Contrôle, régulation et répression de stupéfiants entre les années 1930 et 1970 au Brésil

Qu’autorise-t-on lorsqu’on interdit ? Interroger la prohibition des drogues à partir de ce problème suppose de revenir sur l’a priori qui voudrait que la prohibition des drogues implique une interdiction totale et absolue. En réalité, les politiques nationales et internationales ont moins eu pour objectif l’interdiction des drogues en soi, que l’organisation et la définition de monopoles et d’acteurs légitimes dans la production, la distribution et l’usage de stupéfiants. Loin d’être interdites, nombre de substances peuvent circuler de façon contrôlée et régulée dans divers espaces, dès qu’elles sont employées par des individus et à des fins légitimes, c’est-à-dire notamment scientifiques et médicales. Cette régulation s’appuie non seulement sur des dispositifs de répression mais aussi sur des activités de contrôle des flux, de relevés statistiques, de classification des substances, d’autorisations de certaines activités, d’expéditions sur certains territoires, etc.

Cette thèse vise à analyser la variété des pratiques positives liées à la « prohibition », à travers le prisme d’une institution brésilienne fonctionnant de 1936 à 1976 : la Commission Nationale de Contrôle de Stupéfiants (Comissão Nacional de Fiscalização de Entorpecentes, CNFE). Les membres de la CNFE sont chargés à la fois des problèmes internes de contrôle du trafic, d’attribution d’autorisations, de délivrance de diplômes, d’examen des législations, de réhabilitation des dépendants, ainsi que de la répression de la production et du trafic illégitimes. La CNFE est un riche observatoire pour complexifier la manière dont il faut penser les politiques prohibitionnistes en matière de drogues. D’autant qu’elle se situe au croisement du national et du global, ayant pour vocation de produire une expertise brésilienne en la matière, capable d’être intégrée aux dispositifs internationaux de contrôle de stupéfiants (la SDN puis l’ONU) avec qui elle est en dialogue. Cette institution offre ainsi un champ d’études particulièrement intéressant pour un travail socio-historique visant à saisir les enjeux contemporains liés à la prohibition des drogues et sa remise en cause. 

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