Les cartels et l’État au Mexique : de l’intermédiation politique à l’intermédiation criminelle

Cette recherche, qui s’appuie sur des enquêtes de terrain entreprises en 2013 dans l’état du Michoacan, au centre-ouest du Mexique, vise deux objectifs : d'une part, retracer les processus d’émergence des organisations criminelles dans le Michoacán et leur sociologie, d'autre part, saisir, dans ces processus, les dynamiques de reconfiguration de l’État lui-même.

La région de la Tierre Caliente, dans l’état du Michoacan, où se déroule la plus grande part de mes recherches (2014).
Un membre des milices d’autodéfense discute avec un commandant de la Police Fédérale (2015).

La région de la Tierre Caliente, dans l’état du Michoacan, 2014.

Un membre des milices d’autodéfense discute avec un commandant de la Police Fédérale, 2015.

J’étudie d’abord comment la drogue, qui est une ressource locale, a permis l’émergence dans les années 1980 d’organisations constituées autour d’une élite ranchera1 pourvue des compétences et des réseaux pour la produire et la commercialiser. J’analyse ensuite les implications de l’apparition de ces organisations criminelles sur les relations clientélaires et l’action politique : le remplacement d’une élite de caciques, servant d’intermédiaires aux différents niveaux d’administration publique, par des rancheros jusque-là en marge, a entraîné une moindre capacité de l’État à mobiliser des intermédiaires à l’échelon local, ouvrant un espace aux cartels prêts à assurer certains services publics. Il s’agit enfin de cerner en quoi les organisations criminelles, loin de donner lieu uniquement à un retrait de l’État, participent de sa production au niveau local. 

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Ranchero : petit ou moyen propriétaire terrien indépendant, agriculteur-éleveur, d’ascendance espagnole pour peu métissée. 

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