L’ordre serré dans les armées française et britannique (1853-1920)

En France et en Grande-Bretagne, des millions d’hommes et de femmes ont pratiqué et observé l’ordre serré, le plus souvent sous la forme d’une parade militaire. Mais c’est en faible nombre qu’ils ont choisi d’écrire sur cette activité, souvent sans une analyse approfondie ou même une description détaillée de leur expérience de cette pratique-clé de l’espace militaire. Un constat est à l’origine de ce projet de recherche. Dans les institutions militaires actuelles, l’apprentissage de l’ordre serré reste jusqu’à aujourd’hui la première étape de tout programme d’instruction de base, même si leurs membres ne se battent plus de cette manière. 

Poster produit en 1915 par le Parliamentary Recruiting Committee britannique. Source : Imperial War Museum (Londres)

L'affiche de recrutement dans l'armée britannique produit en 1915 par le Parliamentary Recruiting Committee britannique

Cette activité a des racines profondes. Dès la fin du XVIᵉ siècle sont mises au point des formations linéaires serrées afin de maximiser la capacité de tir d’armes à feu rudimentaires. Ces formations furent pratiquées par Gustavus Adolphus lors de la Guerre de Trente Ans (1618-1648) pour ensuite s’imposer progressivement dans toutes les armées, sans exception. C’est précisément cet héritage de plus de deux cent ans que les armées française et britannique vont remettre en question, avec pour point de départ le désastre résultant de l’utilisation de colonnes serrées lors de la Guerre de Crimée (1853-1856). La portée, la précision et la cadence de tir des armes à feu et de l’artillerie augmentent considérablement entre la seconde moitié du XIXᵉ et le début du XXᵉ siècle. Face à la puissance de ce feu « moderne », les formations denses se dissolvent et deviennent inutiles à portée du tir ennemi. Confrontés à ce feu « moderne », les penseurs militaires de ces deux armées peinent à se pencher sur la présence, persistante, de l’ordre serré. Quels rôles jouait-il ou allait-il jouer non seulement dans l’entraînement, mais également durant la cérémonie et au combat ? Etait-il dépassé, actuel, utile, superflu ? Transformait-il la recrue en « machine » obéissante, formait-il des individus capables d’agir en groupe ?

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