L’État face au réseau : politiques numériques et bureaucratisation du gouvernement de l’internet

« Déconnexion des élites », « gouvernance du net » ou « hacktivisme transnational », les catégories mobilisées pour analyser ou commenter la régulation de l’internet ont tôt fait d’affirmer une disparition des États, jugés impuissants, illégitimes et inefficaces face au développement du réseau. L’architecture décentralisée, le déploiement international de l’internet, et l’émergence de nouvelles participations en ligne participeraient ainsi à la crise des modes étatiques d’organisation de la société. Pourtant, de la lutte contre le téléchargement illégal à la surveillance des communications électroniques, les États contribuent bien à la mise en ordre de l’internet. 

Cette thèse enquête donc sur les mécanismes qui président à l’élaboration d’une intervention publique sur les réseaux numériques. Elle s’intéresse aux entreprises bureaucratiques, aux alliances inter-champs et à la production de savoirs spécifiques qui conditionnent la mise en place de nouvelles politiques publiques, dans un domaine jusqu’alors peu investi par les acteurs politiques et administratifs. D’abord pensé contre l’État, le gouvernement de l’internet s’inscrit progressivement dans les structures mêmes de la bureaucratie. 

Terrain aux États-Unis : entre hackers et professeurs de droit

 

L’enquête réalisée dans le cadre de la mobilité Tepsis vise à objectiver les circulations d’idées entre militants et juristes américains à l’origine d’une théorie politique des réseaux. Dans les universités américaines, des centres pluridisciplinaires d’études du numérique développent une réflexion sur le gouvernement de l’internet qui articule savoirs juridiques et informatiques, production académique et engagement militant. À partir d’entretiens compréhensifs, de l’observation de séminaires et de réunions militantes, je mets en évidence les échanges qui s’opèrent pour promouvoir une gouvernance technique de l’internet.

Une collection de contenus sélectionnée sur Politika

Femmes, genre et sciences sociales

Les entretiens et l'article présentés ici proposent une pluralité de méthodes pour l'étude du genre en sciences sociales, via des disciplines et des contextes différents (le travail, la politique, la guerre). Ils ont pour point commun leur effort exemplaire de réflexivité. Ils mettent en évidence le fait que l'étude du genre est une condition prioritaire de compréhension de l'ensemble des processus sociaux et historiques étudiés par les sciences sociales du politique.

Une collection de contenus sélectionnée sur Politika

Faire des sciences sociales

Guidés par quelques intuitions et armés de leur réflexivité, les chercheurs en sciences sociales construisent leurs objets, élaborent des dispositifs d'enquête, interprètent les données de terrain. La démarche scientifique est ainsi une contribution à l'interprétation du monde.

Une collection de contenus sélectionnée sur Politika

Sciences sociales et migrations

Au cœur de l’actualité, enjeux publics et politiques majeurs mais aussi objets de débats et d’instrumentalisations sans cesse renouvelées, les migrations se sont depuis longtemps imposées à l’attention des chercheurs en sciences sociales. En témoignent ici l’histoire comparée des mouvements migratoires défendue par Nancy Green, l’approche ethnographique des zones frontalières par Chowra Makaremi, et l’analyse des migrations contraintes dans les espaces soviétique par Catherine Goussef.