 décembre auprès d’un échantillon de 2 613 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 2 159 personnes inscrites sur les listes électorales, d’après la méthode des quotas.

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34

Sur ce point, voir l’analyse de Michel Lejeune, « Il faut raison garder face aux fluctuations d’intentions de vote des candidats », Mediapart.fr, 19 décembre 2021.